Après près de six mois de perturbation, le trafic est revenu à la normale sur l’axe ferroviaire desservi par la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC). Depuis trois semaines, les trains de marchandises font plusieurs rotations entre Ilebo et Kananga. Ils tractent les centaines de wagons jusque-là bloqués. Ce qui influe également sur les prix des biens et services écoulés sur divers marchés de Kananga.

Plusieurs denrées avaient doublé voire triplé de prix pendant la période de perturbation. Le prix du litre de carburant qui a dépassé la barre de 1.000 Fc pendant la crise, se négocie désormais à un prix plus bas. La population, satisfaite de cette situation, souhaite voir la SNCC maintenir ce rythme de travail, rapporte radio Okapi sur son site.

La mesure de maïs, denrée alimentaire de base des Kasaïens, se vend actuellement à 240 francs congolais. Pendant la période de grève, elle était négociée jusqu’à 1700 francs congolais. Même chose pour le haricot niébé.

Il est passé de 350 FC, la mesure à 160 FC. L’huile de palme, les graines de courge et autres denrées en provenance des territoires de Demba, Mweka et Ilebo ont aussi baissé de prix.

Les consommateurs retrouvent donc le sourire. Mais l’inquiétude persiste quant à la maintenance du rythme du travail actuel par la SNCC. Les cheminots se disent prêts à maintenir ce rythme à condition que les responsables de l’entreprise respectent leurs engagements. La suspension de la grève était liée à la promesse de payer régulièrement les agents.

Les retombées de la reprise

Les provinces des Kasaï Occidental et Oriental s’attendent donc à des retombées positives de cette reprise de trafic à la SNCC. Ainsi, environ 10.000 tonnes de marchandises des commerçants de ces deux provinces qui étaient bloquées dans les entrepôts de la gare centrale de Kamina (Katanga) ont été évacuées la semaine dernière pour Mwene-Ditu, selon des échos en provenance de Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental). Le trafic entre les deux régions était interrompu faute de locomotives disponibles, soutenait-on à la haute direction de la SNCC.

Au total, plus de 22.000 tonnes de marchandises du Kasaï étaient bloquées à Kamina. Il restait donc, après ce premier lot arrivé à Mwene-Ditu, plus de 12.000 autres tonnes que leurs propriétaires attendent avec impatience.

Le lot arrivé est essentiellement constitué de produits vivriers, tandis que celui attendu comprend en grande partie les biens importés comme le ciment, le carburant et le sucre.

Il y a une semaine, les commerçants propriétaires de marchandises bloquées à Kamina, avaient exprimé leur ras-le-bol en voyant perdurer cette situation.

Ils avaient accusé les responsables de la SNCC du refus d’affecter les locomotives à destination du Kasaï pour leurs intérêts personnels. Selon ces opérateurs économiques, le manque à gagner était inévitable pour leurs affaires, étant donné que la plupart des produits bloqués à Kamina étaient soit périssables, soit destinés à la vente pour les fêtes de fin d’année.

Selon l’administrateur directeur technique de cette entreprise, Maurice Nkulu cité par Radio Okapi, la haute direction de la SNCC était préoccupée par l’interruption du trafic sur certains de ses réseaux. Ce qui a poussé cette dernière à réhabiliter une dizaine de locomotives, dont neuf ont été affectées au trafic entre Kamina et Mwene-Ditu, d’une part (cinq locomotives), et entre Kamina et Ilebo (Kasaï Occidental), d’autre part (quatre).

Pour les dirigeants de la SNCC, il fallait à tout prix normaliser le trafic ferroviaire qui était perturbé dans la région du fait de la disponibilité de locomotives, mais aussi de la grève de ses agents pendant près de trois mois à Ilebo, Mwene-Ditu, Kamina et Lubumbashi.

Lucien K. Tshibambe/Le Potentiel