Les grands absents africains épinglés au forum franco-africain de Cannes sont les chefs d’Etat dont les pays passent des moments de turbulences diplomatiques notamment avec la France, avec cas frappant celui du Rwanda.

Les choses pouvaient encore évoluer concernant notamment la Libye et la présence ou non du président congolais Joseph Kabila, a-t-on précisé de source diplomatique française. Le Rwanda, qui a récemment rompu ses relations diplomatiques avec la France, et le Zimbabwe du président Robert Mugabe ne seront pas représentés. « Nous avons cherché le moyen pour que le Zimbabwe, qui est un pays important de la région et du continent, puisse être présent (…) et à cette heure, la discussion n’a pas abouti », a précisé Jérôme Bonnafont, porte-parole de Jacques Chirac.
Autre absent de marque le Sud-africain Thabo Mbeki, de la première puissance économique du continent, qui a envoyé sa ministre des Affaires étrangères. « M. Mbeki est retenu par des obligations impérieuses qui relèvent de la politique intérieure de l’Afrique du Sud », a rapporté le porte-parole de Jacques Chirac.
Resserrer le lien franco-africain
Deux ans après la conférence de Bamako consacrée à la jeunesse, le chef de l’Etat français devrait rappeler à Cannes « sa conviction qu’il n’y a pas de mondialisation réussie sans une Afrique assurée de son destin, et qu’il n’y a pas de réussite africaine si la communauté internationale ne lui vient pas en appui », a rapporte Jérôme Bonnafont. Paris voit aussi dans ce rendez-vous un moyen de resserrer le lien franco-africain à l’heure où les Etats-Unis et surtout la Chine font une entrée remarquée dans l’économie africaine.
Trois tables rondes sont prévues jeudi : l’Afrique et les matières premières, l’Afrique dans les institutions internationales et l’Afrique et la société de l’information.
Outre les Africains, Jacques Chirac aura à ses côtés la présidente du G8 et de l’Union européenne, la chancelière Angela Merkel, et le Commissaire européen au Développement, Louis Michel. Deux présences qui alimentent l’idée, jugée pertinente par certains observateurs, de remplacer les sommets France–Afrique par des réunions Union européenne–Afrique un premier opus est prévu au Portugal à la fin de l’année. Ces deux rendez-vous sont « complémentaires », assure-t-on pour l’heure à l’Elysée.
Crise au Darfour

La crise au Darfour, les troubles en Guinée où le président Lansana Conté vient de proclamer l’état de siège, et la lenteur des discussions de paix en Côte d’Ivoire occuperont le volet politique du sommet.
En l’absence du président Laurent Gbagdo, ce dernier dossier sera abordé avec le président du Conseil économique et social ivoirien, Laurent Dona Fologo, et le Ghanéen John Kufuor, actuel président de l’Union africaine.
La question du Darfour pourrait faire l’objet d’une rencontre entre les présidents soudanais Omar Hassan el Bachir, tchadien Idriss Déby et centrafricain François Bozizé. A dix semaines du premier tour de l’élection présidentielle en France, la campagne électorale pourrait s’inviter dans les discussions, de nombreux pays africains suivant de près les propositions des différents candidats en matière d’immigration.
A la question de savoir si ce sommet serait celui du « testament africain » de Jacques Chirac, qui n’a pas encore dévoilé ses intentions quant à un éventuel troisième mandat, Jérôme Bonnafont a répondu : « A ma connaissance, cette conférence ne s’inscrit pas dans l’après-Chirac ».
(Yes)Reuters/Forum des As
Last edited: 15/02/2007 14:17:47