La corruption qui a émaillé l’élection des sénateurs suscite une réaction patriotique dans les rédactions des journaux parus ce mercredi. Tous s’insurgent contre cette pratique décriée particulièrement au moment où l’opinion voudrait voir se matérialiser la mise en garde du chef de l’Etat en rapport avec la fin de la récréation.

LE PHARE tire les leçons des sénatoriales et titre à la Une que « La vraie recréation a commencé ». Le journal de Polydor Muboyayi affirme que des cas avérés de corruption des députés provinciaux sans foi ni morale ont été enregistrés aussi bien à Kinshasa, Matadi, Bandundu, Mbandaka, Kananga, Mbuji-Mayi, Lubumbashi, Kindu, Kisangani, Bukavu qu’à Goma. Argent, motos, vaches, groupes électrogènes, chèvres, boissons ont circulé à tel point que certains dons ont provoqué des scandales publics. Quel avenir pour le pays, se demande le confrère, avec un Sénat dont la majorité des membres élus ont gagné les suffrages indirects en usant des moyens malhonnêtes ?
Pour d’aucuns, Poursuit t-il, le Sénat en gestation a inauguré la vraie recréation, à l’opposé de la mise en garde du chef de l’Etat, telle exprimée dans son discours d’investiture.
Malgré les sénatoriales, soutient L’AVENIR, « Amp, Palu et Udemo toujours unis pour un Congo fort ». Pour ce journal, l’élection au second tour des sénateurs n’est pas une mesure d’évaluation du poids politique et des leaders et des formations politiques.
En plus de cela, selon des témoins contactés par la rédaction de ce quotidien, les sénatoriales ont fait l’affaire des anciens mobutistes qui ont puisé dans leurs réserves pour soudoyer les députés provinciaux. Pour éviter cette situation dans l’avenir, Thambwe Mwamba propose l’élection des sénateurs aux suffrages universels directs.
Bref, les sénatoriales n’ont donc aucun impact sur l’accords signés entre l’Amp, l’Udemo et le Palu, estime l’avenir, qui signale toutefois que le leader du Rcd-K-ML, Mbusa Nyamuisi ne participera pas personnellement au gouvernement Gizenga, mais y sera représenté.
A propos du non participation de Mbusa Nyamuisi dans le gouvernement en gestation, FORUM DES AS en donne les raisons.
Dans un article intitulé : « Gouvernement : José Endundo et Mbusa font problème », le confrère de l’avenue Tombalbaye rapporte que Antipas Mbusa rejetterait le poste ministériel qu’on lui attribue ( Intégration régionale ou Environnement) alors qu’il attendait un ministère de souveraineté, c-à-d la Défense nationale ou les Affaires étrangères, pour le travail abattu à l’Est du pays en vue de la victoire de J. Kabila à la présidence de la République.
Dans la même livraison FORUM DES AS, signale qu’après Yerodia et She Okitundu, « Mabi et Futa entrent dans la bataille pour la présidence du Sénat ». Le confrère affirme qu’au regard de l’importance du poste, il va sans dire que l’arbitrage de Joseph Kabila, chef de la Majorité, est très attendu.
Tout en notant que la tâche n’est pas facile, le confrère souligne que le centre est toujours dépourvu d’un chef de corps constitué alors que l’Est est représenté à l’Assemblée nationale et l’Ouest par le Premier ministre. Du point de vue de ce journal, She Okitundu, Philippe Futa et Mabi Mulumba paraissent en situation de représenter le centre.
Le mécontentement qui s’observe dans les rangs de l’AMP incite LA REFERENCE PLUS à se demander si « Kabila et Gizenga ont entamé l’Etat de grâce ». La consœur relève que 49 jours après l’investiture du chef de l’Etat, le gouvernement Gizenga se fait attendre. Dans les tractations, les rangs des mécontents se rallongent. Mbusa Nyamuisi monte les enchères et se retire. Ce journal suggère si les violons entre les bonzes de l’Amp ne s’accordent pas, que Kabila nomme un nouveau cabinet et Gizenga à former le gouvernement par paliers pour ne pas abuser de ce temps de grâce.
UHURU voit déjà l’AMP et l’UN dans la bagarre pour le contrôle des provinces. En filigrane de cet enjeu politique imminent, se greffe , selon le confrère, un nouvel affrontement entre la majorité présidentielle et l’Union pour la Nation. Les deux plates-formes vont à nouveau en découdre pour chercher à contrôler un maximum des provinces sur les 26 que va compter la IIIème République. Ce journal émet le souhait de voir les députés provinciaux placer l’intérêt supérieur de la Nation en premier lieu en élisant des personnalités capables d’insuffler la dynamique de développement dans les entités de base.
T.N/MMC
Last edited: 24/01/2007 13:47:22