L’enlisement du procès des assassins du journaliste Franck Ngyke exaspère de plus en plus du fait du retard que ne cesse de prendre l’examen du fond de l’affaire dès lors que se retrouvent au banc des accusés les avocats de la partie civile et de l’Etat congolais.

Alors que d’autres procès du même genre sont traités avec célérité et rapidité, le procès de notre regretté confrère François Kangundu mieux connu sous le sobriquet de Franck Ngyke fait du sur place. De report en report suite aux événements politiques qu’a connus le pays et des cas de force majeure, aujourd’hui ce sont quelques avocats de la partie civile et de l’Etat congolais qui font retarder les choses.
Il s’agit particulièrement des avocats de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), du Groupe de presse La Référence ainsi que ceux de la République Démocratique du Congo qui brillent par leur absence. En effet, après un break de plusieurs semaines consécutif à la fuite massive des avocats des trois prévenus poursuivis pour le meurtre du couple Ngyke, le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Matete avait écrit au Barreau de Kinshasa-Matete pour que d’autres avocats soient désignés pour défendre les prévenus.
Il a fallu attendre plusieurs jours pour que le Barreau s’exécute et envoie des avocats. Contre toute attente, l’engagement des avocats de la partie civile -sauf celui de la famille biologique- observé lors du début de ce procès semble avoir du Plomb dans l’aile. A deux reprises, les mercredis 13 et 20 décembre 2006, l’audience a été renvoyée avec espoir que le 27 décembre, cette fois-ci, toutes les parties seront présentes pour que le fond de l’affaire soit examiné. Malheureusement, ces avocats avaient encore séché l’audience au grand étonnement du tribunal et de l’Officier du ministère public.
Accélérer le nombre d’audiences
Après le constat d’absence, l’audience a été renvoyée au mercredi 10 janvier 2006. Aussi, face à cette lenteur prise, et pour éviter d’être accusé de retarder le procès pour diverses raisons non connues par l’opinion, l’organe de la loi, le Capitaine Kabembe Mushagalusa a proposé que désormais les audiences se tiennent deux fois par semaine : mercredi et vendredi.
Cette proposition a été acceptée par le tribunal, les avocats des prévenus et ceux de la famille biologique présents à l’audience du mercredi 27 décembre 2006. Il appartient désormais aux conseils de l’UNPC, du Groupe de presse La Référence et aux avocats de l’Etat congolais de manifester leur enthousiasme du début pour que l’opinion soit fixé sur le mobile du double meurtre perpétré dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005 à Mombele et de leurs commanditaires s’il y en a. Rappelons que les audiences du procès Franck Ngyke et son épouse Hélène Paka avaient débuté le 12 juillet 2006.
Pendant trois mois, les avocats des prévenus avaient mené le tribunal dans les méandres des exceptions, pour lesquelles le tribunal avait rendu un jugement avant de dire droit. Ce jugement qui avait déclaré ces exceptions recevables mais non fondées. Déboutés par jugement ADD, les avocats des prévenus prirent le large au mépris du code de conduite des avocats.
(Th) Déo Mulima Kampuku/La Référence Plus