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Bonjour | 07/08/2008 22:27 | English Make DC Home page | RSS feed

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Les chefs d’Etat des deux Congo ont pris part à la cérémonie d’inhumation de l’Archevêque de Kinshasa le Cardinal Frédéric Etsou, décédé le 6 janvier en Belgique. C’était au cours d’une cérémonie émouvante présidée par l’Evêque de Douala (Cameroun) le Cardinal Christian Toumi, dépêché pour la circonstance à Kinshasa par le Pape Benoît XVI. Le Président de la Rdc Joseph Kabila ainsi que son homologue du  Congo - Brazza Denis Sassou N’guesso ont assisté lundi à la Cathédrale Notre- Dame du Congo dans la commune de Lingwala à Kinshasa, aux obsèques du Cardinal Etsou décédé le 6 janvier dernier aux Cliniques universitaires de Leuwen en Belgique. L’office religieux précédant l’inhumation de l’illustre disparu a été présidé par le Cardinal Christian Toumi, Archevêque de Douala au Cameroun. Le prestigieux prélat était le missi dominici du Pape Benoît, que la mort de l’Archevêque de Kinshasa avait consterné.  

Le Président Sassou, qui est arrivé à Kinshasa dans la matinée peu avant le début de la cérémonie par hélicoptère, a  été accueilli au Palais de la Nation par son homologue de la Rdc alors que son épouse, Mme Antoinette Sassou l’avait précédé la veille c’est-à -dire dimanche, avec l’épouse du Président Kabila, à la messe d’actions de grâces célébrée au stade des Martyrs par Mgr Landu Mayi, nommé récemment Administrateur apostolique du diocèse de Kinshasa.

Plusieurs autres personnalités dont les membres du Gouvernement, du Parlement, des autorités judiciaires, militaires et de la Police nationale, les membres du Corps diplomatique accrédités à Kinshasa. ont assisté à ces obsèques. C’est le cas des Présidents du Parlement Vital Kamerhe, du Sénat et de l’Eglise du Christ au Congo (Ecc) Mgr Pierre Marini Bodho, des Vice-présidents Arthur Z’Ahidi Ngoma, et Azarias Ruberwa en charge respectivement des commissions Socio- culturelle, et  Politique, défense et sécurité.

Les responsables d’autres confessions  religieuses établies en Rdc étaient également de la partie pour partager la douleur de leurs frères et soeurs catholiques aux côtés de leurs milliers de fidèles venues non seulement de Kinshasa mais aussi du Congo profond, et d’autres pays comme le Congo–Brazza, la France, la Belgique et qui ont afflué vers la Cathédrale Notre-Dame.

Le Cardinal Toumi était entouré d’une cinquantaine d’autres cardinaux et évêques, sans oublier des centaines de prêtres.  Dans la foulée le Cardinal Egrey, Archévêque Emérite d’Abidjan en Côte d’Ivoire,  Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, Evêque de Kisangani et Président de la Conférence épiscopale nationale du Congo(Rdc) « Cenco »,  Mgr Amahouri, secrétaire du Nonce Apostolique, Mgr Louis Portela, président de la Conférence épiscopale du Congo (Congo Brazza ) « Cec », une délégation des évêques du Rwanda, du Burundi, de Saô Tomé Principe, de l’Angola et de la Tanzanie.

Ecrans géants pour vivre l’événement en live

A l’instar de la journée de dimanche au stade des Martyrs qui avait refusé du monde, à la Cathédrale de Notre- Dame du Congo, les organisateurs des ces funérailles ont recouru à des écrans géants afin de permettre aux fidèles qui n’ont pas pu accéder dans l’église de suivre cette messe ainsi que toutes les péripéties des obsèques du Cardinal défunt qui étaient en outre retransmis en direct sur les antennes de la Radio télévision nationale congolaise (Rtnc) et sur Digital Congo Tv donnant ainsi l’occasion aux milliers des Congolais se trouvant à l’intérieur du pays  et partout ailleurs à travers le monde pour suivre cet événement en live.
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Après l’accueil protocolaire par le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, du Gouverneur de la Ville de Kinshasa, l’Amiral Liwanga et du Bourgmestre de Lingwala suivi de la salutation des Mgrs Monsengwo, Landu, Kisonga et Bulamatari, les 2 chefs d’Etat et leurs épouses sont entrés dans l’Eglise dans la procession avec le célébrant et les concèlèbrants avant de s’incliner devant la dépouille mortelle du Cardinal.

Pour sa part, le couple présidentiel du Congo- Brazza a déposé une gerbe de fleurs au bas du cercueil du défunt et après, le Président  Sassou a signé le registre de condoléances de la Cenco emboîtant ainsi le pas à son homologue qui a fait le même geste le jeudi dernier, c’est-à- dire un jour après l’arrivée du corps de la Belgique.

Mourir comme le Cardinal Etsou

Introduisant son homélie, le Cardinal Toumi a d’abord remercié les deux chefs de l’Etat pour leur présence à cette cérémonie, saluant particulièrement celui de la Rdc pour son implication à ces funérailles, notamment en décrétant une journée de deuil national le jour de l’inhumation du défunt, ensuite Mgr Monsengwo et l’ensemble des membres de la Cenco pour l’accueil qu’il lui ont réservé.

Il n’a pas oublié d’exprimer sa gratitude au Pape Benoît XVI pour la confiance qu’il lui  a témoigné en le chargeant de le représenter aux obsèques de « son frère et ami le Cardinal Frédéric Etsou ». « Je prie le Nonce apostolique de transmettre au Pape mes remerciements », a-t-il dit, en précisant au sujet de ses relations avec le Cardinal défunt : que « La dernière fois que nous étions ensemble, c’était lors l’élection du Pape. Nous étions côte- à -côte. Comme toujours, il était souriant malgré les ennuis de santé qui l’ont emporté. Il souffrait dans la joie. Il ne cessait d’envier la souffrance parce qu’il l’avait accepté comme un don de Dieu ».

De même, il a loué les qualités prophétiques de son confrère en soulignant que le Cardinal Etsou aimait son pays pour lequel il a sacrifié sa vie. Avec lui le Congo et l’Afrique renaîtront.

Les Congolais ne l’oublieront jamais, a-t-il estimé, ajoutant que lui aussi en ce qui le concerne, il n’oubliera pas cette personnalité à cause d’une blague qu’il lui faisait souvent après avoir été victime d’une escroquerie de la part d’un individu qui l’a contacté au nom du défunt. « Ignorant tout sur cette affaire, chaque fois au cours de nos rencontres, le cardinal Etsou me lançait: « Oubliez », a-dit le prélat camerounais qui a par ailleurs rappelé : « ce n’est pas par hasard que nous nous retrouvons ici. C’est l’esprit saint qui nous a rassemblé ici pour pleurer celui que nous avons connu ».

Abordant les lectures du jour, notamment l’évangile de Matthieu, en son chapitre 24 du 42ème au 51èmes versets, il a souligné : « Vous pleurez celui qui était pour vous un père.  Mais ce que vous devez savoir, c’est qu’ il a quitté ce monde comme un vrai croyant.  Il savait se soumettre à la volonté de Dieu. Dans sa dernière lettre aux fidèles de son diocèse, il a écrit qu’il voulait bien passer à leurs côtés les fêtes de la nativité et de nouvel an, mais que sa situation ne le permettait pas. Il a dit, a rappelé le Cardinal Toumi : « J’accepte cette disposition divine ».

Pour le Cardinal Toumi, tout le monde ne va pas mourir.  Quand le fils de Dieu reviendra sur terre, les morts ressusciteront et il trouvera au monde des vivants. Nous serons tous transformés à l’instar de Lui-même Jésus pendant la transfiguration.  Il faut croire à la parole de Dieu et en l’Eglise à qui Il a confié cette parole.

De même qu’il faut croire aux quatre vérités qui sont la mort, le jugement dernier, le ciel et l’Enfer. Dieu n’a pas crée l’Enfer pour les hommes mais si vous choisissez d’y aller , Dieu respecte votre liberté. Chacun sera jugé selon ce qu’il est.  Notre place en tant qu’enfants de Dieu ne se trouve pas en Enfer. Mais c’est Satan qui veut amener les gens dans ce lieu.

D’où il a invité les membres de l’assemblée à préparer toujours la prière qu’ils réciteront avant de mourir comme le Cardinal Etsou qui a fait du « Notre Père » sa prière les derniers de sa vie, interpellant aussi l’auditoire à  ne pas vivre comme si la vie se terminait sur terre.
 
Concluant son homélie, il a prié Dieu afin qu’il donne aux membres de l’assemblée de mourir comme le Cardinal Etsou.   
Cérémonie pathétique

Avant de clôturer la messe, les participants ont entendu quelques messages notamment celui du Pape, de la Nonciature apostolique, de la  Cenco, de Mgr Landu. Si les premiers ont présenté leurs condoléances à l’ensemble de la communauté chrétienne du Congo, à la Cenco, celui du Mgr Landu a remercié le Gouvernement notamment le Chef de l’Etat pour sa sollicitude, en mettant à la disposition de ces funérailles un avion qui a servi au rapatriement du corps du défunt, et qui a mis des moyens logistiques et financiers. « A aucun moment nous ne sommes sentis abandonnés. Notre peine a été allégée parce qu’elle a été partagée avec vous », a déclaré Mgr Landu. L’Administrateur apostolique du diocèse de Kinshasa a aussi remercié la Police nationale, les fidèles de son archidiocèse pour leur participation à ces funérailles.
 
Après les absoutes (prière avant l’ensevelissement) dite par le Cardinal Egrey, les corps du défunt a été transporté dans le compartiment droit de la Cathédrale où il a été inhumé devant un échantillon de personnalités sélectionnées parmi lesquelles les chefs de l’Etat, les évêques, quelques membres de la famille du défunt, les représentants des laïcs, des religieuses et du clergé de Kinshasa.

Mais le moment le plus pathétique de la cérémonie était celui du dépôt de ses restes mortels dans la ce caveau à côté de ceux de son prédécesseur mort il y a 17 ans, sous le regard triste, sous les coups de cloche de la Cathédrale et dans les larmes.  C’était alors le grand moment de la séparation avec le défunt et la douleur s’est fait sentir à travers les visages de toutes les personnalités. Même les chefs d’Etat qui ont connu le personnage du Cardinal Etsou n’ont pas su contenir leur émotion. Et que dire des fidèles, surtout les femmes qui étaient en sanglots en vivant en live cet événement.

BT/MMC

Last edited: 17/01/2007 18:57:44

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