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Des questions de fond méritent d’être posées au regard de la crise récurrente que ne cesse de soulever le phénomène Bundu dia Kongo avec la répétition de ses révoltes masquées de combat pour la démocratie. Les événements que venait de connaître la province du Bas-Congo doivent faire réfléchir. Mais, avant d’en dire quoi, ces événements doivent nous faire rougir, nous tous qui, à un niveau ou à un autre, avions refusé de voir venir le danger. Ce qui est arrivé le mercredi et le jeudi dernier n’est pas une grande première. Car, plus d’une fois on a entendu parler de Bundu dia Kongo, souvent non sans violence. Comme cela est devenu une coutume, on a tout politisé. On a exploité des vies humaines ainsi sacrifices pour un bénéfice politique. Il n’y a rien de plus cynique que telle attitude. Puisque hier, on a recouru à une victimisation sans condition des éléments de ce mouvement, on ne pouvait s’attendre à mieux, sinon au pire.

Comme on dit, pour rappeler un adage africain, « lorsqu’on supporte le pet d’un étourdit, il finit par croire que son pet n’a pas d’odeur ». Voilà où se trouvent les responsables de Bundu dia Kongo. Ce mouvement, Bundu dia Kongo, n’a jamais tenu compte de l’existence des autres. Il existe et tout doit se régler à son rythme. Malin, voire mesquin, contournant la réglementation officielle qui interdit la création des partis politiques sur des bases religieuses et tribales, Bundu dia Kongo se cache derrière un parti politique, le Mlc et un regroupement politique, l’UN. On n’a pas besoin de schéma compliqué pour comprendre cela. Ce n’est pas un fait de hasard si, quoi qui était arrivé au sujet du vote et des sénateurs et des gouverneurs. La contestation est venue de Bundu dia Kongo alors qu’on devrait l’attendre du Mlc ou de l’UN. Toujours conscients de la bêtise, les responsables de ce mouvement mysticopolitico-religieux n’osent même pas s’assumer. Ils parlent de la population. La où tous les témoins ont vu les adeptes de ce mouvement semer la terreur en défiant les agents de l’ordre. Rien n’est fait au hasard.

Pour les dirigeants de Bundu dia Kongo, leur mouvement représente toute la population du Bas-Congo. Lorsque son leader s’enrhume, c’est toute la population du Bas-Congo qui doit se mettre à tousser. En termes clairs, pour parler comme sous la sinistre célèbre deuxième République, le Bundu dia Kongo, c’est la province du Bas-Congo organisée, non seulement politiquement, mais aussi religieusement et culturellement. Quiconque oserait rappeler le BDK à l’ordre, lui faire la moindre critique, est candidat à la violence.

Ainsi, même l’autorité locale, voire nationale, doit se taire devant cette dérive politicomystico-religieuse. Comble d’ironie, les responsables de BDK ont un discours sur la démocratie. Mais juste, ils se servent de la démocratie pour poignarder la démocratie. C’est ainsi que le BDK évoque les libertés démocratiques, les dispositions de la Constitution, pour semer l’intolérance et la violence. Ces deux antivaleurs sont ni moins ni plus une négation de la démocratie. La légèreté avec laquelle ce mouvement traite des questions aussi sérieuses engageant la vie des populations entières, doit interpeller tout le monde. On a entendu des personnalités de la province exiger une enquête pour élucider les circonstances dans lesquelles ces événements se sont produits. Tel discours n’est pas de nature à résoudre le vrai problème qui se pose.

Car, on n’a pas besoin d’enquête pour savoir d’où est venue la violence. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est de condamner avec la dernière énergie la légèreté avec laquelle on expose la province à la violence gratuite. Si on use de la complaisance encore une fois, on devra s’attendre au pire. Nous avons souvent mauvaise langue.

L’Avenir

Last edited: 03/02/2007 14:21:26

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