L’art congolais nourri aux sources d’un passé riche (Suite et fin)
Kinshasa, 28/12/2006 / Culture
Aujourd’hui l’école de Kinshasa est avant tout dominée par des peintres et sculpteurs “ avant–gardistes ” qui puisent dans le traditionnel congolais, rompant avec les traditions académiques révolues. Il y a l’école de Lubumbashi fondée par Romain Desfosses en 1947 où émergent des peintres de talent comme Pili-Pili
Nourri aux sources d’un passé aussi riche, l’art moderne en RDC ne pouvait qu’être florissant. D’emblée, deux écoles se dégagent. D’abord, l’école de Kinshasa qui est l’aboutissement du Centre Saint- Luc de Gombe Matadi créé dans le Bas- Congo en 1943 par le frère Marc Wallenda.
Devenue Académie des Beaux- Arts depuis son transfert dans la capitale en 1949, cette école fut intégrée à l’Université nationale du Congo, conformément à la réforme de l’enseignement supérieur intervenue en 1971. Aujourd’hui, l’école de Kinshasa est avant tout dominée par des peintres et sculpteurs « avant-gardistes » qui puisent dans le traditionnel congolais, rompant ainsi avec les traditions académiques.
Ensuite, il y a l’école de Lubumbashi fondée par le peintre Romain Des fosses en 1947 où émergeaient des peintres de tâtent comme Pili-Pili, Mwenze Kibwanga, Mwenze Mungolo... Entre les deux, l’école Moonens, devenue aujourd’hui l’Académie des Beaux-Arts de Lubumbashi, brille par ses expressionnismes alertes et ses coloris naturels.
Socles sans monuments
Lorsque le touriste visite la ville de Kinshasa et d’autres villes du pays, il peut être surpris de trouver sur les grandes places et au bord des avenues et rues un grand nombre de socles.
En réalité, ces socles portaient naguère des statues de personnages de l’époque de la colonisation. Pour la plupart, ces statues furent déboulonnées ou tout simplement arrachées dans la nuit du 31 décembre 1971, en même temps qu’étaient débaptisées les villes. La campagne du recours à l’authenticité a eu raison de ces oeuvres coloniales. L’on arracha alors les monuments dédiés à tous les représentants du système colonial qui se croyaient promis à l’éternité.
La statue de Léopold II caracolant sur son cheval, Stanley débout et fier observant la baie de Ngaliema, la Reine Astrid... tous ces vestiges prétentieux de l’empire colonial belge furent jetés à terre, sous l’effet de l’enthousiasme populaire.
Aujourd’hui, la plupart de ces statues déboulonnées ont été récupérées et soigneusement rangées à l’Institut des musées nationaux du congo (IMNC), en attendant la création d’un grand musée en plein air sur le site du Mont Ngaliema.
La mise en valeur de ces richesses artistiques peut favoriser la relance du tourisme dans le pays, générant ainsi d’importants recettes en devisés
Luc-Roger Mbala Bemba/Sélection Infos
Last edited: 28/12/2006 16:28:24