Parmi les commentaires fusant en tous sens sur le retard que prend la publication de l’équipe gouvernementale, d’aucuns avancent que la faute revient à certains partis politiques avérés trop exigeants sur la répartition des ministères.

La publication du premier gouvernement de la troisième République continue de tarauder l’esprit des congolais qui ne cessent de s’interroger sur les raisons du blocage. Le week-end dernier, leurs espérances ont été une nouvelle fois sapées, la primature étant restée motus et bouche cousue.
Alors que tous les signaux indiquaient l’imminence de la sortie du gouvernement attendu en fin de semaine, les congolais sont restés sur leur soif obligés malgré eux, de prolonger leur suspens. Qu’est-ce qui se passe? Pourquoi les choses traînent-elles ? Qui bloque le mécanisme ? Autant d’interrogations qui hantent désormais l’imaginaire collectif sur fond d’appréhensions sur l’avenir politique immédiat du pays.
Dans les milieux concernés, on continue à développer la langue de bois versant dans une rétention volontaire de l’information. A la primature, les journalistes accrédités n’ont accès qu’à des bribes d’informations sans trop des précisions sur la date de la publication du gouvernement, encore moins sur les noms des éventuels ministres. Tout est verrouillé au niveau du président de la République et de son premier ministre qui, apprend t-on, entretiennent des échanges fréquents et réguliers sur cette question.
Néanmoins, des sources proches de la primature, il ressort que le premier ministre qui a effectivement achevé la phase importante de ses consultations, a transmis au chef de l’Etat les listes contenant la charpente du gouvernement assortie de la répartition des Ministères selon les regroupements et partis politiques membres de l’Alliance pour la majorité présidentielle et alliés. Plus concrètement, après la présentation de la structure gouvernementale dans sa configuration, il avait été question de procéder à la répartition des postes à concéder à chaque partis et regroupements politiques affiliés à la majorité présidentielle.
D’après certaines indiscrétions, les violons ont pris du temps pour s’accorder rien qu’à ce niveau chacun préférant gérer un Ministère juteux et important sous des prismes gardés secrets. Le débat puéril et sans panache portant sur l’importance des Ministères a vite ressurgi dans les esprits donnant l’illusion que tous les Ministères ne se valent pas.
Or, justement tout dépendra de la qualité des hommes pour donner un contenu réel aux ministères qui leur seront octroyés dans le but d’accroître leur efficacité. Car, un Ministère quelle que soit son envergure, dépend de son animateur et de ce qu’il justifie comme compétence. Les uns et les autres ont fini par mettre un bémol à leurs revendications en acquiescant à la répartition ainsi faite.
De sorte qu’actuellement, la balle se trouve au niveau des Partis et regroupements politiques membres de la majorité lesquels doivent procéder dans l’urgence à la sélection des candidats aux fins d’arrêter une liste définitive à renvoyer au premier ministre qui, à son tour, la transmettra, après dernier examen, au chef de l’Etat pour aval préalable avant publication.
Des sources de la primature, cet exercice pourrait prendre du temps pouvant aller jusque fin janvier au regard des ambitions à gérer dans la plate-forme. Et quand bien même ces listes seront transmises au premier ministre, l’épilogue de la formation du gouvernement sera encore loin d’être dit. Car, en définitive, il appartiendra à Antoine Gizenga en tant que formateur du gouvernement d’émettre la dernière appréciation sur les hommes et les femmes lui proposés sur base des critères de compétence, d’intégrité et d’honorabilité qu’il s’est fixés.
Connaissant la rigueur du Palu qui n’entend pas marchander les postes, il est fort probable qu’il soit amené à récuser certains choix au regard des contentieux juridiques qui planent sur eux. Là-dessus, Antoine Gizenga reste formel. Son intransigeance, de l’avis de certaines sources contactées, est aussi un motif de blocage.
Le premier ministre, révèle t-on, n’émettrait pas sur la même longueur d’onde que certains cadres de l’AMP. Est-ce à dire que les candidats frustrés ont érigé un front commun pour lui barrer la route en torpillant son action ? Possible. Est-il que le personnage Gizenga constitue pour nombre des acteurs politiques un réel épouvantail au regard de sa rigueur et de sa constance.
En outre, le fait qu’il ait été exigé d’apposer deux noms sur chaque Ministère compliquent davantage l’équation au niveau des groupements et partis politiques obligés de tailler dans le mile pour trouver les oiseaux rares. Cette procédure expérimentale sans doute pour les acteurs politiques congolais habitués aux choix uninominaux et préétablis dans la gestion des ambitions ne devrait aucunement poser problème lorsqu’on sait que les Ministres sont secondés par des vice-ministres. “ Tout dépendra du quota alloués à chaque parti politique et de la manière dont il entend s’y prendre “, commente un acteur politique sous le sceau de l’anonymat. La difficulté qu’éprouve le patriarche à constituer son équipe est sans doute prélude aux soubresauts qui vont caractériser son mandat politique parti sur des bases plutôt factieuses. L’avenir nous le dira.
(Th)AD./Martin Kilabi/Uhuru