Le Bas-Congo a offert deux jours durant le spectacle d’affrontements meurtriers entre la police et les adeptes de la secte mystico-politico-religieuse Bundu dia Kongo révoltés de l’échec électoral de leurs candidats gouverneur et vice-gouverneur de province.

Sept personnes dont 4 policiers et deux militaires des FARDC (Forces armées de la République Démocratique du Congo) et un technicien de la SNEL (Société nationale d’électricité) ont été tués au Bas-Congo, dont un policier décapité à Boma où la situation était très violente, a déclaré le ministre de l’Intérieur, de la décentralisation et sécurité, Denis Kalume Numbi à son retour jeudi de Matadi (Sud-Ouest de Kinshasa). Le Président de la République, Joseph Kabila, a tenu à dépêcher sur place le général-major Kalume au vu de la situation déplorable créée par des affrontements de mercredi et jeudi entre des éléments de la secte politico-religieuse « Bundu Dia Kongo » de Muanda Nsiemi et les forces de l’ordre.
Les faits
M. Fuka Unzola (MLC) et un candidat de Bundu Dia Kongo qui n’avaient pas gagné aux dernières élections des gouverneurs avaient introduit un recours en annulation qui devait être examiné jeudi. Mais les « perdants » ont décrété, selon le ministre de l’Intérieur, des journées ville-morte lundi, mardi, mercredi et jeudi, mot d’ordre qui n’ avait pas été suivi. La population de Matadi a travaillé normalement.
Mercredi, on a constaté une concentration des adeptes de Bundu Dia Kongo, chez une autorité. Il a été ordonné la perquisition de la maison qui faisait état de la présence d’armes à feu et blanches. La police qui est descendue sur les lieux a fait face à une résistance, avant de lancer des grenades lacrymogènes. Elle a enregistré un mort dans cette opération. Jusque jeudi, des barricades ont été érigées jusqu’à Kasangulu et Songololo.
A Boma, la situation était très violente. Des inciviques se sont jetés sur un commandant de la police, alors que d’autres ont attaqué des bâtiments de l’Etat. A Moanda, des policiers sont tombés. Certaines sources parlent de 26 morts à Boma.
Des dispositions pour amener le calme

Le ministre de l’Intérieur, de la décentralisation et sécurité qui s’est rendu à Matadi jeudi, a amené un message de paix du Chef de l’Etat, Joseph Kabila. Le ministre a conseillé, au cours d’une rencontre entre des autorités administratives et des représentants de Bundu Dia Kongo, aux uns et aux autres de se présenter au niveau des élections locales, si réellement ils sont sur le terrain, en vue d’un développement des entités de base. Désormais, le gouverneur devra encadrer les gens et des revendications devront respecter la loi en matière de manifestations publiques. En outre, la police devra travailler en collaboration avec les autorités du gouvernement. Selon certaines informations, il y aurait eu des éléments infiltrés qui n’habitent pas Matadi.
Paralysie des activités jeudi à Matadi, Boma et Muanda
Les affrontements qui ont opposé la nuit de mercredi à jeudi les éléments de la Police nationale congolaise aux adeptes de Bundu Dia Kongo (BDK) dans le quartier Buima, commune de Matadi, ont fait 2 morts dont 1 enfant de 15 ans. Selon certaines indications fournies aux correspondants de l’ACP au Bas-Congo, un groupe de policiers chargés par un chef non encore identifié de perquisitionner la résidence temporaire de l’honorable Ne Muanda Nsemi, chef spirituel de la secte politico-religieuse BDK et candidat malheureux au vice-gouvernorat du Bas-Congo, pour vérifier la présence des armes, est tombé dans une embuscade des adeptes de BDK assurant la garde de leur chef. Ceux-ci ont poursuivi sur une distance d’environ deux Km les policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène et d’armes à feu pour se débarrasser des « Makesa » de BDK.
La situation demeure toujours tendue à Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo, à Boma et à Muanda où les adeptes de BDK ont projeté des marches de protestation. A Muanda, au littoral, les échauffourées entre policiers et « Makesa » auraient occasionné 2 morts tandis qu’à Boma, le BDK avait bloqué la ville jusque 11 h avant que l’armée n’en prenne le contrôle. On enregistrerait dans cette ville 4 morts dont 2 policiers et 2 civils.
Aucune activité économique ou autre n’a fonctionné dans ces villes de Matadi, Boma et Muanda. Tout était paralysé, le port, les boutiques et marchés ont été fermés, le transport en commun inopérationnel, obligeant les travailleurs et autres à garder leurs résidences. Selon une radio de Muanda, quatre policiers et plusieurs civils auraient troué la mort dans ces affrontements dans la ville côtière. L’impossibilité d’atteindre les endroits indiqués n’a pas permis d’établir un bilan de ces échauffourées.

Le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Denis Kalume Numbi, a effectué une visite jeudi dans le Bas-Congo pour se rendre compte de la situation prévalant dans cette partie de la République. On se souviendra que l’Union pour la nation (UN) avait exprimé son rejet du résultat rendu public par la Commission électorale indépendante (CEI)/Bas-Congo à l’issue du scrutin qui avait opposé le duo Mbatshi Batshia Déo Nkusu (Indépendant) au couple Fuka Unzola – Ne Muanda Nsemi (UN).
Pour le conseiller juridique de l’UN, Me Zakay, la majorité absolue n’aurait pas été atteinte et un second tour de scrutin s’avérait indispensable pour départager les deux camps. Sur 29 votants, le couple Mbatshi – Nkusu a remporté 15 voix contre 14 au duo Fuka Unzola – Ne Muanda Nsemi.
L’année dernière, des affrontements à Matadi, Muanda, Boma, Khanzi, Songololo, entre les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et BDK avaient fait plusieurs morts. Le BDK réclame une gestion transparente de la province du Bas-Congo, la direction des affaires aux fils Ne Kongo et le redressement des moeurs et la lutte contre les anti-valeurs.
(Yes)Acp
Last edited: 02/02/2007 15:19:05