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Remarquable baisse ce lundi de la tension qui a prévalu la semaine dernière autour des affrontements meurtriers survenus au Bas-Congo à la suite de la révolte des adeptes de Bundu dia Kongo. La vie reprend timidement dans certaines villes, notamment à Moanda et à Matadi. Ceci après les affrontements de mercredi et jeudi entre les adeptes de Bundu dia Kongo (BDK) et les forces de sécurité.

A Moanda, sur le littoral, les magasins sont ouverts. Mais l’école n’a pas encore repris selon des sources indépendantes. Les marchés ne connaissent pas leur affluence habituelle. L’armée reste déployée dans certains points stratégiques.

Le bilan s’est alourdi dans cette cité, avec la découverte de deux autres corps. Les morts ont été enterrés par leurs proches, affirment les mêmes sources.

A Boma, les corps sont encore à la morgue. Les activités ont repris, mais les policiers sont bien visibles dans la rue.

A Matadi, tout est revenu à la normale. Les activités commerciales, l’école ont repris. Les agents de la Fonction publique ont retrouvé le chemin du travail. Les marchés et les magasins sont ouverts.

Situation similaire à Kimpese, Luozi, Mbanza-Ngungu et à Kisantu. Dans ces cités, les adeptes de BDK sont dans leurs sièges.

A Tshela, les policiers sont encore visibles dans les rues. Un groupe de policiers a fait mouvement à Patu, à plus ou moins 70 kilomètres de Tshela. Dans cette dernière cité, nos sources rapportent que les adeptes de BDK ont ravi les armes des policiers. Mais dans la cité de Tshela, les activités ont repris.

Contacté, Mbadu Nsitu, gouverneur de la province du Bas-Congo a déclaré que tous les coupables doivent être sanctionnés. Il a lancé un appel au calme et à la paix sur l’ensemble de sa province.

Le PGR et l’Auditeur militaire du Bas-Congo en appellent à la sanction des coupables

Le Procureur général de la République et l’Auditeur général militaire ont, sur instructions du président Joseph Kabila, reçu mission de diligenter des enquêtes au Bas-Congo où des affrontements entre adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK) et forces de l’ordre ont fait, mercredi 31 janvier et jeudi 1er février 2007 dans quatre villes, 87 morts dont 6 policiers et 4 militaires.

Le bilan officiel fait état de 16 morts dont un militaire à Matadi, 26 parmi lesquels 2 policiers à Boma, 37 dont 3 PM et 4 policiers à Muanda (district du Bas-Fleuve) et de 8 morts à Songololo (Cataractes), a indiqué samedi à Kinshasa le ministre de l’Intérieur, au cours d’un point de presse.

« Après avoir écouté mon rapport », a révélé le général Denis Kalume rentré jeudi de Matadi, le chef de l’Etat a « décidé tout de suite » que le Procureur général de la République et l’Auditeur général militaire descendent sur les lieux pour établir les responsabilités et sanctionner les coupables.

Le ministre de l’Intérieur s’était entretenu dans la journée avec les autorités politico-militaires provinciales et certaines personnalités, pour s’informer sur les causes de ces événements tragiques.

Avant de quitter le chef-lieu du Bas-Congo, il a instruit le gouverneur Jacques Mbadu de mettre en place un mécanisme de concertation et une commission d’enquête et demandé aux chefs de la police provinciale de n’agir que sous la responsabilité et la coordination de l’autorité politico-administrative.

Le ministre de l’Intérieur a recommandé, par ailleurs, aux responsables de BDK d’éduquer leurs adeptes en matière de manifestation publique, un droit constitutionnel qui doit être exercé en respectant la procédure : faire la demande auprès de l’autorité territoriale, en indiquant la motivation et l’itinéraire. Cela permet aux forces de l’ordre d’encadrer la manifestation et de prévenir d’éventuels dérapages, a-t-il rappelé.

Le général Kalume a aussi appris, du gouverneur et des témoignages recueillis auprès de la population, qu’il a été remarqué depuis le lundi 29 janvier à Matadi des « présences suspectes, étrangères à la ville de Matadi ».

« C’est comme si c’était une action planifiée », s’est-il étonné en relevant que les manifestations de protestation se sont déroulées, de Kasangulu (district de la Lukaya) à Muanda (Bas-Fleuve) en passant par Songololo (Cataractes), « d’une manière simultanée. Partout, tout ce qui représentait l’Etat était attaqué », a-t-il souligné.

A Patu, où il y avait une unité en faction, le drapeau a été descendu par des inciviques. Mais, les policiers n’ont pas tiré. Ils ont été désarmés », a encore noté le ministre de l’Intérieur.

Interrogé sur le sort du chef spiritual de BDK, il a répondu que le gouvernement « ne vise personne. L’enquête va établir les responsabilités », en rappelant que « la loi est impersonnelle ».

« Pour le moment, ce ne sont que des hypothèses » qui vont être étayées par les enquêtes diligentées, a rassuré le ministre de l’Intérieur à propos de diverses allégations entendues autour de ces affrontements meurtriers.

Cependant, au-delà des informations dévoilées par le gouvernement, notamment celles indiquant que les policiers n’auraient été vus que munis de « leurs casques et matraques », les Congolais attendent avec curiosité de connaître l’identité de ceux qui ont tiré et tué les « 77 civils », celle des « présences suspectes » en provenance vraisemblablement de Kinshasa et de véritables commanditaires de ce que le ministre de l’Intérieur a mis dans le paquet des « manipulations de la population ».

La Belgique pour une enquête indépendante

La Belgique appelle les autorités congolaises à « mener une enquête indépendante sur la vérité de ce qui s’est passé » dans la province du Bas-Congo où la répression des manifestations organisées par le mouvement politico-religieux, Bundu dia Kongo, a provoque 87 morts, selon des sources officielles.

« Il est clair que le grand nombre de morts pose de sérieuses questions sur le comportement des forces de sécurité », déclare le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, dans un communiqué diffusé samedi soir à Bruxelles.

Le ministre, qui se dit « profondément préoccupé par le nombre des morts » survenus au cours de ces « troubles », appelle en outre les autorités congolaises à « persévérer dans l’actuel processus de démocratisation ».

Jeudi dernier, rappelle-t-on, des adeptes de Bundu dia Kongo ont manifesté dans plusieurs villes de cette province du Sud-Ouest de la RDC, pour protester contre, selon eux, la corruption lors de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs de province.

(Yes)

Angelo Mobateli/Le Palmarès/Le Potentiel/Apa

Last edited: 06/02/2007 15:23:52

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