Contrairement à la rumeur qui a circulé et laissant entendre que le leader de l’Udemo alliée à l’Amp serait non partant pour l’équipe gouvernementale, le concerné Nzanga Mobutu a bien confirmé sa participation à ce gouvernement.

Une des difficultés dans la formation des gouvernements en Afrique, c’est que la notion de représentativité est vide de sens. Ailleurs, lorsqu’on parle d’un gouvernement de gauche ou de droite, il suffit de se situer dans l’un de ces courants politiques pour s’identifier au gouvernement ainsi formé. Chez nous, il ne suffit pas d’être du bord politique qui forme le gouvernement, il faut personnellement y prendre part. L’argumentaire pour justifier cette prétention, c’est qu’on aurait beaucoup travaillé pour rendre possible ce gouvernement. Tous ceux qui ont d’une manière ou d’une autre contribué à l’élection de Joseph Kabila comme président de la République, n’attendent autre récompense que la participation personnelle au gouvernement.
Il est hors propos, par exemple, de s’imaginer un seul instant qu’un Olivier Kamitatu, un Mbusa Nyamwisi, un Nzanga Mobutu… ne puissent pas compter parmi les membres du gouvernement. Ce serait un crime, même si leurs formations politiques respectives y participeraient à travers d’autres membres. La morale politique congolaise, pour ne pas dire africaine, veut que le leader soit le premier récompensé. C’est lui qui représente et ne peut pas être représenté.
A propos de Nzanga Mobutu, une rumeur court les rues de Kinshasa selon laquelle le leader de l’Udemo serait en colère. Et pour cause, il serait mis hors course dans la bataille pour la conquête des postes ministériels. Nzanga Mobutu n’a fait aucune déclaration. Et pourtant, il est non seulement la personne la plus intéressée, mais aussi celle qui connaît le mieux la nature des accords signés avec ses pairs de la coalition. La rumeur sur sa colère serait apparemment la conséquence de l’annonce de la configuration du gouvernement.
Ceux qui attendaient le leader de l’Udemo à la vice-primature ont vite conclu que ce poste ne figurant pas dans la nomenclature des postes à pourvoir, Nzanga Mobutu serait non partant. Puisque non partant, on a également conclu qu’il ne pouvait qu’être en colère. Pour faire telles analyses, mieux telles déductions hâtives, on se refuse d’avoir en face tous les préalables.
L’accord signé entre les parties disait que le leader de l’Udemo occuperait une place importante en préséance le plaçant après le Premier ministre. Rien ne disait que ce poste, serait celui de vice-Premier ministre. Pour prétendre que Nzanga serait non partant, il commence par démontrer que ce poste le plaçant en ordre de préséance après le Premier ministre n’existe pas. Il faut également démontrer que l’Udemo avait été tenue à l’écart de toutes les concertations au sujet de la configuration du gouvernement.
Il est par conséquent plus probable que c’est de façon hasardeuse et complaisante que cette rumeur est propagée. En plus, aucun observateur attentif s’imaginait Nzanga Mobutu, plein de vitalité, à un poste de vice-premier ministre où il n’aurait pas d’initiatives à prendre, sinon remplacer le titulaire en cas d’absence.
Par contre, au poste de ministre d’Etat avec un secteur précis sous sa gestion, il sera plus actif et plus utile. C’es pourquoi, il n’y a aucune raison qui pourrait faire que Nzanga Mobutu ne soit pas partant. Et s’il arrivait que ce soit le cas, ça ne pourrait être que de son gré. Par conséquent, ne serait pas une raison pour piquer une sainte colère.
(Yes)L’Avenir
Last edited: 11/01/2007 13:57:24