En lisant l’ouvrage, on croirait entendre les pleurs d’un peuple souvent trahi. Les poèmes ce sont les mots d’une femme étypique offerts au Congo, pays mille fois meurtri et mille fois ressucité
Les maisons l’Harmattan et Afrique Editions viennent de lancer sur le marché l’ouvrage de Bestine Kazadi Ditabala. Il s’agit d’un recueil de poèmes intitulé « Congo mots pour maux » de 80 pages contenant 36 poèmes assortis de commentaires et accompagnés chacun d’une illustration.
La cérémonie de la présentation de ce chef d’œuvre émanant d’une des rares poétesses de la RDC a eu lieu le jeudi 9 novembre 2006 au salon Congo du Grand hôtel Kinshasa sous la houlette du ministre de la Culture et des arts, Philémon Mukendi. L’Administrateur délégué de la maison Afrique Editions, Bernard Buku Pongo a salué la naissance d’un nouveau talent, d’une poétesse qui jongle les mots avec harmonie dans son ouvrage.
Bestine Kazadi Ditabala, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est née en Belgique en 1963. Mère d’une fille de huit ans, Ditabala est licenciée en droit, avocate au barreau de Kinshasa et coordinatrice du bureau de réflexions et d’études congolaises (BREC) à travers lequel, elle milite activement pour les « Droits du Congo ».
Un engagement
La présentation de l’ouvrage faite par le professeur Yoka Lye Mudaba a davantage dévoilé l’identité de l’auteur avant de revenir sur les qualités littéraires et artistiques de cette oeuvre au point de vue de la forme et du contenu. Selon lui, le recueil de poèmes préfacé par Eddie Tambwe Kitenge est dédié à la République démocratique du Congo, le pays de Bestine Kazadi. Ce livre rend compte d’un univers chaotique, dans lequel, larmes et espoirs s’imbriquent.
« Les poèmes qu’il contient se donnent à lire comme des appels à la grandeur, à la volonté de prise en charge du destin du Congo par les congolais eux-mêmes. C’est ce que cette écriture dégage de puissant, de conviction, de révolte », a-t-il souligné en précisant que la souffrance, miroir du passé, est cette vérité que l’auteur veut dénoncer, pour que le Congo se pardonne…
Comme commentaire, il faut retenir que page par page, le lecteur de l’ouvrage va découvrir un lien puisant entre l’auteur et son pays. Elle prête donc sa voix et sa plume au peuple congolais et ce dernier lui rend sa douleur en écho. En lisant l’ouvrage, on croirait entendre les pleurs d’un peuple souvent trahi. Les poèmes, ce sont les mots d’une femme atypique offerts au Congo, pays mille fois meurtri et mille fois ressuscité.
Les vers de Bestine vont chercher leur sève et leurs racines dans les tourments d’un peuple en quête de son Histoire. A son tour l’auteur elle-même a donné les raisons d’être de son aventure littéraire. Elle souligne qu’elle traduit son engagement pour le congo. Avant de baptiser l’ouvrage, le ministre de la Culture Philémon Mukendi a révélé que l’ouvrage vient ouvrir les yeux de Congolais au moment où les nouveaux jalons pour le Congo sont en train d’être posés. Pour lui, l’auteur partage avec ses compatriotes le rêve d’un Congo délivré de la médiocrité, d’un Congo libre.
Bestine ne traîne donc pas dans l’utopie d’un Congo débout et fort, a-t-il affirmé avant de conclure que sans de pareils engagements, le Congo restera une terre de désespérance. Voilà pourquoi, il a invité à lire et relire ce livre.
Raymonde Senga Kossy/Le Potentiel
Last edited: 24/11/2006 16:25:13