Le candidat battu au second tour de l’élection présidentielle avait annoncé un recours à la Cour Suprême de Justice comme voie régulière de sa contestation des résultats électoraux, mais le délai imparti par la loi pour l’introduction du recours concerné expire ce samedi.

Quatre jours avant la date officielle de publication des résultats du second tour de la présidentielle, la CEI a anticipé la publication les résultats tant attendus : le président sortant, Joseph kabila, l’a largement emporté avec 58,05% des voix contre son challenger, le Vice-président Jean-Pierre Bemba, avec 42,85% des voix.
Ce score, comme le signale le Pr. Elikia Mbokolo, intervenant jeudi sur les antennes de la Radio Okapi, est remarquable à maints égards. D’après lui, l’alliance avec Antoine Gizenga et Nzanga Mobutu n’a pas profité à Joseph Kabila qui du reste a perdu dans les bastions de ces deux personnalités (soit de 44% du premier tour, Kabila gagne 14% seulement).
Tandis que Jean-Pierre Bcmba a amélioré son score, surtout dans les deux Kasaï et dans la province de Bandundu (soit de 20% du premier tour, il améliore son score de 22%). Il termine son examen en disant que les Congolais de l’Est comme ceux de l’Ouest ont tous voté pour les individus plutôt que pour les regroupements politiques. Sachant que les alliances ont été conclues en tenant compte de ce que devait apporter chacun d’eux, l’AMP sera-t-elle obligée de revoir le tir ?
Intervenant jeudi dernier sur les antennes de Canal Kin Télévision, Jean-Pierre Bemba a, dans son adresse, déclaré qu’il va recourir à des voies légales afin de contester les résultats du deuxième tour. Disons que le droit de contester les résultats est consacré par la loi électorale. D’après cet article, le MLC ou le regroupement politique (UN) peuvent contester les résultats des élections dans un délai de trois jours, après l’annonce des résultats provisoires par la CEI, soit du jeudi 16 novembre au samedi 18 novembre 2006.
Pour ce faire, la Cour Suprême de Justice dispose d’un délai de sept jours à compter de la date de sa saisine pour rendre ses décisions. Avec l’expérience des élections législatives, le délai de 7 jours s’avère insuffisant, pour permettre à cette juridiction de se prononcer valablement. Sachant que la prestation de serment du nouveau président élu est prévue pour le dix décembre prochain, une modification du calendrier serait normale pour permettre à la Cour de bien mener ses enquêtes. Interrogée à ce propos, la population congolaise pense que le recours ne servirait à rien car il peut déboucher sur des conflits qui n’apporteront rien à ce peuple qui a longtemps souffert.
D’autres de leur coté, pensent que vu le coût engendré par l’organisation de ces élections, il sera difficile à la haute Cour de les annuler. Donc il n’est pas étonnant que la Cour Suprême de Justice proclame les résultats définitifs des élections, faute d’un intérêt dans le chef du MLC ou de leur regroupement politique. Car dit-on, « pas d’intérêt pas d’action ».
Hervé Cheuzeville a écrit un livre intitulé « Chroniques Africaines de guerres et d’espérance (Rd-Congo, Ouganda, Rwanda, Burundi, Soudan) ». Dans ce livre qui a paru aux éditions Persée, l’auteur pense que « l’élection du président Kabila au deuxième tour lui permettra d’avoir les mains plus libres pour s’attaquer aux vrais problèmes du Congo, qui sont légions.
Pour cela, ajoute-t-il, il faudra qu’il continue à savoir écouter, et qu’il se détache totalement des clans et des coteries, tout en se maintenant fermement au-dessus de la mêlée. Ce ne sera pas chose facile, estime t-il, car les défis qui restent à relever sont énormes. Mais je persiste à voir dans le Congo un pays riche en potentialités. Cet immense pays aux ressources diverses et variées, pourrait devenir demain un Brésil de l’Afrique. Joseph Kabila m’a confié qu’il souhaitait quant à lui, que la Rd-Congo soit un jour au continent africain ce que la Chine est à l’Asie ».
La nouvelle la plus surprenante en Rd-Congo, pays sans tradition démocratique, est la tenue de ce second tour. Dans de nombreux pays africains, le Chef de l’Etat sortant n’a généralement pas besoin d’affronter l’épreuve d’un second tour. Pour cela, on a largement recours à l’intimidation, à la manipulation et à la fraude. Ce fut encore le cas, il y’a quelques mois, dans un pays voisin de la Rd-Congo.
Ces élections présidentielles sont donc un succès pour le président de la République et surtout pour le peuple congolais tout entier. Il a su faire preuve d’une étonnante maturité politique, en participant massivement au deuxième tour en dépit de mauvaises conditions météorologiques.
(Yes)Jean-Marie Nkambua/L’Avenir
Last edited: 18/11/2006 12:16:55