Une fausse alerte a mis une partie de Kinshasa vendredi soir sens dessus sens dessous. La Haute Cour poursuit ce samedi l’examen du fond du dossier…

La Ville-province de Kinshasa s’est trouvée en effervescence vendredi 24 novembre 2006, vers 20 heures. En effet, par une sorte de mimétisme venu d’on ne sait où, des foules sont sorties dans les rues « fêter » la victoire de Jean-Pierre Bemba qui aurait été proclamé Président de la République par le verdict de la Cour suprême de justice (CSJ). Pourtant, cette même haute cour venait, deux heures plus tôt, de suspendre l’audience sur la requête introduite auprès d’elle par le Mouvement de Libération du Congo (MLC) et la plate-forme « Union pour la Nation », et de remettre une autre audience publique pour demain sur sollicitation des avocats du MLC. La CSJ avait repris l’examen de cette requête en s’étant d’ailleurs délocalisée de son siège vers le Salon vert du ministère des Affaires étrangères à la suite de malheureux incidents survenus mardi.
Vendredi, la Cour suprême de justice qui a commencé par examiner les exceptions soulevées par le requérant, en l’occurrence le MLC, a poursuivi, par la suite, avec la lecture de la requête sur insistance des avocats de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) qui, peut-être par ironie, semblaient ne pas connaître pour quelle raison ils se trouvaient là. On était ainsi entré dans le débat de fond dans cette audience retransmise pourtant en direct par quelques chaînes de télévision à Kinshasa.
Nous avons, sans doute, tort d’utiliser le terme « pourtant ». D’autant plus que le courant de la Société nationale d’électricité (SNEL) ne permet pas à tous les habitants de la capitale d’être à la page de l’actualité, quand bien même ils peuvent posséder des postes téléviseurs et des postes radios. Cela est d’autant plus vrai que la commune de Bandalungwa d’où serait partie la rumeur faisant de JP Bemba, le « Igwe » congolais, vainqueur de l’élection présidentielle au second tour, a les 3 /4 de ses quartiers dans le noir.
Dans le camp adverse au MLC, et même dans l’officiel, on a compris et on a parlé de l’intox et des mensonges montés de toutes pièces pour faire pression sur la haute cour. En effet, des cadres de l’AMP passés sur Digital TV, une chaîne de l’obédience de leur famille politique, ont condamné cet intox et appelé les leur à ne pas céder à la provocation.
Du côté officiel, le numéro un de la ville de Kinshasa, l’Amiral Liwanga a, dans une déclaration faite en français et en lingala, également éclairé la lanterne de l’opinion qui n’aura pas suivi l’audience d’hier à la Cour suprême de justice. Le gouverneur a affirmé que l’information qui a fait déferler Kinshasa n’était fondée que sur les rumeurs et les mensonges.
Parlant de la sécurité de ses administrés, il a indiqué que l’Hôtel de ville avait déjà pris toutes les dispositions pour que, quelles que soient les circonstances, la police puisse intervenir utilement, nuit et jour.
(Yes)
J.P. Mwanza/La Référence Plus
Last edited: 25/11/2006 11:54:12