Le délai pour la formation du gouvernement se prolonge au comble de l’énervement populaire redouté imminent. Des voix s’élèvent pour que le Président et le Premier ministre n’abusent pas du temps de l’état de grâce.

Les tractations politiques à l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) se poursuivent dans un climat tendu qui frôlerait, à en croire certains bonzes de la plate- forme présidentielle, une dégénérescence de la situation politique. A côté des retardataires qui hésitent de passer leurs listes sous les lunettes tamiseuses du Premier ministre Antoine Gizenga, les rangs des mécontents se rallongent chaque jour qui passe.
Avant-hier, c’était le chef de l’Etat lui- même qui a retiré sa liste de la primature parce que courroucé par les exigences toujours renouvelées d’Antoine Gizenga. Hier dans la soirée, c’est Mbusa Nyamuisi, le leader du RCD/KML, qui a monté les enchères en exprimant, à travers le porte-parole de son parti, l’honorable Gyaviro, son désaveu de participer au prochain gouvernement. Cette grosse pointure de l’AMP estime que ses desiderata n’ont pas été pris en compte ni au niveau du gouvernement ni au niveau de l’Assemblée. On est donc loin de sortir du labyrinthe parce que derrière Mbusa Nyamuisi, se profilent aussi d’autres mécontents parmi les gabarits de l’AMP et prêts à plier bagage.
Entre temps dans l’opinion, l’heure est à l’énervement et l’impatience. Un doute commence même à planer quant à la capacité des dirigeants élus à gérer les affaires de l’Etat s’ils sont incapables de gérer leurs propres ambitions quarente-neuf jours après l’investiture du chef de l’Etat.
D’où vient le couac ?
Des sources bien introduites révèlent que la difficulté qui bloque la formation du gouvernement provient non seulement de la gestion des ambitions des alliés mais aussi de l’entourage du chef de l’Etat et des exigences de la communauté internationale qui a financé le processus électoral. La plupart d’alliés qui se disent frustrés de recevoir des injonctions au lieu d’être traités comme des partenaires, se livrent
A une bataille pour la satisfaction des intérêts personnels sans tenir compte de leurs profils pour l’efficacité et le crédit du futur gouvernement. En outre, la méthodologie de travail au cabinet du chef de l’Etat ne semble pas inspirer confiance à la Primature. Avec la détermination de Joseph Kabila à gouverner autrement et à combattre la corruption, nombre de membres de son cabinet n’ont plus le coeur à l’ouvrage et se considèrent comme parmi les chevaux non partants; C’est la raison pour laquelle ces collaborateurs du chef de l’Etat dont la plupart ont été élus, soit députés, soit sénateurs, se livrent à la poursuite de petits intérêts en cherchant à poster des gens par qui ils peuvent trouver leur compte.
En effet, la technicité et la compétence sont sacrifiées alors qu’elles sont parmi les exigences normales de la communauté internationale qui a financé le processus électoral et promet encore de soutenir les institutions élues dans le processus du développement de la 3ème République. Les partenaires internationaux au développement qui sont disposés à assister le gouvernement Gizenga ne peuvent, sans doute plus accepter que leur argent soit déversé dans les mains inexpertes et gérés par des gens corrompus, trempés dans les détournements des finances publiques et le pillages des ressources du pays. Force est de constater que la présence dans le gouvernement des personnalités corrompues et citées dans les différents rapports de référence sur la corruption, ne pourra que jeter du discrédit sur cette institution qui aura pourtant besoin de beaucoup de confiance. C’est pourquoi d’ailleurs qu’une certaine opinion estime qu’il faudra mettre en place un Comité international d’accompagnement bis ( CIAT/Bis ) pour essayer d’encadrer les gestionnaires du gouvernement.
( Ern.)Rex Yakorum/La Référence Plus