Hausse des prix du pain à Kinshasa
Kinshasa, 24/11/2006 / Economie
La hausse généralisée des prix de certaines denrées alimentaires observée ce dernier temps dans la capitale n’a pas épargné le pain, nourriture préférée des Kinois
Alors que le franc congolais, la monnaie nationale, s’apprécie par rapport aux principales devises étrangères, les prix des biens de première nécessité prennent de l’ascenseur sur le marché de Kinshasa. La dernière hausse en date est celle du pain, aliment consommé au quotidien par la population kinoise.
En effet, l’Usine de panification de Kinshasa (UPAK) a haussé les prix de ses différents types de pain depuis jeudi 23 novembre. Le pistolet est passé de 50 Fc à 80 Fc, la baguette et le pain carré sont passés de 100 Fc à 150 Fc, soit une hausse de 50%. Surpris par cette hausse plusieurs consommateurs ont boudé de consommer ce pain.
Selon les dépositaires de l’UPAK, cette hausse est consécutive au fait que, alors que les autres opérateurs du secteur de la panification avaient dernièrement augmenté les prix de leurs produits, cette usine n’avait pas suivi ce mouvement. Ce qui lui a valu un accroissement de la clientèle si bien que l’UPAK était obligée d’augmenter le volume de production pour satisfaire la demande de plus en plus croissante.
N’étant pas en mesure de supporter cette augmentation de volume de production, l’UPAK a jugé utile de revenir à son rythme normal avec comme implication l’ajustage du prix au même taux que les autres opérateurs sur le marché. Pour les vendeuses qui, d’ailleurs, n’ont pas vendu comme d’habitude jeudi 23 novembre, il serait mieux qu’on diminue la quantité de pain et maintenir le même prix plutôt que d’augmenter. Surtout qu’il se pose aussi des problèmes de petites coupures pour faire la monnaie. Il sied d’indiquer que les autres opérateurs du secteur de la panification n’ont pas opéré une autre hausse mais ont opté pour la réduction de la quantité de leurs produits.
Un constat cependant est que le pain vendu au prix ordinaire n’est pas de bonne qualité. Ce qui démontre que pour réduire les charges, ces opérateurs ont soustrait notamment certains ingrédients qui entrent dans la fabrication des pains. En tout état de cause, sur le marché kinois, en particulier, en cas de dépréciation du franc congolais, les prix des biens et services augmentent souvent plus que proportionnels au taux de dépréciation. Et en cas d’une appréciation du franc congolais, rien n’est fait dans le sens de réduction des prix. Ce à quoi le nouveau ministre de l’Economie, Moïse Nyarugabo, tient à s’attaquer.
En effet, dans un entretien le mercredi 22 novembre dernier avec les importateurs et exportateurs de Kinshasa, il leur a demandé de respecter la structure des prix. Du constat du ministre de l’Economie, plusieurs opérateurs économiques pratiquent des « prix anormaux » et pas « homologués » par ses services.
Le ministre de l’Economie entend maintenir le dialogue avec les opérateurs économiques de manière que ceux-ci pratiquent des prix réels sur le marché. Il faut noter qu’en dépit de l’appréciation du franc congolais observé ces derniers mois, le pouvoir d’achat de la grande majorité de la population n’a pas changé, pire il a même diminué.
Amédée M.K. & Yvon Issaka/Le Potentiel
Last edited: 24/11/2006 15:13:47