Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 21/11/2008 22:31 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Les problèmes des milieux de la presse congolaise sont rarement rapportés par les concernés inhibant ainsi des étouffantes et scandaleuses conditions sociales, ainsi que le révèle le responsable n° 1 de l’association syndicale de la corporation. Quelles sont les conditions de vie et de travail des journalistes congolais de la Rdc ? Pourquoi le climat malsain qui ballotte actuellement leur corporation au regard des tiraillements qui secouent les sections de leur association ? M. Stanis Nkundiye, le Secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse (SNPP), lève un voile sur la situation.

Il explique, en effet, dans l’interview ci-après accordée au Potentiel dans sa sous-rubrique « Cinq questions », quelques causes de la scandaleuse situation jusqu’ici trop cachée et inconnue du grand public. Du fait que les journalistes congolais eux-mêmes ont comme le complexe classique du moi est haïssable pour répugner de rapporter leurs propres problèmes.

1. Secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse (SNPP.), voudriez-vous faire l’état des lieux des conditions sociales du journaliste en RDC ?

SNPP : Faute de données chiffrées, les journalistes vivent globalement dans des conditions de précarité. Aujourd’hui, il y en a qui gagnent mensuellement moins de 30 dollars. Il y a aussi des journalistes qui n’ont pas de salaire et qui vivent grâce au « coupage ». Ils sont les plus nombreux.

Nous avons très peu de journalistes qui ont signé un contrat de travail avec leurs employeurs. A Kinshasa où existent 46 chaînes de télévision, il n’y a pas plus de 5 chaînes qui ont signé des contrats de travail avec leurs journalistes. Dans la presse écrite, notamment dans les quotidiens, on a constaté ces deux dernières années, une légère amélioration de conditions, mais là aussi, il faut dire que ce qu’on donne aux journalistes ne leur permettent pas de nouer les deux bouts du mois payer son loyer, se déplacer correctement, s’acquitter de la scolarité des enfants, accède aux soins médicaux.

Dans aucune maison de presse, la part la RTNC, l’ACP et deux ou trois chaînes de télévision, une convention collective n’a été signée en faveur des journalistes. Il existe pourtant un décret portant application du SMIG (salaire minimal garanti) signé au mois de juillet 2002. Chaque employeur octroie le salaire qu’il veut parce que les syndicats sont absents dans les maisons de presse privées, à l’exception des médias publics.

2. Le SNPP existe, mais il ne semble pas mobiliser assez d’adhérents, alors qu’il y a pléthore d’organes de presse au pays. Que lui manque-t-il ?

SNPP : Beaucoup de pesanteurs, notamment les journalistes eux-mêmes. Les journalistes parlent de tout le monde, mais rarement d’eux-mêmes et de tout ce qui les concerne. On ne peut les rencontrer qu’à de rares occasions, comme le 3 mai, à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse.

Mais en dehors de cette unique date, il est difficile de les réunir. Il arrive même qu’ils exigent le « coupage » alors que nous sommes en train de lutter pour la mort de cette pratique. L’autre pesanteur, ce sont les chefs d’entreprise. Ils ne nous laissent pas facilement entrer dans leurs maisons pour parler aux journalistes.

3. C’est tout de même paradoxal qu’un syndicat de presse n’ait pas facilement accès aux maisons de presse...

SNPP : Plusieurs employeurs du secteur des médias ont peur du syndicat parce qu’ils en ont une mauvaise image. us pensent. que le syndicat vient dans la maison pour détruire, les dépouiller de ce qu’ils ont, alors qu’en réalité, le syndicat vient pour qu’employeur et travailleurs-salariés se retrouvent ensemble et que les intérêts de chaque partie soient pris en compte. Les employeurs ont déjà leur syndicat. Nous militons pour que les journalistes salariés puissent aussi s’organiser et gagner.

4. Que faire pour que les journalistes se syndiquent ?

SNPP : Il n’y a pas de médias sans journalistes. Mais pour que le journaliste travaille honnêtement, parce qu’on lui demande de produire une information honnête, objective, indépendante, il faut le mettre dans des conditions de travail idéales. La première action à mener, c’est de le mettre à l’abri de sollicitations des puissances d’argent en lui accordant le privilège d’un contrat de travail.

Cela le sécurise. Nous pensons qu’au fur et à mesure que nos entreprises vont se consolider et devenir plus performantes, on pourra réfléchir ensemble sur les possibilités de signer des conventions collectives.

Nous avons un modèle de contrat de travail que toutes les organisations professionnelles de médias du Congo ont élaboré avec l’appui du GRET (Groupe de recherche et d’études technologiques). Nous avons également une convention cadre des journalistes pour l’espace CEEAC (Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale).

Nous pensons donc que ces modèles peuvent nous aider à avancer dans notre combat pour améliorer les conditions de travail des journalistes.

5. Quelles sont les relations du SNPP avec le monde syndical au Congo et d’ailleurs ?

SNPP : En RDC, nous évoluons au sein de la centrale qui est le COSSEP (Conseil syndical des services publics et privés) qui comprend, non seulement, les professionnels des médias, mais aussi les professionnels de la santé, les enseignants de la Syeco, les magistrats affiliés à la Synamag et les fonctionnaires du régime général (FTC).

Au niveau international, le SNPP est membre de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), il est affilié à l’Union Network International qui est une grande centrale regroupant un millier de syndicats avec 15 millions de membres. Nous avons des échanges réguliers avec les autres syndicats d’Afrique.

La SNPP 480 affiliés. C’est 1/10 de l’ensemble des journalistes de la RDC. Cela montre que nous avons un grand travail à faire pour pénétrer dans notre secteur. La grande difficulté est que les journalistes mal payés n’arrivent pas à s’acquitter de leur cotisation. Cela ne permet pas au SNPP de bien mener son action.

(Th)

Ben-Clet/Eyenga Nsana/Le Potentiel


Last edited: 19/02/2007 18:32:01

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067