Ordonnateur des dépenses publiques, c’est à lui que va incomber la délicate tâche de contraindre l’Etat à marcher au rythme de ses avoirs financiers.

Marco Banguli parti, voici Matenda Kyelu aux commandes d’un département aussi convoité que stratégique. Le ministère des finances exige à sa tête la présence d’un technocrate certes compétent, probe mais surtout doté d’une forte personnalité, capable de résister aux chantages des trafiquants d’influence de tous bords.
Ce compatriote chargé de chapeauter les administrations pourvoyeuses des moyens de l’Etat devrait introduire dans les moeurs des cadres et agents opérant dans ces secteurs des moeurs nouvelles et saines consistant à canaliser correctement les richesses nationales vers le trésor public.
Ordonnateur des dépenses publiques, c’est à lui que va incomber la délicate tâche de contraindre l’Etat à marcher au rythme de ses avoirs financiers. Sous la seconde République comme sous la dernière Transition, le principal reproche fait aux différents ministres des Finances était de ne pas pouvoir mettre au pas les prédateurs officiels des finances publiques, auteurs des ordres souvent non réfléchis en rapport avec les sorties intempestives des fonds publics pour des urgences obscures.
L’échec du point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres tr,ès endettés) tient principalement au manque de discipline des autorités congolaises, le défunt espace présidentiel en tête, dans l’exécution du budget 2006. A cause des turpitudes financières de nos gouvernants le pays est recalé et contraint de revoir sa copie pour espérer obtenir l’effacement total de sa dette extérieure.
Au regard de la taille éléphantesque de l’actuel gouvernement, de la panoplie d’institutions budgétivores à l’échelon national comme provincial, il ne serait pas bon d’être à la place de Matenda Kyelu, que des millions de Congolais risquent de rendre responsables de leur clochardisation continue alors que les promesses électorales des candidats à la magistrature suprême, à la députation nationale et provinciale leur annonçaient une 3ème République où couleraient le lait et le miel.
Au moment où il s’apprête à prendre ses fonctions, la fronde des fonctionnaires de l’Etat se précise, avec en toile de fond l’éternelle chanson du barème de Mbudi. La matérialisation des cinq chantiers de Kabila, c’est d’abord et surtout une question des finances. Si la bonne gouvernance se transforme en un slogan creux sous le mandat de Matenda au ministère des Finances, le pays est parti pour cinq ans de galère.
(Ern.)D.l.Kazadi/Le Phare
Last edited: 08/02/2007 16:33:06