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Premières difficultés à l’Assemblée nationale dont les travaux de la session extraordinaire sont menacés de torpillage par le groupe parlementaire du camp Un cherchant à faire prévaloir leurs points de vue sur le sujet qui fâche de la nationalité. Alors que l’Amp a demandé l’examen avec sérénité de question sur les tueries du Bas-Congo, l’Un de sa part a voulu se servir encore une fois de la tribune pour faire de l’agitation politique. Faute d’entente sur l’approche de cette question, la plénière de l’Assemblée nationale prévue le jeudi 8 février 2007. L’UN qui est montée au créneau pour exiger une enquête, devrait être la première à exiger que toutes les précautions soient prises pour l’éclatement de la vérité. C’est la preuve que les priorités de l’UN sont ailleurs que dans la recherche d’une santé politique. Quant à la population du Bas-Congo, on s’était servi d’elle comme chaire à canon, comme marchepieds vers l’ascension politique. On attendait savoir de la part de l’UN dans l’enterrement des victimes du Bas-Congo, à la place on a proposé l’observation d’un deuil. Peut-on organiser le deuil des morts qu’on n’a pas enterrés ?

Ceux qui pensent avoir des agendas cachés, mais qui n’ont pas plus d’un tour dans leurs manches pour cacher leurs vraies intentions. C’est le cas de cette grave affaire du Bas-Congo. Tout le monde sait que même si on était dans un pays où tout serait tricherie et fraude, il n’y avait pas moyen de frauder et de tricher à l’élection au second degré des gouverneurs de province.

Car, le nombre d’électeurs était connu. On savait presque qui allait pour voter qui. Dans une certaine opinion, on s’est contenté de faire des calculs pour s’assurer de la victoire. Cela suffisait pour apprêter le champagne. A l’UN, on n’est pas allé très loin dans la réflexion. On n’a pas tenu compte du fait que le grand électeur est différent du commun de mortels.

En outre, on a ignoré le rôle de la campagne électorale imposée dans le programme de la Cei. Si on savait d’avance qu’il suffisait d’être de l’UN pour voter UN, pour quelle raison aurait-on besoin de battre campagne ? A notre avis, la campagne électorale avait pour entre autre but de s’attirer les voix même de ceux qui n’appartenaient pas à sa plate-forme.

Ce n’est pas également pour amuser la galerie que les candidats avaient l’obligation de présenter leur programme devant les électeurs. Il ne suffisait donc pas d’avoir la majorité, mais de présenter le projet qu’on avait pour la province. C’est partant de tous ces éléments qu’à L’Avenir on avait alerté l’opinion sur les surprises possibles à l’issue de l’élection des gouverneurs de province. On avait cité nommément le cas Fuka Unzola en disant que sa popularité supposée dans la province ou à Matadi n’aura pas nécessairement d’effets sur les grands électeurs de cette province. Il était irresponsable de ne pas tenir compte de cette donne d’autant plus que l’élection des sénateurs avait démontré que la majorité à l’Assemblée provinciale n’était pas un élément déterminant dans le choix des personnes au second degré. Pour avoir oublié cela, l’UN a créé les incidents du Bas-Congo.

L’UN championne de courte réflexion

A l’UN, on a, comme toujours, refusé de réfléchir. On s’est fait comme toujours, prisonnier d’un populisme maladroit et inopérant. On est allé à l’élection des gouverneurs avec la seule précaution d’interner physiquement les électeurs en laissant leur conscience libre. D’ailleurs le fait d’avoir été traités comme des enfants, n’était pas de nature à arranger les députés provinciaux.

Comment peut-on mettre au pouvoir des gens qui ne vous font pas confiance ? Le résultat, c’est ce qu’on avait vécu au Bas-Congo. Et les grands électeurs qui avaient refusé de donner le pouvoir à l’UN, ont aujourd’hui raison. Car, les dirigeants de cette plate-forme ont démontré que pour le pouvoir, ils sont capables de tout, même de mettre la province à feu et à sang.

Comme si cela ne suffisait pas, le leader de l’UN, exploitant honteusement le malheur qui s’est abattu sur cette province, a cherché le lundi dernier, à faire son test de popularité sur les cadavres qui avaient encore besoin de sépulture. Chez le ne-Kongo, on garde le deuil après l’enterrement. Ce qu’on attendait de l’UN et de son leader, c’est la décision sur l’enterrement. Qu’est-ce que JP Bemba apportait pour l’enterrement de ces morts ? Qu’est-ce qu’il préconisait pour les familles endeuillées ? On ne peut pas s’empresser d’organiser le deuil pour des morts que l’on ne peut pas enterrer.

On voit très clairement comment on s’est moqué du peuple mukongo. Et la moquerie s’est poursuivie à l’Assemblée nationale. Tout le monde et à l’UN et à l’Amp a demandé que les responsabilités dans les événements du Bas-Congo soient dégagées afin que les coupables subissent la rigueur de la loi. Pendant que le gouvernement se met en place, l’Assemblée nationale est aujourd’hui l’institution opérationnelle et bien indiquée pour organiser une mission d’enquête, prélude à des sanctions à prendre.

Conformément au souci ainsi manifesté par tout le monde et compte tenu de la gravité des événements, on s’attendait à ce que ce problème soit traité en toute sérénité au sein de l’Assemblée nationale. Et l’UN qui s’était mise dans la peau de la partie accusatrice devrait être la première à demander que toutes les précautions soient prises pour que la vérité éclate en lieu et place de créer le flou artistique politique.

L’Amp plus préoccupée que l’UN

Au contraire, c’est l’Amp qui a demandé que les précautions soient prises pour l’éclosion de la vérité. L’UN quant à lui, met côte à côte le dossier de la double nationalité et celui des morts du Bas-Congo pour bien agiter la situation politique. Et la plénière de l’Assemblée nationale n’a pu se mettre d’accord à ce sujet.

Conséquence, l’Assemblée nationale ne s’est pas réunie dans la séance d’hier mercredi. Tout ce qu’on a fait pour faire comprendre aux députés de l’UN que la situation du Bas-Congo était très importante pour qu’on en parle en toute sérénité, n’a rien changé à la détermination de ceux-ci de fouetter d’autres chats. Encore une fois, l’UN s’est moquée de tous ces morts. On comprend alors que cette population ne lui a servi que de la chaire à canon.

Qu’est-ce que c’est que cette affaire de double nationalité ? Tout est parti de la lettre de la Cei, à la suite de la requête de la CCU, demandant à l’UN de changer ses deux candidats qui auraient une double nationalité en violation de la loi congolaise. L’UN s’est faite aussitôt négativiste en estimant que cette question n’avait pas autres considérations que politiciennes. Pour lui, il fallait que tous ceux qui ont la double nationalité paient et maintenant, devant la même loi. Ce n’est que justice.

Ce qu’il faut condamner, c’est cette tendance au chantage. On sait que l’affaire de la double nationalité ne peut pas se résoudre par des discussions polémistes. Elle exige l’examen profond des dossiers présentés. Il faut vérifier. On ne peut pas résoudre le problème en une plénière. Son importance exigerait qu’on lui consacre suffisamment de temps. Il en est de même de la question de morts dans le Bas-Congo. Il se pose donc un problème de choix, celui d’échelle de préférence. L’UN, en se donnant une autre priorité que la recherche de la vérité dans les morts du Bas-Congo, a démontré encore une fois que ses priorités sont ailleurs. La population du Bas-Congo n’est pas sa préoccupation première.

(Yes)

L’Avenir

Last edited: 08/02/2007 15:29:45

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