L’épineux problème de la double nationalité détenue par quelques élus du peuple et qui a failli « incendier » le Palais du peuple a enfin trouvé un point de chute apaisé et…apaisant : toutes les parties concernées ont fumé le calumet de la paix !

La guerre des tranchées s’est terminée à la chambre basse du Parlement dès les ultimes escarmouches : la question de la double nationalité qui avait fait suspendre une véritable épée de Damoclès au-dessus de plusieurs têtes des fraîchement élus du peuple a enfin trouvé une solution à la Pyrrhus.
Le compromis qui a été trouvé sur cette question rehausse de péremptoire manière le blason terni de la classe politique nationale qui vient de donner la démonstration qu’elle est capable de transcender ses byzantinismes infantiles quand elle le veut.
La grande leçon qui s’induit de cette passe d’arme décommandée de justesse est que le compromis politique n’est nullement une compromission dès lors qu’il peut éviter à la nation les affres de fratricides affrontements, alors que la nation peut bien faire l’économie de ces oiseuses situations qui constituent autant de freins de son développement.
Vital Kamerhe a réussi à garder l’église au milieu du village !
La question de la double nationalité qui a failli entraîner le pays dans un nouvel épisode de polémiques sulfureuses et diviser de plus belle les Congolais est la réponse du berger à la bergère. Elle a été la réplique revancharde du député Mlc José Makila qui, piqué au vif par l’invalidation de la candidature des deux candidats gouverneurs de son parti dans les deux provinces du Kasaï, en l’occurrence Alexis Kande (Kasaï Occidental) et Dominique Kanku (Kasaï Oriental), a juré de révéler les noms de plusieurs personnalités de la famille présidentielle disposant de deux nationalités, et ce à tous les niveaux des institutions de l’Etat !
Vraie ou simple calembredaine, la menace a paru faire l’effet escompté par son auteur. En tous les cas, une espèce de stupeur proche de la sinistrose s’est emparée de l’autre camp. Et aussi – c’est le cas de le signaler aujourd’hui – de pas mal de pontes du Mlc ou proches de lui, susurre-t-on à tort ou à raison.
Autant, dit-on, de Léon Kengo, de nationalité belge ; de Jean-Pierre Bemba, qui détiendrait la nationalité brésilienne par son épouse ; de François Mwamba, nationalisé Français, et tutti quanti. Jusqu’où ces assertions seraient-elles plausibles ?
Serait-ce pour éviter que la motion de José Makila fasse l’effet d’un crachat jeté en l’air et qui retomberait sur son propre nez, que José Makila a fini par se résoudre à mettre une sourdine à ses bastringues et accepter qu’un moratoire de trois mois soit accordé à toute personne détenant la nationalité étrangère et désireuse de recouvrir la nationalité congolaise d’origine afin de suivre la procédure prévue à cet effet par la loi sur la nationalité.
La proposition qui a été formulée par l’Honorable président de la chambre basse Vital Kamerhe a rencontré l’assentiment de la plénière qui y a souscrit sans rechigner. La guerre des tranchées n’a donc pas eu lieu dans l’antre des députés. La tempête a été apaisée. On en doit tout le mérite à son président, lui qui a su garder l’église au milieu du village. C’est de très bonne augure pour l’avenir de ce quinquennat.
Cl. Vidibio/MMC
Last edited: 13/02/2007 12:56:31