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Bonjour | 21/11/2008 23:02 | English Make DC Home page | RSS feed

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La déclaration de la Conférence épiscopale nationale du Congo est pour une nouvelle ère des relations entre l’Eglise et l’Etat, une coopération pour l’essor du pays à travers le développement de plusieurs secteurs de la vie nationale. La première convention entre l’Eglise et l’Etat congolais remonte à 1906. L’Eglise avait donc joué un rôle important dans le développement et le système éducatif du pays. Quelle sera la nature de nouveaux accords en ce moment où les prêtres vivent l’adage selon lequel « qui travaille à l’hôtel mange à l’hôtel » ? Au sujet des événements du Bas-Congo, le souhait de l’Eglise de voir ce genre d’événements ne plus se reproduire sera un vœu pieux si on ne met pas fin de l’agression de la police par les manifestants. Cette fois ou jamais, l’enquête exigée par tout le monde doit aboutir et des responsabilités qui doivent être clairement établies.

Il n’y a pas d’événements de la portée nationale auxquels l’Eglise catholique ne donne pas ses avis. C’est ainsi qu’elle a été présente pendant tout le processus de transition, Elle a réagi, parfois de manière malheureuse à certaines questions. Dans toutes ces réactions, l’Eglise se trouve devant deux grosses difficultés.

La première, c’est qu’elle doit chercher à se situer au milieu du village sans « crucifier la vérité » comme disait le cardinal Joseph Malula. Qu’est-ce que la vérité ? C’est le hic. Et c’est dans la réponse à cette question Qu’apparaît la deuxième difficulté. L’Eglise est sainte, mais elle est composée des personnes qui ne sont pas des saints. Des personnes qui, surtout sur le terrain politique, ont des intérêts les plus divergents qui soient. Pas étonnant que dans le monde, l’Eglise se trouve en conflit soit avec l’Etat soit avec l’opposition. La difficulté, cette fois pour le commun de mortels, c’est de séparer ce qui est de l’Eglise et ce qui est des hommes qui dirigent l’Eglise. Qu’à cela ne tienne, l’Eglise reste une structure avec présomption de crédibilité et d’équité. Loin de prendre les déclarations des évêques pour parole d’Evangile, on les juge par leur à propos.

Une déclaration neutre et positive

La dernière déclaration des Evêques congolais est l’une des plus neutre, en dépit des événements sanglants qui ont endeuillé le pays à travers la province du Bas-Congo. A ce sujet l’Eglise catholique s’est jointe à toutes les autres voix pour exiger une enquête libre. Elle demande qu’en toute justice et sans aucune pression de quelque nature que ce soit, une enquête sérieuse soit menée pour établir les responsabilités et prendre non seulement des sanctions à l’encontre des coupables, mais aussi toutes les dispositions nécessaires pour qu’à l’avenir de tels événements ne se reproduisent plus ».

Si on n’entre pas en profondeur de ce souhait des évêques, on risquerait de se retrouver en face d’un vœu pieux d’un déclaration d’intention qui s’inscrit dans le Cadre de slogan. Car, en effet, le pays a connu beaucoup d’événements sanglants pendant les six derniers mois. Tout le monde a demandé une enquête et des enquêtes ont été faites. Mais, il n’y a jamais eu de suite. Par conséquent, on ne pouvait pas s’attendre à de  l’amélioration. Cette fois, on voudrait bien que non seulement l’enquête soit faite, mais aussi et surtout qu’on en connaisse des conclusions et que des sanctions soient prises.

Pour ce faire, les évêques ont raison de demander que cette enquête se fasse loin de toute pression d’où qu’elles viennent. Car, très souvent c’est à cause des pressions que certaines enquêtes n’ont pas eu de suite. Des raisons politiciennes ont introduit l’impunité. Le souhait le plus ardent des évêques, est que ce genre d’événements ne puissent plus se reproduire. Cela dit en clair que l’on doit éliminer les causes de ces événements. Quelles sont ces causes ? On n’est pas en face de vue d’esprit. En attendant l’enquête qui n’inventera rien sinon apporter davantage de lumière sur ce qu on connaît, il s’agit d’un événement dont on ne veut pas parler parce qu’on craint la colère des adeptes de Bundu dia Kongo. Que s’était-il passé ?

Le langage des faits

Les faits qui ne changeraient pas quelle que soit l’issue de l’enquête, sont les suivants. Il y a eu élection de gouverneurs dans la province du Bas-Congo comme partout ailleurs. Le tandem de l’Amp, Mbatshi–Déo Nkusu l’a emporté. Il y a eu comme perdant, Eugène Diomi Ndongala de la DC, Mbadu wa Mbadu, gouverneur sortant et Fuka Unzola du Mlc qui avait pour adjoint le leader de Bundu dia Kongo, Muanda ne Nsemi. Sur 29 votants, Mbatshi avait obtenu 15 voix, Diomi 1 voix sans oublier Mbadu qui aurait obtenu 4 voix. Le tandem du Mlc est allé en appel. La raison c’est que le vainqueur n’aurait pas eu la majorité absolue exigée par la loi. En cas d’espèce, cette majorité est de 15,5 voix. Il revenait à la Cour d’Appel de Matadi de trancher.

En attendant le tandem Fuka–Muanda ne Nsemi criait sur tous les toits qu’on lui aurait volé sa victoire. Le peuple est invité à la ville morte avant même le verdict. La manifestation est réprimée dans le sang. On a assisté à la répression des manifestations dans ce pays. C’est pour la première fois que l’on a un nombre aussi élevé de victimes. La plus grande manifestation en ampleur réprimée dans ce pays est sans aucun doute, après le 4 janvier 1959, celle du 16 février 1992. Malgré la nature du pouvoir de l’époque, malgré le moment politique particulier dans le pays et malgré des foules compactes qui sont descendues dans la rue, la répression n’avait pas fait une centaine de victimes. On avait à peine parlé de 30 morts. Tous des chrétiens.

Avec les événements du Bas-Congo, on parle de plus de cent morts. Parmi les victimes, on compte des policiers et des militaires. C’est la preuve qu’il n’y a pas eu répression, mais plutôt affrontement entre les agents de l’ordre et les adeptes de Bundu dia Kongo. Ce qui n’était pas le cas le 16 février lors de la marche des chrétiens. Pour que ce qui est arrivé ne puisse plus arriver et au moment où des efforts sont faits pour une police démocratique on doit éviter d’affronter la police. A suivre !

(Yes)

L’Avenir

Last edited: 12/02/2007 18:45:51

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