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La première réunion de l’équipe ministérielle tenue par le Premier ministre Antoine Gizenga la semaine dernière a donné le « la » de la poigne avec laquelle le chef de l’Exécutif entend mener les affaires de l’Etat durant les cinq ans du mandat de Joseph Kabila. Dans son discours d’investiture prononcé mercredi 6 décembre 2006, Joseph Kabila a donné le ton de ce que les cinq années à venir seront en République démocratique du Congo : un pays où l’homme congolais, mis au centre des préoccupations des gouvernants contribuera aux efforts de réduction de la pauvreté qui seront engagés en sa faveur; une nation où la lutte contre la corruption, la fraude et les antivaleurs sera menée à tous les niveaux ; et où tout sera mis en œuvre pour niveler la fracture sociale de toutes ses inégalités criantes. Les applaudissements qui ont salué ce passage du discours d’investiture du Président de la République fraîchement élu: « Pour cela, avec l’accord de tous, j’annonce, aujourd’hui, la fin de la récréation afin que le peuple  entièrement au travail et ce, dans la paix et la tranquillité » a trouvé son répondant dans l’exhortation que le Premier ministre de la première équipe gouvernementale de la Troisième République a faire à ses ministres au cours de la première réunion informelle qu’il a présidée à leur intention.

Dans son discours, le Chef de l’Etat a retenu cinq chantiers pour sortir la Rd. Congo du marasme dans lequel elle se trouve plongé depuis des décennies, et le peuple congolais de la misère extrême dans laquelle il patauge.

Pour Joseph Kabila, le relèvement de l’Etat et de l’homme congolais passe certes par la réalisation de cinq chantiers qu’il a énumérés et qui constituent autant de chevaux de bataille que son gouvernement entend monter pour  parvenir aux résultats escomptés. Le gouvernement, qui est appelé à traduire en acte la volonté du Chef de l’Etat prendra cette semaine devant les élus de la nation réunis sous l’hémicycle de l’Assemblée nationale l’engagement de faire bénéficier l’eau, l’électricité, l’éducation et la santé à un plus grand nombre de concitoyens ; de réhabiliter et de créer de nouvelles infrastructures sociales, le tout sous la coordination du Premier ministre Antoine Gizenga.

A tous égards, c’est donc au Premier ministre qu’il incombe en premier la réussite du Programme quinquennal de l’ensemble des actions que va mener son gouvernement qu’il va défendre cette semaine devant les députés.

Il ne pourra réussir cette tâche que s’il s’affiche comme étant un animateur vigilant veillant avec une rigueur sans faille à jouer le rôle d’un meneur décidé à mettre fin à la récréation. Et ce rôle, il devra le distribuer aux 59 autres membres de son équipe qui doivent à leur tour siffler la fin de la récréation, chacun en ce qui le concerne dans sa sphère d’influence.

La récréation, elle est omni présente dans tous les secteurs de la vie publique. Que dire des policiers de roulage qui se remplissent les poches de billets de banque à longueur de journée, rançonnant a qui mieux mieux les chauffeurs, sinon qu’ils se moquent éperdument des règles de bienséance morale, s’ils ne foulent pas simplement aux pieds les règlements qui régissent leur corps de métier !

On attend que le ministre de l’Intérieur se penche sans tarder sur ce problème qui scandalise les bonnes consciences, car cette prévarication pratiquée au vue et au su des gradés sinon avec leur complicité a dépassé les normes de l’acceptable. Il paraît même que les motards qui ne parviennent pas à verser 50 dollars au chef chaque soir se voient retirer la belle mécanique le lendemain ! D’autres exemples pullulent dans les commissariats où les amendes perçues vont dans les poches des commissaires     au lieu d’être versés au Trésor public. Décidément, il y a trop d’argent frais qui fait le bonheur des agents de l’Etat à tous les niveaux.

Ainsi entre autres également, dans les différentes administrations fiscales où certaines habitudes indécrottables se sont installées, qui dévient vers les poches privées les recettes dévolues à l’Etat. Aux postes frontaliers, les agents de l’Ofida se font un beurre fou avec les trafiquants et les commerçants inciviques qui monnaient à leur guise les tarifs fixés par l’Administration, au grand dam du Trésor public ! Le secteur du transport public n’est pas en reste. Ici, les propriétaires des bus et des mini-bus en imposent aux usagers de leurs engins qu’ils entassent comme du bétail. La faute à qui ? A ceux qui leur délivrent les autorisations de transport de complaisance, mais aussi à la Sonas qui accordent des polices d’assurance tout aussi complaisantes, laissant la porte ouverte au phénomène de surcharge de véhicules auquel on assiste impuissamment. Et tous ces véhicules utilitaires transformés en bus, qui n’offrent aux passagers que de petits hublots pour leur respiration. Les passagers y voyagent en quasi position d’étouffement !

On peut multiplier les exemples indéfiniment : aucun service d’aucun ministère du gouvernement n’est à l’abri de critiques s’agissant de pratiques maffieuses qui y ont élu domicile depuis belle lurette et enraciné la perversité des agents de l’administration publique : la Santé publique, les Mines, la Défense nationale où des agents payeurs détournent régulièrement la paie des hommes de rangs depuis des temps immémoriaux et pérennisent la misère sociale chez ces braves soldats qui se réduisent à perpétrer des coups de main nocturnes sur de pauvres citoyens en civil abandonnés à eux-mêmes ; nos missions diplomatiques à l’étranger, où les responsables de nos chancelleries se livrent au trafic de passeports et de visas. Bref : dans tous les ministères, la gangrène se vit au quotidien, privant le Trésor public d’énormes masses monétaires nécessaires aux missions de reconstruction de la nationale et de sécurisation sociale des agents de l’Etat.

Antoine Gizenga est donc tenu de faire comprendre à ses collaborateurs du gouvernement que c’est à chacun d’eux de siffler la fin de la récréation, chacun dans son secteur. La rigueur que chacun d’eux mettra à veiller à la suppression des antivaleurs dans son secteur dépendra en fin de compte l’issue de la fin de la récréation telle que l’a décrétée le Président Joseph Kabila dans son discours inaugural du 6 décembre 2006.

Clément Vidibio/MMC

Last edited: 13/02/2007 14:15:59

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