« Muswamba » un nouveau film congolais réalisé par Guy Kabeya Muya. C’est le troisième film-vidéo de ce jeune réalisateur congolais, un fervent combattant de droits de l’enfant, un pur produit de l’Institut National des Arts.

Le vidéaste Guy Kabeya, primé au Festival du cinéma africain de Milan avec Droits de l’enfant, un mythe, se penche encore une fois sur la maltraitance des enfants dans ce film.

Muswamba, c’est donc le récit des péripéties d’une adolescente jetée dans la rue faute d’un dialogue franc, accusée de sorcellerie par ses tuteurs. Dans son lit d’hôpital, avant de tirer un dernier soupir, Muswamba décrit ses misères à son amie Cosette. Ses misères sont marquées par le sarcasme, l’ignominie et la violence morale qu’elle a subis sous le toit parental aux côtés de sa marâtre, après la mort de sa mère, cela dans l’indifférence totale et le silence coupable de son père (Eloi).

Chassée du toit parental par son biologique, Muswamba va trouver se réfugier chez sa tante maternelle (Mutuenne), celle-ci l’initie à supporter un autre fardeau, apprendre vite à vendre charmes pour survivre. Et c’est au cours d’une sévère bastonnade lui infligée par Boutra, son amant de fortune et ami à sa tante que la svelte et ravissante Muswamba trépasse à fleur de l’age…

Cette histoire, selon son réalisateur, plante le décor de l’Afrique d’aujourd’hui où les droits de l’homme et ceux de l’enfant plus particulièrement sont bafoués. Le tout amplifié par des diagnostics des pseudo-pasteurs qui accusent souvent certains enfants de sorcellerie sans apporter une quelconque remède pour la sauvegarde de ceux-ci, vomis par la société par irresponsabilité, ils embrassent trop jeunes la rue, désorientés, sans un avenir radieux, avec comme plaque d’identification shégué.

Je suis un défenseur de plus faibles, par ce film, j’espère que la voix de l’enfant sera entendue sans cri. Le dialogue, l’attention aux préoccupations de plus jeunes doivent primer dans les relations humaines en Afrique. La problématique des enfants sorciers, des rejetés de la société sont souvent alimentés par des visions unilatérales des certains pseudo-pasteurs, a confié à la rédaction le réalisateur congolais.

Un acte de volonté pour une industrie du film plus congolaise

Muswamba, le film-vidéo du jeune réalisateur congolais, Guy Kabeya Muya s’inscrit dans l’optique du réveil du cinéma congolais de sa léthargie. C’est le constat qui s’est dégagé des lèvres des nombreux accrocs du 7ème art dans les couloirs après la projection de films de jeunes cinéastes congolais. Ceux-ci sous l’initiative de la communauté Wallonie-Bruxelles s’adonner par des moyens de bord dans les réalisations.

Partant du film Muswamba, en dehors de son message humanitaire sur les droits des enfants, ce film témoigne aussi de l’état d’esprit de sa réalisation. Muswamba trahit la volonté de son réalisateur, animé par la créativité cinématographique, a marqué ses empruntes avec des moyens de bord suite aux limites entretenues dans son pays dans l’épanouissement du 7ème art. Par cet acte, ce réalisateur congolais de la nouvelle génération s’arrange dans la même lignée que Ngangura Mwenze, Balufu Bapuka, Kwami Mambu et autre José Laplaine Zeka.

(Yes)

St Hervé M’buy/Uhuru