La Rdc et le Rwanda sont condamnés ŕ coopérer et ŕ s’entendre. Męme la nature les y contraint. C’est le cas de le dire avec l’exploitation prévue dans deux ans par la République rwandaise, du gaz méthane qui remplit le lac Kivu. Cette derničre compte mettre en valeur cette ressource naturelle en la transformant en énergie électrique... peut-ętre au grand dam de la Rdc qui ne semble pas disposer d’un projet clair y relatif. Ce faisant, le Rwanda espčre ainsi combler ses énormes déficits énergétiques.

Selon des informations fournies par la revue Renaître (n°22 du 30 novembre 2004), la Brasserie et Limonaderie du Rwanda (Bralirwa) en collaboration avec la Banque de Commerce, de Développement et d’Industrie du Rwanda (Bcdi) voudrait exploiter ce gaz pour le transformer en courant électrique.

A l’heure actuelle, indique Alphonse Byusa, chargé des relations publiques ŕ la Bralirwa, les études de faisabilité achevées ont montré que le gaz existe en quantité industrielle dans le lac, pour une exploitation ŕ long terme. « Maintenant, on passe ŕ la phase d’extraction industrielle », a-t-il déclaré.

Une autre précision a été fournie par le coordinateur de l’Agence nationale de promotion et d’exploitation du gaz méthane. Selon lui, « 55 milliards de m3 de gaz s’entassent dans le lac, dont 40 sont économiquement exploitables. Et ce gaz se renouvelle ŕ un rythme de 150 millions de m3 chaque année ».

Par conséquent, si l’exploitation ne dépasse pas ce taux de renouvellement, il s’agira bel et bien d’une ressource inépuisable. Pour sa part, le ministre rwandais des Infrastructures a déclaré que les opérations d’extraction du gaz méthane devraient commencer ŕ la fin de l’année qui s’achčve et le courant électrique issu du gaz devrait ętre disponible dans deux ans.

La Société de commerce et d’industrie du gaz méthane (Socigaz) créée en 1990 par la Rdc et le Rwanda se propose d’extraire 30 Mw, qui équivalent ŕ 56 millions de m3 de gaz transformé. Le Rwanda aurait besoin d’au moins 50 Mw pour couvrir ses besoins actuels.

Les deux grandes centrales qui produisaient la moitié des 45 Mw dont disposaient le pays sont en état de dysfonctionnement. Lequel s’expliquerait par la baisse de 4m du niveau des eaux du lac, suite ŕ une exploitation agricole intensive des marais avoisinants. Mais il y a aussi l’insuffisance des précipitations dans la zone.

Le directeur chargé de l’énergie au ministčre rwandais des Infrastructures a fait savoir que, pour faire fonctionner les centrales, on avait utilisé plus d’eau que n’en recevait le lac.

A présent, a-t-il indiqué, il faudrait attendre la réhabilitation progressive des conditions environnementales. A son avis, il s’avčre impérieux de reboiser les alentours du lac et d’empęcher l’exploitation irrationnelle du marais.

Entre-temps, le Rwanda enregistre une forte demande en énergie électrique particuličrement ŕ cause de l’explosion démographique dans la capitale.

Raison pour laquelle tous les secteurs connaissent de fréquentes coupures de courant : salons de coiffure, cybercafés, cabaretiers, etc. perdent chaque jour des clients.

A noter que les eaux du lac Kivu appartiennent aux deux pays. La réglementation mise en place en 1998 permet ŕ chacun d’eux d’exploiter la ressource sur son territoire.