L’Okimo fait l’actualité ces derniers jours. Le torchon brûle entre l’Office et ses partenaires, d’une part, le Ministère du Portefeuille et l’Okimo, d’autre part. Tout le monde s’en mêle et l’édifice risque de s’écrouler sous le poids des pachydermes. Mais qui veut précipiter cette entreprise d’Etat congolais dans la géhenne ? Une mort précoce qui sera préjudiciable pour le Trésor public, sans doute.

Pourquoi veut-on tuer cette poule aux oeufs d’or ? En voici des raisons. Selon des informations en notre possession, on rapporte que c’est une affaire des gros sous. En effet, les contrats d’assistance technique et financière (ATF) à l’Okimo (Office des mines d’Or de Kilo-Moto) dans la province Orientale de la Rd-Congo existent depuis 1987. Dix neuf ans après, le nombre de ces contrats est passé de 1 à 7. Actuellement, tous ces contrats souffrent de faux d’application par des partenaires. Ces engagements s’inscrivaient spécialement dans le cadre de la réhabilitation des infrastructures des mines de Durba et de la centrale hydroélectrique de N’zoto et de la confirmation des réserves de Kilo-Moto qui remontent depuis 1942 jusqu’à l’année 2003 afin que ces réserves, une fois avec ses usines réhabilitées, redeviennent économiquement exploitables et génératrices des revenus et des emplois.

A travers ces contrats, l’Orgaman s’engageait à envoyer à Okimo des notes de débits mensuels évalués à 100 millions de dollars Us pour des Sites que l’Office devrait désigner et selon les documents, l’amortissement de cet investissement, serait réglé entre les deux parties par un échéancier de telle sorte que les 70% de la production soient affectés à l’amortissement de cet investissement pendant cet échéancier et les 30% devant revenir à l’Okimo pour son fonctionnement y compris le paiement pour son assistance technique à la suite de la réhabilitation de l’infrastructure.

En dépit de ce contrat avec l’Orgaman, l’Okimo garderait ses droits de propriétaire et sa mainmise dans des zones de gisement ATF afin d’assurer leur pérennité en tant que producteur.

Mais hélas ! avec l’évolution du temps, l’Okimo se rendra compte qu’après trois ans rien n’avait été fait de la part de son partenaire, mais par contre, le partenaire s’illustrait par un comportement contre-nature envers des instructions sur le travail de sondage.

Guidé par ses intérêts personnels, l’Orgakim se lancera, de sa propre initiative, dans les travaux de recherche dans les zones déjà connues et exploitées de Kilo-Moto. Pour ce faire, l’Orgakim usera de force, de la spéculation et d’autres astuces à cause de la dette que l’Okimo lui doit, de pousser ce dernier afin de céder en contrepartie à l’amodiation de  gisements dans les zones ATF aux fins de déposséder Kilo-Moto de ses actifs.

Par ce jeu d’amodiation, il aura ainsi à accumuler des gisements de grandes valeurs et prélever des millions de dollars à son profit aux dépens de l’Etat congolais et de l’Okimo titulaire de ces zones de gisements.

Devant cette situation scandaleuse le comité de gestion de gouvernement d’annuler ces contrats « bidons » étant donné que ceux-ci s’écartaient de leur rôle de garantir le caractère productif de l’Okimo. Bien plus, ils sont-là uniquement pour déposséder l’entreprise de ses actifs susceptibles de lui permettre de maintenir sa fonction productrice d’or en Rd-Congo.

Dans sa lettre à l’autorité gouvernementale, le comité de gestion de l’Okimo a proposé en guise d’alternance la création d’une compagnie congolaise de l’or laquelle raffinera elle-même sa production en vue de créer des emploies dans la région tout en accédant au marché des valeurs mobilières (bourses).

Rétablissement de la Crédibilité d’Okimo

Il était dit que si l’Office d’Or de Kilo-Moto ne rétablissait pas une crédibilité en accédant par lui-même au marché international des capitaux, l’entreprise restera l’otage d’une « colonisation économique » de l’extérieur. Alors peut-on marcher sur des œufs en privilégiant l’Orgaman qui ne pourra fournir que de « l’aspirine contre les maux de tête » au moment où le « mal » ne sera pas guéri, parce que la cause du mal persiste.

Raison pour laquelle Okimo compte développer une capacité de gestion en vue de gagner une confiance des investisseurs à travers un exemple réel de réussite en se choisissant le partenaire convenable pour l’assister mais celui-ci devra être connu et reconnaître que c’est l’Okimo qui conduira seul le projet mis en chantier.

Et ce plan de relance qui est en cours de l’élaboration sera remis au moment venu, au gouvernement issu des élections.

Quand le ministre du porte feuille s’en mêle

Le comité de gestion a été mis en accusation, nous a-t-on appris,  par Orgaman. Alors que son travail était fait en toute âme et conscience  pour l’intérêt général de l’entreprise Okimo et du peuple congolais.

Mais voilà ! le ministre du Portefeuille, M. Balamage N’kolo, ( issu de l’ex-composante Rdc, instruit dans sa lettre, sans date, du décembre 2006, l’Adg de l’Okimo… Je vous enjoins, sens délai, à communiquer au partenaire Borgakim Mining/ Motogoidmines les directives sollicitées et de désigner les experts souhaités en vue de la signature du contrat d’amodiation consolidé dont le rapport est attendu... Je vous signifie que la présente instruction ne peut souffrir d’aucune défaillance et constitue, pour votre part, une dernière mise en garde.

Mais M. le ministre a-t-il oublié que l’Adg avait reçu, le 19 octobre 2006, une instruction de la présidence de la République lui intimant l’ordre de suspendre illico les négociations entre Okimo et Borgakim estimant que ce contrat avait un caractère léonin ?

Se trouvant ainsi à hue et à dia, l’Adg de l’Okimo, ne pouvait que s’incliner devant l’instruction de la hiérarchie supérieure du pays qui privilégiait l’intérêt national en lieu et place de l’aliénation du patrimoine du pays.

Le dessous de l’Iceberg

Dans ce dossier OkimoBorgakim, il y a à boire et à manger mieux une affaire de gros sous. Certains habitants de Goma dans le Nord- Kivu rapportent que le général dissidents Laurent Nkunda Batware est en bonne intelligence avec Borgakim qui lui trouve des rallonges pour tenir sa rébellion dans les montagnes de Masisi, Sake, Walikale, Rutshuru... il semble que cette société achète l’or de Kilo-Moto, le Coltan, le diamant.... qu’elle vend dans ses comptoirs de Kamapal par le biais de son directeur Watum, l’homme lige de Nkunda. On peut comprendre, arguent certains observateurs, l’intimidation du ministre du Porte-feuille envers l’Adg de l’Okimo, à cause, précisent-ils, de sa ramification politico-militaire avec le renégat N’kunda.

Ces sources bien informées ajoutent que les représentants de Borgakim à Kampala Lucien, Eddy Tabana et Watum grâce aux comptoirs Raju, B.M.G installés dans le quartier Ntinda opèrent des achats et ventes frauduleux de l’or de Kilo- Moto. Avec cet argent sale, on parvient, comme on le sait, à financer leur entreprise de déstabilisation de la Rd-Congo et de toute la région des Grands Lacs.

Que dire de l’orgaman ?

Tous les congolais gardent encore dans leur mémoire le travail de sape de méga holding Orgaman du potentat belge William Damseau soutenu par des imperators Kengo wa Dondo et Seti Yale, barons de la 2ème  République.

Comment, s’interroge l’opinion congolaise, peut-on confier l’exploitation de l’or, une matière hyper sensible aux expatriés aux mainsi gantées ? William Damseau qui avait pris vers  les années 90 le peuple congolais en otage avec son « Mpiodi » n’a plus de droit d’acquérir une portion de zone de gisement des matières précieuses.

La Bible ne dit-elle pas qu’on ne jette pas aux chiens la nourriture des enfants ?

L’autorité suprême du pays est interpellée.

(Ern.)

Le Libre Débat