La notion de la justice de Joseph Kabila est le signe de l’égalité des droits et l’équité à la 3ème République. La corruption, la falsification des documents officiels ne peuvent pas honorer un pouvoir démocratique.

« Si un roi éloigne de son entourage les méchants, il pratiquera la justice et affermira son pouvoir », dit un sage de la Bible. C’est ce qu’a compris sans doute la première dame, Olive Lembe Kabila quand, au cours d’un culte dans une église de la place, elle priait pour que Dieu éloigne de son mari les ennemis du peuple. Elle faisait allusion ici à ceux des proches collaborateurs du président Joseph Kabila qui se sont sucrés avec l’argent de la campagne électorale de ce dernier au premier tour de l’élection présidentielle.
Intervenant publiquement dans une autre église de Kinshasa au début de la campagne électorale du 2ème tour, Mme Olive Lembe Kabila a dénoncé le fait que beaucoup d’argent a été donné à certains partis politiques et certaines personnalités pour être distribué au peuple pendant la campagne, mais ceci a plutôt été orienté vers d’autres fins individuelles.
C’est pourquoi elle avait, en effet, convié les fidèles de demander à Dieu d’éloigner son mari de cet entourage prédateur. L’opinion aura donc vite compris qu’il était urgent pour la 1ère dame de se lancer elle-même dans la bataille électorale à Kinshasa comme dans les provinces en vue de faire élire Joseph KabiIa Kabange. Un pari gagné. Mais Olive n’a pas convaincu sans péril si l’on fait allusion aux discours de dénigrement et aux chagrins dont elle a fait l’objet de la part de certains caciques et jouisseurs qui attendaient se taper encore du beurre au second tour.
Les téléspectateurs avisés se souviendront encore que c’est avec larmes aux yeux qu’Olive Lembe a accueilli l’investiture de son mari. Larmes que beaucoup peuvent considérer comme l’expression d’une vive émotion en pareille circonstance, mais que certains milieux qualifient de signes prophétiques pour cette dame dont la spiritualité n’est plus à démontrer. Ces derniers estiment qu’elle voyait déjà l’immensité de la tâche qui attend son mari pour accomplir ses promesses et l’obstacle que pourrait constituer un entourage enclin à la corruption et aux bombances. La notion de la justice dont parlait le chef de l’Etat à son investiture sous-entend l’égalité des droits pour tous les citoyens et l’équité dans la répartition des revenus. Pourtant l’une des caractéristiques du régime AFDL et celui issu de l’accord global et inclusif aura été la course à l’enrichissement personnel et le quasi oubli des problèmes fondamentaux de la population.
La corruption, la falsification des documents officiels, les improvisations au sommet de l’Etat ne peuvent pas honorer un pouvoir démocratiquement axé sur la poursuite de l’intérêt général.
Toutefois, beaucoup de congolais savent aujourd’hui que le chef de l’Etat qui n’a presque pas battu campagne au second tour, doit surtout sa victoire à sa femme, sans pourtant négliger l’apport de Gizenga et d’autres élus de l’AMP. La 1ère dame qui a palpé la kyrielle de misères des populations congolaises attend que son mari renverse effectivement cet état de pauvreté en prospérité. La recette pour y parvenir dépasse les simples déclarations et les bonnes intentions. Il faut surtout des gens animés de bonne volonté et engagés chaque jour dans cet idéal.

D’où viendront ces gens ? Il est évident que l’AMP constitue la principale réserve des animateurs des institutions de la 3ème République. Mais face aux enjeux de l’heure, Joseph Kabila Kabange a plus besoin de charité, du travail, d’efficacité, de compétence et d’intégrité morale, que de louanges. C’est pourquoi, il est censé sortir de sa pêcherie de la transition pour puiser dans des eaux profondes certains poissons qui pensaient hier autrement mais sont capables de matérialiser sa vision du nouveau Congo.
Un élan à ne pas trahir !
En effet Joseph Kabila l’a fait savoir dans son discours d’investiture : « Je vais m’inscrire dans une politique de régénération et de mobilisation des énergies, visant à impliquer tous les Congolais dans l’exaltante tâche de construction de notre devenir collectif… En effet l’enjeu du développement auquel nous faisons désormais face, dépasse de loin les conflits partisans et les intérêts politiciens personnels. Je suis convaincu qu’en démocratie, il y a de la place pour tout le monde. C’est pourquoi les institutions qui seront mises en place, tiendront compte de nos coutumes et de notre culture qui ont comme socle la solidarité, afin de garantir la paix sociale », a déclaré Joseph Kabila avant d’annoncer l’ère du travail et de la bonne gouvernance. Au regard de cette détermination doublée de bons conseils de son épouse, le chef de l’Etat voudrait sans doute éviter les erreurs du passé qui lui ont coûté cher à l’élection présidentielle dans certaines provinces du pays. Il y a donc lieu d’assister à un véritable tsunami dans la cour présidentielle où certaines personnalités ayant fait preuve de compétence, d’intégrité morale dans le passé sont attendues à bras ouvert.
Honorer le mérite
Sous l’impulsion d’Antoine Gizenga, le premier ministre, le président Kabila n’a pas à chercher des saints dans les cieux pour réussir son mandat. Il suffit d’une réelle volonté de briser avec la gestion d’hier pour identifier dans la classe politique ses vrais coéquipiers. Multiplier des ministères ou des offices pour contenter ses proches, risque de le remettre dans le cercle vicieux où seuls les dirigeants s’enrichissent alors que le peuple s’appauvrit davantage. Plusieurs observateurs sont unanimes qu’Olive Lembe a une noble mission de rappeler au chef de l’Etat son engagement pris devant la nation et la nécessité de l’honorer.
(Yes)Martinez Ngyaluka/La référence Plus
Last edited: 13/12/2006 13:05:01