Le verdict de la Cour suprême de justice est attendu dans les prochaines heures. Les Congolais retiennent leur souffle. Il y a de quoi le retenir vraiment si l’on tient compte de toute cette période fertile en rebondissements. Qui de Kabila ou de Bemba sera Président de la République ?

Sauf changement de dernière minute, la Cour suprême de justice se réunira pour la dernière fois ce lundi afin de rendre son arrêt devant le recours introduit par le candidat Jean-Pierre Bemba. L’affaire a été prise en délibéré au terme de l’audience du samedi 25 novembre.
Cette audience publique a été consacrée à l’examen de la question de fond et la Cour a entendu toutes les parties. Aussi, c’est lundi 27 novembre que la Haute cour devra rendre son arrêt, mettre ainsi fin à ce suspens et à cette longue période d’angoisse. Sa décision sera sans appel et celui qui aura été proclamé vainqueur du deuxième tour de l’élection présidentielle sera proclamé président de la République.
Nul doute que la Cour a été à la hauteur de ses compétences, analyser avec plus de responsabilité les éléments juridiques en sa possession pour dire le droit. Mais surtout la vérité des urnes, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Quel que soit le vainqueur, le souhait de toute la population et de la Communauté internationale est de voir les deux candidats, à savoir Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba accepter la sentence de la Cour suprême de justice qui statue en dernier ressort. De leur attitude dépendra évidemment la suite des événements.
Verdict ce lundi
Aussi, il faudra s’abstenir de tout triomphalisme agacent qui mettrait le feu aux poudres. Jusqu’à ce jour, la population s’est dignement comportée. Malgré toutes les pressions qu’elle a subies et la manipulation dont elle a été l’objet, elle a fait preuve de plus de responsabilité. Par conséquent, elle mérite des félicitations qui doivent se traduire par un comportement tout aussi responsable des deux candidats, surtout de leurs partisans qui, à plusieurs reprises, ont péché par excès de zèle.
Si l’on s’attend à un bon gagnant, il importe également qu’il y ait un « bon perdant » dans l’intérêt supérieur de la Nation. Il est vrai que les événements de ces derniers jours suscitent plusieurs appréhensions. Il suffit d’un moindre débordement pour qu’il y ait de grands dérapages aux conséquences incalculables. Le peuple congolais ne mérite nullement ce genre de sanctions.
C’est terminé les débats sur le contentieux électoral opposant le candidat président de la République Jean-Pierre Bemba Gombo à la Commission électorale indépendante (CEI). La Cour suprême de justice les a clôturés tard dans la soirée du samedi 25 novembre 2006. La cause entendue et l’affaire prise en délibéré, l’arrêt tombera aujourd’hui lundi 27 novembre à 17h00’. C’est le président Kalonda qui l’a annoncé en levant l’audience. Prié de donner ses conclusions à la fin des débats, le représentant du Parquet général de la République a estimé que la requête du Mouvement de libération du Congo n’était pas fondée. Il a donc prié la haute Cour de confirmer les résultats du second tour de l’élection présidentielle.
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Houleuse et harassante a été donc l’audience de la Cour suprême de justice qui s’est tenue samedi dans le Salon rouge du ministère des Affaires étrangères. Appelée à trancher sur les résultats électoraux contestés par le candidat Jean-Pierre Bemba, la composition du siège comprenant les magistrats Kalonda, Mbangama, Tshibanda, Tuka Ika et Nzangi a d’abord été récusée par la partie requérante qui a dénoncé la partialité qu’auraient affiché ces juges dès la première audience. Selon Me Richard Bondo, son client Bemba Gombo ne croyait plus en ces hauts magistrats, ils n’étaient plus en mesure de lui rendre justice.
Mais évoquant l’article 72 du Code de procédure, le président Kalonda a fait comprendre aux avocats du candidat Jean Pierre-Bemba que la récusation d’un magistrat est déposée au greffe, le greffier la notifie ensuite au président de la juridiction, ainsi qu’au juge mis en cause. Et ce dernier est prié de faire la déclaration pour sa défense dans les deux jours qui suivent.
Au nom du siège, le président de la Cour a donc rétorqué en ces termes : « Quand il n’y a pas de notification faite de façon régulière, nous sommes censés ne rien connaître ». Après un dialogue des sourds, le collectif des avocats de Jean-Pierre Bemba prend la décision de suspendre sa comparution et quitte la salle.
(Yes)Le Potentiel
Last edited: 27/11/2006 12:46:12