Après le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht, c’est maintenant le tour du Haut Commissaire européen Louis Michel à proclamer son avis favorable au voyage en vue du Roi Albert II de Belgique en Rdc.

«S’il y a un pays où le roi doit aller, c’est le Congo», estime Louis Michel. Selon lui, la visite constituerait «un formidable signe que le Congo est devenu un pays démocratique», explique le commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, dans un entretien publié dans les journaux du groupe Sud Presse.
Interrogé sur les réticences des socialistes flamands à voir le roi effectuer une telle visite, Louis Michel appelle les politique à faire confiance aux autorités congolais «Ce qui s’est passé là-bas, est une révolution », a-t-il commenté évoquant les élections présidentielles qui se sont tenues récemment.
Quant au message que le roi pourrait délivrer aux Congolais, Louis Michel estime qu’il faut éviter de vouloir donner leçons. «Ces temps sont révolus», précise-t-il. «On doit les féliciter, leur dire qu’on est leurs amis, leurs partenaires», poursuit-il.
La classe politique belge divisée sur la visite officielle envisagée du Roi Albert en Rdc !
Jamais le déplacement d’un président congolais à Bruxelles ou d’un roi belge à Kinshasa, n’avait suscité autant de tension au sein de la classe politique belge. Le ministre belge de la Coopération, Armand De Decker, n’a pas dissimulé sa colère à la suite de la campagne d’intoxication au sein des milieux politiques belges hostiles à la visite du président Kabila à Bruxelles et à celle du roi Albert II à Kinshasa.
Le ministre de la Coopération, Armand De Deker, s’est dit choqué par les propos du président de Spirit, Geert Lambert, à propos de l’action qu’il mène en RDC. Ils témoignent selon lui d’une ignorance « pathétique » de la réalité congolaise et de la politique belge en matière de coopération au développement.
M. De Decker a précisé ainsi que la politique mise en oeuvre par la Belgique s’intègre dans les objectifs de développement du millénaire (OMD définis en 2005 par les Nations Unies) et vise à réhabiliter des réseaux médicaux de base et des hôpitaux, renforcer le réseau éducatif, développer des infrastructures de base comme les routes rurales ou soutenir des projets d’adduction d’eau.
Si faire tout cela, c’est mener la politique d’un ministre des Affaires industrielles, je suppose que M. Lambert a des difficultés de vocabulaire ou des insuffisances intellectuelles. Je l’invite à se rendre au Congo et, peut-être, se mordra-t-il les doigts d’avoir tenu de tels propos, a-t-il ajouté.

Le ministre MR n’a guère plus apprécié la comparaison avec des « vieux coloniaux » désireux de piller à nouveau le Congo. C’est honteux!, a-t-il dit. La politique belge vise en effet à empêcher un tel pillage notamment par des pays étrangers, et elle ne lie pas l’octroi d’une aide à l’obtention d’un marché ou à l’achat de produits belges, a-t-il expliqué.
Les flamands divisés : De Gucht en faveur du périple du souverain à Kinshasa
Et les divisions se sont affichées ce week-end, après la sortie du chef de groupe des socialistes flamands à la Chambre, Dirk Van der Maelen, traditionnellement très critique envers la gestion des dirigeants congolais.
Le député SPA s’est dit carrément opposé à un déplacement du souverain dans l’ex-colonie belge dans l’état actuel des choses. Nous trouvons que nous ferions mieux d’attendre tant qu’il n’y a pas de garanties de bonne gouvernance au Congo, a-t-il dit dans une interview publiée samedi par le journal « De Standaard ».
Une visite royale est importante d’un point de vue symbolique et sera perçue par le régime comme une preuve que la Belgique est derrière le Président Joseph Kabila, a ajouté M. Van der Maelen, visiblement avec l’appui du président du SPA, Johan Vande Lanotte.
Ces propos ont suscité des réactions virulentes du ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (VLD), pourtant au départ lui aussi opposé à une visite du roi en RDC, et du député Philippe Monfils (MR), qui les ont qualifiés d’inacceptables. Le chef de la diplomatie a affirmé partager l’analyse sur le fait que les élections qui se sont déroulées depuis juillet dernier en RDC ne sont qu’un point de départ.
Il doit y avoir maintenant une bonne gouvernance, un gouvernement démocratique qui doit voir quelles mesures doivent être prises dans le secteur minier et en rapport avec les droits de l’homme, a souligné M. De Gucht. La question est de savoir comment arriver à cela, explique le ministre. Doit-on sans cesse critiquer comme M. Van der Maelen ou aller sur place comme moi?
Pour le ministre, si on va sur place, il faut donner un message juste. M. De Gucht s’est dit convaincu du grand impact qu’aurait une visite royale au Congo, s’alignant ainsi sur la position du Premier ministre Guy Verhofstadt qui semble décidé à assumer la responsabilité, politique d’un déplacement du souverain en l’accompagnant pour empocher les bénéfices de ce que le ministre de la Coopération au développement, Armand De Decker (MR), qualifie de plus grand succès diplomatique de la Belgique au cours des 25 dernières années.

M. Verhofstadt avait toutefois assuré vendredi qu’aucune décision n’avait été prise à propos d’une visite du roi au Congo, tout en exprimant l’espoir que M. Kabila vienne en Belgique avant ou après le sommet France-Afrique des 15 et 16 février à Cannes. Une visite d’Etat n’a lieu que sur invitation des autorités, et jusqu’à nouvel ordre il n’y a encore rien, avait-il expliqué à l’issue du Conseil des ministres hebdomadaires.
M. Monfils, qui préside la commission de la défense de la Chambre, a quant à lui jugé normal qu’après l’élection démocratique du Président (Kabila) et du Parlement congolais, le roi se rende dans ce pays pour contribuer a asseoir encore davantage cette jeune démocratie.: Le député libéral a également pris le contre-pied des socialistes flamands en se disant favorable à la proposition de M. De Decker (MR) de doubler l’aide bilatérale à la RDC, qui passerait de 75 millions d’euros en 2006 à 150 millions en 2008.
M. Van der Maelen a, dans la même interview au « Standaard », exprimé l’opposition du Spa à cette hausse rapide, affirmant qu’elle devait être graduelle et liée à une bonne gestion du pays. Les socialistes flamands estiment qu’il faut tirer les leçons du passé.
Nous avons injecté, entre 1960 et 1990, 260 milliards de francs belges dans le Congo et en 1990, le pays était dans les décombres. Je constate que les forces qui ont continué à soutenir (le dictateur) Mobutu en 1990 poussent aujourd’hui à nouveau à l’émission d’un cheque en blanc, a dit le chef de groupe Spa.
Du côté de l’opposition, le chef de groupe CD&V à la Chambre, Pieter De Crem, a affirmé qu’une visite royale était possible, mais pas encore pour le moment
(Th)
Le Palmarès
Last edited: 06/02/2007 15:13:37