L’artiste est un visionnaire et un observateur de la société. Le couple Thierry Landu Mayamba et Victorine Neka dépeint dans “Chemin de croix de la femme congolaise” la misère de la femme.  Contrainte à se soumettre servilement à son mari et à respecter les coutumes et traditions devenues dépassées dans une société moderne, la femme a besoin de se débarrasser de tous ces carcans en défendant ses droits.

“Chemin de croix de la femme congolaise “ est mise en scène par Audy Nkebani et interprétée par trois comédiennes : Nelly Lubuma, Pasco Losangania et Marcelline Longange. Le spectacle est en circulation dans les espaces de la ville province de Kinshasa. Le public de la salle Mongita 1’a apprécié jeudi 28 décembre dernier. Le spectacle démarre dans les couloirs par une querelle d’un couple. La femme, copieusement rossée par son mari, se jette sur scène et se plaint de sa situation. Le calvaire de la femme n’est pas que dans le manage. Il y a également la persistance des coutumes rétrogrades comme l’incision.

Cette pratique soumet la femme à une peine atroce due à l’imputation d’une partie intime de son corps. C’est sous prétexte de faire plaisir à l’homme. Dans sociétés, la femme est tenue inlassablement à l’écart. Le couple Thierry Nlandu et Victorine Neka décrit dans un langage austère, les antivaleurs aux quels est soumise la femme. Il serait une erreur de parler du chemin de croix de la femme congolaise, parce que les problèmes qu’expose le spectacle se passent dans toutes les sociétés africaines. Les comédiens les décrivent correctement sur scène.

Il faut noter que les auteurs de ce texte ne mettent aucune réserve quand ils exposent certains méfaits de la société. Ils utilisent des mots durs. La pièce se termine par un procès de la société dans lequel Thierry Landu et Victorine Neka mettent en cause le système politique, les politiciens véreux, les pouvoirs publics.

Le spectacle est beau à voir, le décor  simple et distribution, merveilleusement étudiée. Les rôles sont bien joués. Il y a encore des  problèmes techniques qu’il faudrait régler. La régie son et lumière en marche mérite d’être améliorée et adapter au contexte. Les Ong et les associations qui luttent pour la parité et l’émancipation de la femme peuvent se servir de ce spectacle dans leurs campagnes de sensibilisation.

(Ern.)

Ferdinand Kato/L'Avenir