Dénouement du contentieux de l’élection du gouverneur du Bas-Congo avec l’arrêt de la Cour Suprême de Justice confirmant ladite élection du tandem Mbatshi Batshia à la tête de cette province et déboutant les perdants Fuka Unzola et Ne Muanda Nsemi.

La Cour suprême de justice a confirmé l’élection des candidats de l’Amp: Mbatshi Mbatsha et Déo Nkusu. *Etant donné que la loi congolaise n’est pas claire en matière de calcul de la majorité absolue, la Cour Suprême de justice s’est fondée sur la jurisprudence internationale. *On est allé puiser dans l’exemple français où la majorité absolue se calcule sur base de la moitié du nombre pair immédiatement inférieur, dans le cas où on aurait affaire à un nombre impair des votants. *Le gouverneur élu tend la main aux perdants, estimant que le développement du Bas-Congo est une affaire de tout le monde. *Fuka Unzola et Muanda ne Nsemi ont le droit de refuser la main tendue de Mbatshi, mais ils ont l’obligation de se soumettre à la loi.
La cour suprême de justice a rendu son arrêt sur le contentieux électoral qui opposait le tandem Mbatshi-Déo Nkusu au tandem Fuka Unzola Muanda ne Nsemi. Comme on devrait s’y attendre, la Cour suprême de justice a confirmé l’élection de Mbatshi telle qu’annoncée par la Commission électorale indépendante. En ce qui concerne donc le Bas-Congo, on sait que le candidat Mbatshi avait obtenu 15 voix sur 29 votants. Son adversaire, le Mlc Fuka Unzola a saisi la Cour d’Appel de Matadi pour cause que le vainqueur n’avait pas la majorité absolue qui, selon l’entendement de l’UN, devrait être de 15,5 voix.
La Cour d’Appel de Matadi a donné gain de cause à la requête de l’UN en demandant à la Cei d’organiser un deuxième tour: Comme on devrait s’y attendre, l’Amp Mbatshi est allé en appel auprès de la Cour suprême de justice. Entre la saisine de la Cour d’appel et son arrêt exigeant un deuxième tour de cette élection, des événements sanglants ont émaillé cette province du Bas-Congo.
Les adeptes de Bundu dia Kongo, sous prétexte d’une manifestation contre la corruption, ont organisé des journées ville morte. Des attaques contre les éléments de la police et contre les symboles du pouvoir public ont occasionné une réaction énergique des forces de l’ordre. Le bilan est très lourd. Le ministre de l’Intérieur a annoncé 87 morts alors que la Monuc parle de plus de cent morts.
Des pressions avec du sang innocent
La situation ainsi créée dans la province n’était pas de nature à permettre Un jugement serein sur ces événements. Même au niveau des autorités locales, on n’osait pas condamner clairement l’intégrisme de Bundu dia Kongo afin de ne pas s’exposer aux représailles de ce mouvement politico-religieux.
D’aucuns pensent que c’est dans cet état d’esprit que la Cour d’Appel de Matadi avait pris son arrêt. Et par ces actes, les dirigeants de Bundu dia Kongo voulaient intentionnellement faire pression sur l’organe de la loi. Il faut reconnaître qu’ils avaient réussi leur coup. Mais, il n’était pas possible de chanter la victoire tant que les adversaires avaient encore une voie de recours. Dans une certaine opinion, rassuré que même si on allait en deuxième tour, Mbatshi l’emporterait, on avait demandé à ce dernier de laisser faire.
Il semble que c’était une façon de mettre tout le monde d’accord et d’apaiser la situation politique dans la province C’est sur cette base que le ministère public a fait son réquisitoire. Pour lui, il fallait ce deuxième tour pour calmer les esprits. Si la Cour suprême de justice avait suivi cette voie, ce serait un précédent très fâcheux.

Car, plus rien n’arrêterait le recours à la violence pour faire pression sur la justice. La Cour suprême de justice a dit le droit sans état d’âme.
Le Bas-Congo sauvé de l’intégrisme
La province du Bas Congo est sauvée de la dérive totalitaire. Car, avec à la tête un dirigeant qui n’aurait des comptes à rendre qu’à Dieu, il n’y aurait pas moyen d’instaurer le dialogue constructif pour une participation collective au développement de la province. Fuka Unzola s’est mis en tête que la population du Bas-Congo lui devait tout, pendant que son vice-gouverneur, Muanda ne Nsemi estime qu’il est à la tête de la province par la volonté de Dieu.
Il dit à qui veut entendre que ce poste lui revenait. Ce qui est grave, c’est que les deux candidats, ne cachaient pas leur mépris pour les députés provinciaux. Ils n’hésitaient pas à les menacer ou à les accuser de corruption. Leur logique est renversante. Si on vote pour eux, c’est valable. Par contre si on vote pour l’adversaire, c’est que les électeurs avaient été corrompus.
Maintenant, compte tenu de ces attitudes, l’opinion se demande ce que sera la réaction de ces candidats malheureux. Ne vont-ils pas manipuler la population pour provoquer encore une fois des troubles? C’est le hic.
Il faut reconnaître que jusque-là, la question Bundu dia Kongo a été traitée avec beaucoup de légèreté. Si on n’y met pas un peu de fermeté comme l’a démontré le ministre de l’Intérieur ces derniers jours, on va vers la catastrophe.
Le gouverneur élu s’est montré élégant. Il a estimé qu’il y avait de la place pour tout le monde dans le Bas-Congo. Car, pour développer cette province, on a besoin de tous les bras disponibles. Fuka Unzola et Muanda ne Nsemi ne sont pas obligés de saisir cette main du gouverneur élu. Ils ont le droit d’oeuvrer dans le cadre de l’opposition.
Mais ils n’ont pas le droit de rééditer l’exploit de dernières semaines. Contemplant les morts inutiles, il est temps que chacun se dise: « plus jamais ça ». Quiconque cherchera à refaire ce qui a conduit à ces événements malheureux, devra subir la rigueur de la loi.
L’Avenir
Last edited: 17/02/2007 13:07:01