La RDC est un grand malade conscient de son état. Au propre comme au figure, elle est malade dans tout son ętre. Aussi bien de ses politiques que des mesures prises pour la remettre sur les rails. Des exemples ŕ amasser ŕ la pelle illustrent son état de santé mine autour duquel tentent de s’activer ses politiciens, sa société civile, l’Onu, l’Union Africaine et męme l’Union Européenne et certains pays africains.

En Afrique du Sud, ŕ cause des convulsions et spasmes du malade souffrant d’une infection chronique de mal gouvernance, on a dű concocter pour lui, une thérapeutique exceptionnelle de 1+4 dont les effets secondaires continuent ŕ produire et reproduire des conflits sur le terrain.

Sur le plan économique, si certaines mesures ont permis de stabiliser les équilibres macro-économiques, réduire l’inflation et équilibrer le taux de change de la monnaie, d’autres par contre, causent des insomnies ŕ la multitude, révoltent les consciences fragiles et poussent aux manifestations de la rue.

L’une de ces décisions est la mesure de liquidation des banques publiques intervenue depuis le 12 mars dernier. Les établissements de crédit concernés par cette mesure sont la Banque Congolaise du commerce extérieur, la Banque de Crédit Agricole et probablement l’établissement d’épargne, la caisse d’épargne du Congo.

De sa conception ŕ sa mise en application en passant par son élaboration, la mesure précitée surprend. Elle se démarque de la logique des décisions prises au bénéfice de la population, mieux en faveur de la majorité. A l’examiner de prčs, cette mesure entraîne un dysfonctionnement de l’activité économique avec des graves répercussions sur le plan économique et social.

Une des conséquences immédiates : la suppression des milliers d’emplois

Les trois banques publiques et l’établissement d’épargne emploient plus de 5.000 travailleurs. Ces emplois ont permis de faire vivre prčs de 50.000 âmes dont plus de 30.000 enfants envoyés ŕ l’école. L’effondrement de la B.C.C.E, la B.C.A, la NBK et la Cadeco sanctionné par l’acte de décčs que constitue la mise en liquidation forcée et une catastrophe pour des milliers de ces agents ainsi que leurs familles. Dans un pays sinistré, oů la population vit sur le fil du rasoir, la suppression de 5.000 emplois accroît le chômage, multiplie le nombre de pauvres et accentue l’insécurité. Des foyers disloqués, des ménages déstabilisés et des enfants abandonnés ŕ leur propre sort, c’est une frange de la population qui voit son avenir assombri par la volonté de ses dirigeants.

Déjŕ avec plus de 48 mois d’arričrés des salaires, ces compatriotes clochardisés ŕ souhait vivaient des années de cauchemar. Des déguerpissements des maisons de location pour insolvabilité avérée, le renvoi des enfants des écoles pour impaiement de frais scolaires, la vente forcée de certains mobiliers ou appareils électroménagers pour honorer des factures d’hospitalisation.

Tous avaient développé des mécanismes de survie dans l’informel. Certains pour faire face ŕ l’épineux problčme de logement, ont carrément investi les 3/4 sinon la totalité des chambres des centres médicaux, transformant ainsi ces derniers en motels.

Les 5.000 travailleurs accrochés au seul espoir qu’offrait l’issue du dialogue intercongolais, c’est la réunification du territoire national, la reprise des échangés commerciaux inter-provinciaux, la relance de l’activité économique dans certains coins du pays et la reconstruction nationale, doivent aujourd’hui déchanter.

Pourtant, la récupération de la majorité de leurs agences et succursales implantées ŕ l’intérieur du pays dont les plus opérationnelles et les plus performante sont dans les territoires occupés, allait apporter une bouffée d’oxygčne ŕ leur refinancement sur fonds propres. Cette récupération allait en outre assurer le maintien des emplois ou la création d’autres dans la perspective d’une extension de leurs activités dans le Congo profond.

Protectrice d’emplois, l’Intersyndicale croit en la compassion du Chef de l’Etat

La mise ŕ chômage brutale et inattendue de plus de 5.000 travailleurs est un problčme social important qui interpelle en premier lieu le chef de l’Etat. En sa qualité de garant de la Nation, il ne peut demeurer insensible devant une suppression d’emplois qui frappe une couche de la population. Voilŕ pourquoi l’Intersyndicale des banques du Portefeuille de l’Etat ŕ, en son temps, saisi le président de la république, le Général-Major Joseph Kabila pour non seulement, l’informer sur le dossier, mais attirer son attention sur les répercussions de cette mesure ŕ plusieurs désavantagés.

Prise ŕ un tournant décisif de l’histoire de la RDC, ŕ la veille de l’inStauration d’un nouvel ordre politique pour la transition, cette liquidation forcée des banques publiques devrait ętre réexaminée dans le souci de la prise en compte de certains facteurs jadis non évoqués.

Dans ses discours, sa volonté de résoudre les problčmes et de répondre aux attentes de la population est clairement exprimée. Aussi, tous les membres dé l’Intersyndicale des banques du Portefeuille ont les yeux tournés vers le chef de l’Etat pour décider des mesures pouvant sécuriser les emplois, étant donné que la décision de liquidation forcée n’a pas prévu une solution alternative ou de rechange.