« Lorsque l’on revisite l’histoire de la littérature congolaise d’expression francophone, que ce soit à l’occasion de différents concours littéraires, on découvre que les femmes écrivains sont des écrivains de talent et ne sont pas légion ».
« Congo, mots pour maux » tel est l’intitulé du livre de Bestine Kazadi Ditabala, présenté jeudi 9 novembre au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa. Au cours de cette manifestation, le ministre de la Culture et des Arts, Philémon Mukendi, a souligné que cet ouvrage ouvre les nouveaux horizons de par le nom de son auteur « Ditabala » qui signifie « Réveil ». Le Congo reste une terre d’espérance et il doit se tenir debout, a-t-il fait savoir.
Pour le professeur Yoka Lye, « c’est un jour d’honneur pour la femme, particulièrement la femme congolaise dans ce qu’elle a à la fois et, tour à tour, de charme et de générosité, de sensibilité et d’ambiguïté. Il a fait noter que « lorsqu’on revisite l’histoire de la littérature congolaise d’expression francophone, que ce soit à l’occasion de différents concours littéraires, concours Senghor, concours Mobutu, concours de l’ambassade du Canada, que ce soit dans le recueil de la pléiade du Congo, le plus récemment celui de Willy Mudiandambu ; on découvre que les femmes écrivains sont des écrivains de talent et ne sont pas légion, loin de là ».
Cet ouvrage, explique-t-il, est un opuscule de 80 pages et comprend 36 poèmes dont 18 appartiennent au champ sémantique de l’histoire, 14 neutres et 3 pessimistes. Ces 36 poèmes sont repartis de commentaire illustre et évocateur, sous le pinceau de l’artiste de choix Milambwe Bondo. Dans cette oeuvre, nous allons retenir le mot boussole : c’est le mot « paradoxe ». Le paradoxe du fait littéraire proprement dit dans son architecture de forme, comme dans son expression de fond, paradoxe de la présentation typographique, c’est-à-dire : le titre, les annexes, les illustrations, la préface.
La forme est modelée et modulée selon le rythme envers ligne et d’allure classique. Avocate au Barreau de Kinshasa et coordinatrice du Bureau de réflexions et d’études congolaises, BREC, Bestine Kazadi Ditabala, auteur de « Congo, mots pour maux » remercie l’assistance pour ce jour qui est le sien, qui est un moment privilégié, particulier et spécial. Pour elle, un livre n’est pas une fable ni une juxtaposition de mots, mais un partage, même un risque, celui de laisser parler son cœur.
Ces poèmes, dit l’auteur, sont des mots d’une femme atypique offerts au Congo, pays mille fois ressuscité. Les vers de Bestine vont chercher leur sève et leurs racines dans les tourments d’un peuple en quête de son histoire.
Notant que ces poèmes sont accompagnés chacun d’une illustration et dédiés à la République Démocratique du Congo, l’auteur du livre rend compte d’un Univers chaotique dans lequel « Ditabala » se donne à lire comme des appels à la grandeur, à la volonté de prise en charge du destin du Congo pour les Congolais eux-mêmes. C’est ce que cette écriture dégage de puissant, de conviction, de révolté. La souffrance, miroir du passé est cette vérité qu’elle veut pour que le Congo se pardonne.
Cet ouvrage est publié chez l’harmattan 2006, en collaboration avec l’Afrique-Editions, le spécialiste du livre qui édite et commercialise des ouvrages destinés principalement à l’enseignement.
Afrique-Editions installe des bibliothèques, équipe des centres de documentation et forme des bibliothécaires à la gestion de ces entités culturelles.
(Yes)
Lucie Mulumba/Le Révélateur
Last edited: 22/11/2006 16:57:25