Décidément, la suspension gratuite dont ont été victimes l’Adg Bomesi wa Bomesi et l’Adc Ngansaki Bieme tous de la Cohydro, doit être levée pour autant que le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe a tranché en leur faveur.
La chronique sur la cabale montée contre l’Administrateur directeur général Bomesi wa Bomesi et l’Administrateur directeur commercial Ngansaki Bieme suspendu par arrêté interministériel, vient de prendre fin avec la décision de la justice et avec ce présent article, nous l’espérons. Car cette affaire, cousue de fil blanc, a finalement connu un dénouement heureux pour les deux précités.
En effet, l’officier du ministère public en la personne de l’Avocat général Tshishimbi Diyi, qui instruisait cette accusation, vient de conclure par une « note de classement sans suite ». Cela veut tout simplement dire que les faits tels que parus dans une certaine presse et dans l’arrêté interministériel n° 001/CAB-MIN/ENER/-PF/2005 du 7 juin 2005 portant leur suspension n’ont pu être établis.
A tout prendre, cette conclusion de la justice nous amène à deux constats : primo, que l’opération d’importation des produits pétroliers a été régulière au plan commercial et, secundo, que le manque de transparence épinglée dans l’arrêté interministériel pour justifier la suspension peut aujourd’hui être démontée.
En effet, s’il faut le rappeler, avant de lever l’option de traiter avec Karoda Oil, le comité de gestion de la Cohydro avait lancé un appel d’offre pour la fourniture des produits pétroliers. Trois entreprises du secteur étaient intéressées et avaient soumissionné conformément aux normes exigées dans ce domaine. Il s’agissait, pour les citer, de X-Oil, de Jomat Oil et enfin de Karoda Oil.
De toutes les trois, c’est Karoda Oil qui avait gagné le marché parce qu’elle possédait tous les produits demandés qu’elle offrait aux meilleurs prix de l’époque. Ensuite, parmi toutes les trois, elle était la première à présenter son offre qui a été jugée alléchante. Et enfin, elle est une entreprise congolaise agréée au ministère de l’Energie suivant une lettre officielle. C’est donc une société qui existe et qui a son mode de fonctionnement qui n’intéresse qu’elle-même pour ses performances.
Le mode de paiement choisi pour règlement de cette commande était le simple transfert des fonds, qui est un mode simple pour la vérification et la commission y afférente prise par la banque a été moins chère que si la transaction était faite par crédit documentaire. De plus, il n’y a pas eu des frais d’immobilisation du tanker comme on eu à l’imaginer afin de noyer ceux qui ont fait du bon travail.
Bref, les produits ont été fournis et stockés à Sep-Congo. Tout le monde l’a vérifié et la justice vient de le constater, à son tour. Comme quoi, l’opération était régulière, connue de tout le monde et avalisée par tous les membres du comité de gestion de la Cohydro. Les réactions qui s’en étaient suivies n’ont traduit que les états d’âmes justifiées dans le chef des uns et des autres.
Quant à la suspension, nous croyons savoir qu’elle doit être levée sans aucune autre forme de procès. Car les griefs avancés pour justifier cette suspension ne tiennent plus debout. Qu’il s’agisse de la transparence comme de la désobéissance, les preuves sont suffisamment éloquentes pour ne plus évoquer ces deux accusations.
Enfin, que reste-il ainsi au bénéfice de ses deux cadres préjudiciés ? Plus facile à dire, il ne reste plus que la réhabilitation pour qu’ils regagnent leur entreprise où ils sont d’abord agents et cadres de direction. C’est à eux d’apprécier ce qu’ils peuvent faire par la suite. S’il sera question de poursuivre en justice ceux qui les ont injustement dénoncés et qui leur ont causé des préjudices énormes, c’est encore à eux d’évaluer à juste titre les conséquences de cette question.
La Note de Classement sans suite
Aff.: M.P. contre Bomesi wa Bomesi et Ngasaki, Rmp.1723/PG/TD.
I. IDENTITE DES INCULPES
Bomesiwa Bomesiwa
Ngasike Bieme
II. FAITS
Suite aux informations parues dans la presse, une enquête judiciaire a été ouverte contre les prévenus ci-hauts cités pour détournement des deniers publics.
En effet, il est reproché à ces deux hauts cadres de la Société COHYDRO d’avoir détourné 1.723.000 $ qui étaient destinés à l’achat des produits pétroliers auprès de la Société KARODA OIL et cela au préjudice de la Société COHYDRO qu’ils dirigeaient respectivement comme Administrateur directeur général et Administrateur directeur commercial.
Entendus, ils ont clamé leur innocence et après enquête, il est démontré qu’ils ont effectivement payés les produits commandés et ces produits ont été bel et bien réceptionnés comme l’indiquent les documents versés au dossiers. Quant aux écarts constatés, ils ont déclaré qu’il y avait carence à Kinshasa à cette période là et compte tenu du retard du bateau du fournisseur, celui-ci avait avancé une certaine quantité des produits par le biais de SHELL à la demande de HASHI EMPEX, partenaire de leur fournisseur, la Société KARODA OIL et SHELL ( voir documents au dossier).
Et quand au mode de passation des marchés publics, ils ont respecté la procédure car il y a eu appel d’offre (voir également pièces versées au dossier)
III. CONCLUSIONS
Eu égard à tout ce qui précède, nous pouvons affirmer que les faits tels que parus dans la presse ne sont pas établis. Par conséquent nous proposons le classement sans suite du dossier pour fait non établis.
Fait à Kinshasa, le 11 juillet 2005.
L’officier du ministère publique
TSHISHIMBI DIYI
Avocat Général.
(Yes)Cl. Ny./Uhuru
Last edited: 08/01/2007 13:44:47