Pour la deuxième fois consécutive en deux jours, les partisans du candidats Jean-Pierre Bemba ont pris d’assaut la Cour suprême de justice. Ils ont promis d’organiser chaque jour des sit-in jusqu’à l’annulation partielle ou totale du scrutin du 29 octobre.
Ils ont le moral, les militants de l’Union pour la Nation qui ont défié, lundi 20 novembre, les blindés légers de la Monuc positionnés de chaque côté du Bâtiment de la Cour Suprême de Justice et le dispositif sécuritaire déployé par la Police pour dissuader d’éventuels fauteurs de troubles qui auraient eu la mauvaise idée de perturber l’examen du recours de Bemba par les membres de la Cour.
Les manifestants très déterminés attendent vraisemblablement une chose de la Cour Suprême de Justice : l’annulation totale ou partielle du scrutin du 29 octobre. Les déclarations que les plus courageux d’entre eux ont faites aux journalistes venus couvrir la manif sont sans ambiguïté. Pas question pour eux d’accepter un verdict qui soit contraire à leurs attentes. Pour maintenir la pression, les bembistes ont promis d’organiser les sit-in devant la Cour tous les jours jusqu’à la résolution du contentieux électoral. Et pourtant, les Décisions de la Cour sont opposables à tous et ne peuvent souffrir d’aucune contestation. Mais que va-t-il se passer ? Selon les cadres de l’UN, ils vont faire l’opposition parlementaire au cas où… Il reste que cette opposition ne sera pas facile.
Méfiance totale entre Députés de l’UN et de l’AMP
Réunis en plénière pour examiner et adopter article par article le Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale, les Députés tenaient à véhiculer le message selon lequel il existe au Parlement une coalition majoritaire et une minorité. La majorité, c’est l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP), forte d’environ 300 Députés, constituée autour de la personne du Chef de l’Etat, Joseph Kabila. L’opposition minoritaire est celle que composent les Députés du Regroupement des Nationalistes Congolais (RENACO), mué peu avant le 2ème tour de la présidentielle en l’Union pour la Nation (UN) derrière Jean-Pierre Bemba. Le reste des élus gravite autour de deux plate-formes. Lundi 20 novembre, les Honorables ont montré aux Congolais que le fossé qui sépare les deux camps est trop grand qu’on veut le faire croire. Tout est parti de l’article 22 du Règlement sur la prise en compte des forces en présence dans la composition du Bureau définitif pour un mandat de cinq ans.
Quand Delly Sessanga du MLC lit son amendement, qui finalement a été adopté, le premier réflexe des Députés AMP était de désapprouver l’initiative sans se donner la peine de saisir la portée du message. Il a en été de même chaque fois que les Josephistes argumentaient. Il semble que c’est la résultante des élections qui se sont déroulées dernièrement au pays. Député AMP, Olivier Kamitatu ne s’en est pas caché. Côté Bembistes, Delly Sessanga a estimé que ce genre de comportement tuait le débat d’idées. Et que si jamais on ne les laissait pas s’exprimer au Palais du Peuple, c’est la rue qui parlerait.
Des analystes ont été beaucoup plus critiques sur le décor que les Députés, quelle que soit leur obédience, tentent de planter à l’Assemblée nationale, voulant faire de cette Institution une caisse de résonance. La crainte des observateurs politiques est de voir les questions d’intérêt national occultées uniquement parce que les gens veulent donner un sens à un groupe parlementaire. Question de dire que la consigne ou la ligne de la plate-forme est respectée. Ce faisant, on risque d’aller à l’extrême au mépris des aspirations profondes du peuple congolais.
(Yes)La Prospérité
Last edited: 21/11/2006 14:59:38