Construit sur la colline qui sépare l’Université de Kinshasa du Monastère des frères catholiques, le village Maluku est un véritable campement de fortune dont la construction laisse à désirer. Quand il pleut, les matières fécales sont déversées dans ces conduits polluant au passage le petit village Maluku.
Situé en face du terminus de l’université de Kinshasa ( place trafic), le village Maluku est un petit campement d’une dizaine de bâtiments construit sur un terrain non seulement vert mais aussi dangereux dans tous les sens du mot. Construit sur la colline qui sépare l’université de Kinshasa du Monastère des frères catholiques, le village Maluku est un véritable campement de fortune dont la construction laisse à désirer. Petits bâtiments de 4 portes construits vaille que vaille en blocs ciments juste à côté de l’endroit où passent les conduites ouvertes, des égouts canalisant les eaux des latrines de l’université.
Quand il pleut, les matières fécales sont déversées dans ces conduits polluant au passage le petit village Maluku. C’est dans cette bourgade que sont entassés une centaine d’étudiants aussi bien de l’Unikin que de l’institut supérieur des techniques médicales (ISTM), en difficulté de logement.
Parlant de l’architecture inadéquate du village, certaines langues parlent d’un fait exprès : « Monsieur Beni sait parfaitement que ce terrain est à risque », donc interdit. Il ne peut pas gaspiller son argent en construisant en matériaux durables “, et d’ajouter: "Mais comme il a besoin de se faire un peu d’argent, il construit ses bicoques en attendant que l’Etat se réveille", a affirmé un résident de ce village.
Les étudiants qui y logent sont exposés non seulement au vent qui peut à tout moment emporter les toitures si pas les bâtiments tout entiers, parce que mal construits, mais aussi à la pollution due à l’écoulement sans arrêt des matières fécales. A cela, il faut ajouter la promiscuité sexuelle qui guète les camarades filles et garçons logés indistinctement.
Le prix de loyer dans cet ” hôtel “s’élève de 15 à 20 dollars USD, assorti d’une garantie préalable de six mois. Outre ce taux de loyer, les résidents sont contraints de payer au bailleur deux dollars par mois pour l’eau et l’électricité. Pourtant, le village est alimenté en eau et en électricité par l’université. Une véritable escroquerie!
Loin d’être une œuvre philanthropique, le village Maluku est une affaire florissante. Le danger auquel les résidents de ce village sont exposés importe peu. Le propriétaire est le chargé des relations publique de l’université de Kinshasa, un certain Louis Beni. L’intéressé ne dispose d’aucun document de propriété, car cet endroit n’a jamais été loti par les services de cadastre de la ville.
Le village est la conséquence logique de l’explosion démographique de la jeunesse estudiantine en RD.Congo. Construite en 1954, l’ex-université de Lovanium était prévue pour accueillir 6.000 étudiants. - La croissance démographique a joué un rôle néfaste sur le nombre de jeunes candidats à l’université. A ce jour, la capacité d’accueil de cette université est largement dépassée et l’on dénombre plus 20.000 étudiants. Issus pour la plupart des familles modestes, non seulement, les étudiants congolais ne perçoivent pas la bourse d’études depuis plus de deux décennies. Mal nourris, mal logés, ils étudient dans de conditions épouvantables: les auditoires conçus pour une centaine des places accueillent aujourd’hui plus de mille étudiants. Conséquence, la qualité des enseignements est entamée, entraînant ainsi, une baisse remarquable du niveau intellectuel des étudiants.
L’Etat congolais qui n’a pas construit d’autres universités malgré le nombre très élevé de jeunes candidats à l’université, laisse la situation se gâter... Il n’adopte pas de mesures nécessaires en vue de pallier tant soit peu à ces insuffisances criantes. Gouverner c’est prévoir” dit-on Pour compenser son incapacité de construire de nouvelles infrastructures universitaires, l’Etat congolais aurait dû soit payer les bourses à ses étudiants afin que ces derniers se débrouillent en logement et en restauration, soit encore, faire appel aux particuliers auxquels l’Etat devrait consentir des exonérations des taxes pour qu’ils investissent dans le secteur. Ainsi, le niveau intellectuel des étudiants congolais serait préservé.
Freddy Kilubi/Le Phare
Last edited: 23/11/2006 17:03:14