A quand la sortie du premier gouvernement de la troisième République? Tout le monde s’interroge à ce sujet car, l’attente se fait de plus en plus longue. Dans la presse, on parle d’un blocage au niveau de la hiérarchie. Selon certaines informations, les violons ne s’accorderaient pas entre le premier ministre A. Gizenga et le président de la République, Joseph Kabila sur la composition de ce gouvernement. Journaliste spécialiste en questions politiques sur la RDC au quotidien belge Le Soir, Collecte Braeckman, a livré ses impressions à ce sujet.

Mme Braeckman pense que la composition d’un gouvernement de coalition est le premier test de crédibilité de la troisième République. « C’est une nouvelle période qui s’ouvre en RDC ».  Un tel exercice a toujours été difficile et compliqué affirme la journaliste belge. Evoquant le cas de son pays la Belgique, elle soutient que la constitution de ce type de gouvernement peut prendre des semaines. Il s’agit d’un gouvernement, rappelle-t-elle, pour lequel les différents partis politiques désignent les candidats et les postes qu’ils souhaitent. Généralement, avoue Collette Braeckman, l’accouchement est long, mais une fois que c’est fait, il en ressort un gouvernement assez solide pendant toute la législature. Elle  soutient donc ne pas être du tout étonnée du temps que la formation de ce gouvernement en RDC prend, mais en même temps, elle comprend les attentes de la population.

Au sujet des élections sénatoriales de vendredi dernier, Mme Braeckman insiste sur la différence entre le suffrage universel direct et indirect. Dans le premier cas, le peuple choisit lui-même ses dirigeants. Ainsi, comme on l’a vu, trop peu de congolais ont porté leur choix sur les dinosaures de la deuxième République. Cependant, pour le cas du suffrage indirect, les choses se sont passées autrement. Les anciens sont revenus sur la scène.  « Je crois qu’on a mis un peu d’huile dans les rouages pour que les fenêtres s’ouvrent un peu plus facilement,  affirme-t-elle.

Par rapport au score réalisé par les femmes lors des élections dernières, la journaliste belge pense que la parité est encore un idéal à atteindre et non une réalité en RDC. En inscrivant ce principe, croit- elle, les femmes ont mis les pieds à la porte. Et d’ ajouter que cette porte n’est qu’à peine entrouverte. Prenant toujours le cas de la Belgique, elle affirme que la première fois qu’on a voté, il y a eu très peu de femmes. Au début, soutient Braeckman, elles-mêmes ne votaient généralement pas pour leurs collègues. Avec le temps, la situation à évolué. Aujourd’hui, les femmes belges votent pour leurs collègues de même sexe si elles en ont envie et même les hommes votent pour les femmes. En RDC, il faudra  encore plusieurs élections pour que la porte s’ouvre tout à fait et que le principe de la parité devienne une réalité.

(Ern.)

Elyse Odiekila/La Référence Plus