Signe des temps ? Un pasteur fondateur d’une communauté religieuse en activités depuis une vingtaine d’années dans la commune de Kimbanseke à Kinshasa a décidé de mettre un terme au service de son Eglise.
Un pasteur a décidé de mettre un terme aux activités de son église dans la commune de Kimbanseke. Œuvre qu’il a commencée depuis bientôt 20 ans. Il a consacré une bonne partie de sa vie à cette action. Et il est dit de lui un des pionniers du mouvement de réveil dans cette partie de la capitale.
Grande a été la surprise pour une dizaine de chrétiens fidèles au pasteur d’apprendre de la bouche de leur propre père spirituel ces mots : « Chers frères et sœurs dans le Seigneur, je vous annonce de ne pas venir dimanche prochain, ni dimanche en huit. Bref ne venez plus ici. Vous pouvez prier dans les églises sœurs de votre choix. Je vous remercie pour votre fidélité au Seigneur… Je compte m’organiser autrement ». Et le jour suivant, le pasteur passait de la parole aux actes. Les fidèles ont constaté que certains matériels achetés grâce à leurs offrandes – dont les tôles servant de toiture à l’église – ont été récupérés par le serviteur de Dieu pour aménager sa petite boutique ; les activités religieuses n’étant plus rentables.
Abordé par Le Potentiel, un fidèle raconte : « notre berger figure parmi les pionniers du mouvement de réveil dans notre capitale. Vers la fin des années 80 et début 90, l’église comptait une centaine des membres. Certains sont devenus des ministres de Dieu et d’autres ont émigré vers le Nord. Pendant cette période de gloire, plusieurs démons ont été chassés et plusieurs âmes ont été sauvées sans oublier des miracles qui accompagnaient l’homme de Dieu… ».
Une affaire de jalousie
C’est seulement après l’année 2000 que l’Eglise a commencé à régresser jusqu’à ne contenir à peine qu’une quinzaine de membres. Le pasteur a été contraint à l’exercice de petits boulots, comme le change de monnaie (cambiste) ou l’entretien de sa cabine téléphonique pour nouer les deux bouts du mois. Pour un jeune frère en Christ, la faillite de l’église était prévisible à cause de la jalousie de l’épouse du pasteur. « Vous connaissez le rôle des femmes dans nos églises de réveil. Ce sont elles qui ont plus de problèmes qui nécessitent la visite auprès du pasteur. Toutes ces visites étaient très mal perçues par l’épouse du pasteur qui ne voulait pas voir les sœurs s’approcher de son mari. A son tour, le bon berger ne voulait pas voir les jeunes choristes mâles à coté de sa dulcinée. Dans ces conditions, il est difficile que les fidèles puissent facilement délier le cordon de leur bourse pour offrir leurs dîmes au pasteur ».
Malgré tout ce qui se raconte, le pasteur est serein. Il se veut réaliste, car les œuvres parlent d’elles-mêmes. Beaucoup de ses disciples affirment qu’il a eu à faire son temps. Comme le dirait un grand de ce pays, finie donc la récréation pour ces opportunistes qui ont transformé leurs églises en boutiques de commerce.
(Yes)Godefroid Ngamys/Le Potentiel
Last edited: 22/01/2007 17:55:13