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L’insécurité débordante à nouveau dans le secteur de l’enseignement universitaire a causé les perturbations des cours dans l’un des établissements les plus en vue à Kinshasa, en l’occurrence l’Institut supérieur des techniques appliquées. Des échauffourées ont été signalées vendredi dernier entre une partie des étudiants de l’Institut supérieur des techniques appliquées (Ista) et des éléments de la Police nationale congolaise (Pnc) en faction audit institut. Bilan : un policier blessé grièvement, quel­ques étudiants blessés légèrement et d’autres inter­pellés.

Vendredi 2 février dernier, soit quelques jours après les échauf­fourées de l’Université pédago­gique nationale (Upn) de Binza à Ngaliema, l’Institut supérieur des techniques appliquées (Ista/Ndolo) à Barumbu, a été à son tour frappé d’une paralysie des activités académiques. Si sur le campus universitaire de Binza le motif des altercations se trouvait ailleurs, à 1’Ista, ce sont les résultats de la deuxième session pour les étudiants de 2ème graduat électromécanique qui ont mis le feu aux poudres.

Bilan des affrontements entre ces étudiants assimilés aux ajournés et les éléments de la police en faction devant l’insti­tut : un policier blessé grave, quelques blessés légers parmi les étudiants et des arrestations pour certains d’entre eux.

Le malheur du sous commissaire adjoint du nom de Mbavu, selon son chef, est ar­rivé vers 10h00’ quand ses collègues ont obéi au mot de repli stratégique du site bouillonnant tel un cratère devant les étudiants en furie venus à bord des véhi­cules des privés pour punir les autorités académiques après leur échec. C’est en ce moment que Mbavu, s’affairant encore à manipuler du gaz, a reçu en pleine tête un projectile lancé de toute force par un « mushetuman » (désignation d’un étudiant de l’Ista) aux biceps de catcheur. Ecroulé dans un caniveau, il n’y a été récupéré par ses collègues qu’à la faveur des coups de feu nourris tirés en l’air. Ceux qui l’ont pris pour mort ont détalé comme des lapins, provoquant la désertion des auditoires. Les pre­miers soins lui ont été adminis­trés au Centre médical IRIS de l’hôtel Phoenix du quartier Bon-marché, situé non loin de l’Ista. L’après-midi, le sous-commis­saire a été conduit à l’hôpital gé­néral de Kinshasa. Son état se­rait hors du danger.

Punir les meneurs

Contacté par la presse au sortir de la réunion extraordinaire du conseil de gestion de l’insti­tut, le professeur Beta M. Moura, directeur général de l’Ista, a dé­ploré le comportement de ces 64 étudiants qui, par la force, tien­nent à s’ouvrir les portes d’une classe supérieure. Eux qui n’avaient pas eu des points dans le cours, de manipulation d’ate­lier et labo.

Donnant sa version offi­cielle des faits, le DG corroborant le commandant de la faction de la PNC installée devant l’Ista, a expliqué en ces termes : « Tout est parti dans la journée de jeudi 1er février quand une délégation de 64 étudiants ayant échoué en 2ème graduat  s’est présentée auprès du chef de section pour exiger leur délibération. Celui-ci les en­verra voir le président du jury. Ce dernier, pris au dépourvu, les retournera chez le chef de section. Un va-et-vient qui les a mis dans tous leurs états au point de promettre une descente punitive pour vendredi. Et ce, après avoir chassé les étu­diants des auditoires. Une pro­vocation à laquelle les autorités académiques n’avaient pas ­daigné répondre ».

Le directeur général a encore déploré un fait : « Nous avons toujours dénoncé les meneurs. La police a toujours fait son travail d’instruction préliminaire. Mais transférés aux parquets (surtout de la Tshangu), les meneurs retrouvent leur liberté. Du coup, ils nous reviennent ragaillardis en récidivistes ».

Revenant au récit des faits, le DG a fait savoir que ces étudiants malheureux ont mis à exécution leur menace. « Ils ont débarqué le matin à bord de camions des privés. Dans leur stratégie, il fallait s’en prendre aux policiers qui nous protè­gent avant de s’introduire dans l’enceinte de l’institut. Ce qu’ils ont fait effectivement, blessant un policier et provoquant la paralysie des cours. Les détonations d’armes étaient telles que personne ne pouvait se tenir tranquille dans les para­ges », ajouté le directeur gé­néral.

Un autre fait déplorable est que certains étudiants innocents en débandade ont été pris par des éléments de la police venus à la rescousse de leurs collègues comme des fauteurs de troubles.

(Yes)

Hilaire Kayembe/Le Potentiel

Last edited: 05/02/2007 17:09:11

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