L’élection sénatoriale et les conséquences que ses résultats entraînent sur l’échiquier politique congolais suscitent divers commentaires dans les colonnes des titres de presse parus ce lundi.
LE PALMARES affiche en avant-titre de sa manchette que le camp présidentiel a le vent en poupe. Pour ce confrère, « J. Kabila est en passe de contrôler toutes les institutions ». En effet, écrit le journal de Michel Ladi Luya, la dernière élection au Sénat confère une fois de plus la majorité à l’AMP. C’est dire qu’une personnalité issue du camp présidentiel pourra être désignée président de cette institution.
Mais, des mobutistes aux dents longues comme JP Bemba et Kengo wa Dondo, ne l’entendent pas de cette oreille et promettent de renverser la vapeur.
Le confrère signale que la liste des sénateurs sera déposée ce lundi à la Cour suprême de justice tandis que la première session du Sénat est prévue le 3 février prochain et l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs, le 27 janvier prochain.
UHURU annonce qu’à l’issue des élections sénatoriales, l’AMP a gagné une nouvelle majorité. Sur 1.127 candidats qui se sont retrouvés sur la ligne de départ, 108 seulement ont été signalés à l’arrivée pour briguer les sièges requis au Sénat.
L’AMP s’arroge une nouvelle fois la majorité des sièges au Sénat. Ceci, estime UHURU, accroît inévitablement l’aura de la majorité présidentielle qui entend se ménager les atouts nécessaires afin de gouverner aisément en vue de réaliser sans accrocs son projet de société.
L’AMP s’affirme donc comme la première force politique du pays en dominant largement l’Assemblée nationale, le Sénat et en contrôlant 7 des 11 assemblées provinciales du pays. L’AVENIR affirme que Yerodia présidera le Bureau provisoire du Sénat. Les plus jeunes, Bijoux Goya Kienge, indépendant ainsi que André Kakwata Nguza, indépendant, occuperont le poste de secrétaire. La gestion du Bureau provisoire, soutient le journal de Pius Muabilu, n’empêchera pas le Pprd Yerodia de briguer la présidence du Bureau définitif.
A moins que la Cour suprême de justice apporte une nouvelle donne, Yerodia sera bientôt devant le choix entre son poste de vice-président de la République (où il expédie les affaires courantes) et celui de président du Bureau provisoire en sa qualité de doyen des sénateurs.
« Gizenga : 23 jours sans gouvernement », titre en manchette LE POTENTIEL dans sa livraison de ce lundi. Le confrère rapporte que si les résultats provisoires des sénatoriales sont connus, rien de la publication du gouvernement. Et pourtant, l’on voulait d’un « grand week-end politique ».
Malheureusement, l’attente se fait de plus en plus longue au risque d’entretenir des spéculations des plus désagréables et d’engendrer des inquiétudes. Voilà, au fait, 23 jours que la population congolaise attend le gouvernement de Antoine Gizenga.
Entre-temps, note LE POTENTIEL, il y a « un vide étatique » qui suscite déjà plusieurs interrogations. Certes, il existe bel et bien un gouvernement qui expédient les affaires courantes. Mais quand on connaît les prouesses de ce même gouvernement, qui n’a plus le cœur à l’ouvrage, à favoriser des situations conflictuelles dans différents secteurs de la vie nationale, aucun partenaire extérieur ne peut lui faire confiance.
Sous le titre : « Gizenga fragilisé », LE PHARE note qu’à la lumière des scores réalisés par les partis et regroupements politiques, le Pprd et le Mlc confirment leur leadership sur l’échiquier politique congolais. Deux partis ont déçus les attentes : il s’agit du Palu d’Antoine Gizenga et l’Udemo de Nzanga Mobutu.
Du coup, des interrogations commencent à gagner les esprits au sujet du véritable poids politique du Chef du gouvernement. Pour d’aucuns, note le confrère, le Palu est en train de confirmer son statut de parti local, dont la base réelle est limitée à Kinshasa. Car le Bandundu, présumé son fief naturel, ne lui a apporté aucun sénateur.
Ce mauvais score du Palu permet de comprendre toutes les difficultés qu’éprouve le patriarche à gérer les ambitions des partis de l’AMP qui revendiquent autant sinon plus de députés et sénateur que le Palu. Antoine Gizenga est de plus en plus perçu comme un leader politique fragile et n’eut été la contrainte dans laquelle se trouve emprisonné Joseph Kabila quant au respect de l’accord de partenariat passé avec le Palu, on aurait assisté déjà à la remise en question de son titre.
T.N/MMC
Last edited: 22/01/2007 13:49:07