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Trente ans après, en 1996, le fief des Bantous de la capitale” reprendra, avec sacrifice et aplomb, le flambeau de la construction, par la culture de l’Union africaine, avec l’organisation du Fespam. Brazzaville, des premiers jeux africains aux premières so­norités », tel a été le sujet du Symposium à l’histoire de la musique africaine et de sa continuité outre-mer à qui s’est tenu le samedi 10 février dernier, au siège du secrétariat gé­néral de la culture à Brazzaville, dans le cadre des préparatifs de 64ème édition du Fespam. Depuis, Brazzaville, capitale de la France fibre (Congo de la rive droite du fleuve Congo), s’est fait remarquer par son invariable engagement panafricain.

Au commencement des sources écrites, la région fut connue, avant les infranchissables cataractes du puissant fleuve Congo, comme Mpumbu, centre mercantiliste tourné vers les côtés de l’ancien Royaume Kongo, grosses pourvoyeuses de main-d’œuvre vers le golfe de Guinée, les Amériques et les Caraïbes. Le Pool deviendra, naturellement, par cette intense activité commerciale, un important centre politique. Fractionné, il s’ouvrira à l’Europe, sur la rive droite par Mbé.

Ultime territoire français avant les autres dominiums d’Afrique centrale et australe, Paris s’em­pressa de choisir Mfwa, en lieu et place de Mbé, fief sur les Pla­teaux batekes, de l’Onkoo. Il en fera la capitale de sa colonie d’Afrique Equatoriale française, et lui adjoindra, au passage, le nom de l’explorateur italien Pierre Savorgnan De Brazza.

Le destin panafricain et phagocytaire de Brazzaville s’établira à partir de cet agencement administratif et politique régional. Par ailleurs, par un extra­ordinaire cumul, le choix, très géographique et lointain, fait par la France épargnée, d’en faire, aussi sa « capitale », renforcera son aimantation.

Et, de nombreux africains y afflueront. Le soleil des indépendances se lèvera, évidemment, dans cette capitale communautaire. Ville de justes, elle engagera la rupture d’août et s’érigera, courageusement, comme l’un des avants postes de l’Afrique indépendante et volon­tariste, avant le glacis lusitanien.

Et, le panafricanisme militant va marquer toute son évolution po­litique. Ayant bien pris le vent uni­ficateur d’Addis-Abeba, la vaillante cité africaine, extraor­dinairement mobilisée, relèvera avec brio, contre toute attente, le défi des Premiers Jeux Africains en 1966.

Ce fut le 1e véritable acte fondateur de l’Afrique des peuples. Brazzaville sortit, par cette héroïque opération, le verbe unificateur des couloirs du haut plateau d’Africa Hall.

Polyphonies vocales

Trente ans après, en 1996, le fief des « Bantous de la capi­tale » reprendra, avec sacrifice et aplomb, le flambeau de la construction, par la culture de l’Union africaine, avec l’organi­sation du festival Panafricain de musique. En plus de dix ans, Braz­zaville, la « rumbera », a presque tout présenté de la musique afri­caine.

D’abord, les vieilles tradi­tions musicales du continent et de ses îles, dont les expressions les plus caractéristiques sont les fa­meuses polyphonies vocales ou instrumentales, l’exécution homophonique accompagnée ou non de percussions et la mesure additionnelle de divers accessoires sonores.

Ensuite, l’essentiel des cristallisations modernes ou con­temporaines telles l’énergique rail algérien, les enchaînements las­cives du mbalax sénégalais, l’at­tachant makossa camerounais, la grâce du djembe gabonais, l’ir­résistible semba angolais, le mbaqanga sud-africain et les bal­lades mandingues.

La ratte patte a aussi en­registré le son de puissantes mu­siques noires de l’Outre Atlanti­que avec les inusables et entraî­nantes séquences rythmiques afro-cubaines, la douceur du soul music, les tonalités élégantes du rythm’n’blues, les nouvelles ca­dences du reggae et la berceuse zouk venue des Petites Antilles.

Toutes ces facettes de la musique des « Damnès de la Terre » ont rejoint dans la ville, jouxtant le lac aux jacinthes, le puissant déferlement de la nou­velle musique du bassin du Congo. Elle est envahissante, dominatrice et toujours plus virile.

Jeannot ne Nzau Diop/Le Potentiel

Last edited: 19/02/2007 19:06:32

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