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Bonjour | 13/10/2008 23:01 | English Make DC Home page | RSS feed

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Parfait accord entre le président Joseph Kabila et le probable formateur du gouvernement en la personne de M. Antoine Gizenga quant aux critères de sélection des candidats ministrables. Que ANTOINE GIZENGA insiste sur certaines vertus dont les ministrables doivent faire montre, il mérite le soutien de tout le monde. Tel semble ne pas être le cas. Ceux qui rappellent à l’opinion ces exigences du patriarche sont loin d’être d’accord avec lui. Tout ce qu’ils veulent, c’est de voir cette exigence devenir la pomme de discorde au sein de la coalition. Il faut suivre la délectation avec laquelle on parle de la discorde entre Gizenga et Joseph Kabila. Ce dernier est présenté comme défenseur des criminels économiques. De là, on souhaite le voir en accrochage avec son Premier ministre. On donne l’impression que le patriarche est le premier à avoir annoncé les couleurs de la bonne gouvernance.

Et pourtant dans son discours d’investiture, le chef de l’Etat avait mis un accent particulier sur les valeurs sur lesquelles se fondera l’action du gouvernement. Cela suppose des hommes porteurs de ces valeurs. Joseph Kabila avait par exemple insisté sur la lutte contre la corruption. Il serait incompréhensible qu’il accepte voir des personnes corrompues aux avant-postes du gouvernement.

Il a également insisté sur la bonne gouvernance. Ce n’est pas de lui que l’on attendrait le soutien aux criminels économiques. On aurait logiquement pu voir les analystes et chroniqueurs politiques constater la parfaite identité de vue entre Joseph Kabila et le patriarche Antoine Gizenga. Mais on préfère voir les divergences qui n’existent que dans l’imagination de ceux qui les inventent. Lorsqu’il s’agira de désigner des personnes aux différents postes, la difficulté de dire qui est criminel économique et qui ne l’est pas pourra apparaître.

Car, il ne suffit pas de dire que telle personne est un criminel économique pour que cela suffise pour le mettre hors course. Il va de soi que le chef de  l’Etat et le Premier ministre se baseront sur des preuves et non sur des allégations de la presse. C’est cela aussi l’Etat de droit. Pour être présenté comme un criminel, économique ou autre, il faut être reconnu comme tel par un tribunal.

Dans le cas contraire, on tombe dans l’arbitraire. Pas de démocratie sans justice et pas de justice sans respect du sacro-saint principe de la présomption d’innocence. Joseph Kabila et Antoine Gizenga n’en sont pas encore là. Si la nomination du Premier ministre n’est pas encore intervenue, c’est tout simplement parce que les membres de la coalition veulent jouer la carte, de la légalité dans le respect de la procédure constitutionnelle.

Au lieu d’avoir les yeux et les oreilles tourner vers le Palais de la nation, on doit plutôt tout attendre de la Cour suprême de justice. Cette dernière doit se couper en morceaux pour dépasser ses difficultés dues à l’incendie de son siège pour décider sur la constitutionalité du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cela permettra de mettre en place le bureau définitif de la chambre basse du parlement.

Il n’y a aucune raison que, pour ce problème technique, Gizenga et J.Kabila entrent en compétition ou que Kamerhe et Olivier Kamitatu s’affrontent. Une chose est également vraie, il ne sera pas facile de former ce gouvernement. On parle de 500 prétendants pour quelques cinquante postes à pourvoir. Il aura fatalement des déçus. Tout ce qu’on peut demander à tout le monde, c’est de comprendre que le miracle ne sera pas possible, comme on dit, il y aura beaucoup d’appelés, mais très peu d’élus. Ceux qui ne seront pas élus devront se sentir très valablement représentés par les heureux élus.

(Th)

L’Avenir

Last edited: 18/12/2006 16:20:30

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