Ces troubles, ont débuté il y a deux semaines. Le tout tournerait autour d’une querelle de leadership entre gros biceps. L’intervention de la police a ramené le calme, sans apaiser les esprits et mettre un terme aux rivalités.
Le volcan du gangsterisme urbain est de nouveau entré en ébullition hier à Matete. En effet, sous la pluie battante de dimanche matin, des marginaux en furie brandissant des couteaux, des tessons de bouteilles et des barres de fer, ont fait trembler les deux quartiers les plus chauds de cette commune. Des piétons brutalisés, des bars et des boutiques mis à sac, des véhicules caillassés, ces scènes de violence ont suscité l’indignation générale de paisibles citoyens, incapables de retrouver leur quiétude depuis bientôt deux semaines. Aussitôt alertées, des équipes d’intervention de la police se sont déployées dans ce secteur sans parvenir à mettre la main ne serait-ce sur l’un des « belligérants ».
Après un relatif retour au calme, les troubles ont curieusement repris, vers 15h 45’ derrière l’église kimbanguiste, non loin du camp Vitamine. Fulminant de colère, des délinquants ont tout saccagé sur leur passage, au point que les rues des quartiers Ngilima et Nkunda étaient toutes désertes. Matete ressemblait hier à une citée morte. On rappelle que samedi 20 janvier, les écuries Sekayi Mama de Ngilima et Boa ya mayi de Kunda s’étaient livrées une guerre impitoyable.
Vaines promesses d’un retour à la paix
Ces troubles, avons-nous appris, ont débuté il y a deux semaines. Le tout tournerait autour d’une querelle de leadership entre gros biceps. L’intervention de la police a ramené le calme, sans apaiser les esprits et mettre un terme aux rivalités. Le bourgmestre de Matete, qui s’est investi corps et âme dans la recherche de la paix, n’a récolté que des promesses fallacieuses de réconciliation. Pourtant, la guerre ouverte entre délinquants avait abouti à une sorte de cessez-le-feu provisoire.
Mais une mèche allumée la semaine passée a rallumé le feu entre les partisans de Sekayi Mama et Boa ya mayi. Le bar Mananga de Ngilima et une terrasse de Kunda I n° 4/A étaient sauvagement pillés. Le jour des affrontements, on a vu les délinquants emporter des casiers des boissons des chaises et de tables en plastique, ainsi que d’autres biens des particuliers.
Au lendemain de ces incidents, un calme précaire a régné à Matete. Des groupes des « sportifs » sont passés sur des chaînes de télévision pour exprimer leur volonté de paix. Promesses fallacieuses qui semblent avoir endormi même le gouverneur de la ville, l’amiral Liwanga.
En l’espace d’un matin, les têtes d’affiche de ces marginaux aux surnoms de guerriers tels que Patou Matema, Black, Taureau, Ozi, Eafa, Ajé et autres réunissaient leurs troupes et lançaient de nouvelles attaques sur les bas des adversaires. Ce qui a fait dire à certains observateurs que Matete est construit sur un volcan en ébullition.
Au vu de l’insécurité qui prévaut dans cette municipalité, les observateurs s’interrogent sur la capacité de l’Etat à venir à bout du phénomène « Colbert », A force de leur donner impression que l’autorité publique est morte, les semeurs de troubles se sentent pousser des ailes.
(Ern.)J.A.T./Le Phare
Last edited: 23/01/2007 14:09:58