La victoire du président sortant, annoncée le mercredi 15 novembre 2006, par le président de la Cei, à la RTNC peu après 19 h 00, loin de provoquer la liesse populaire, a ; au contraire, poussé presque tous les kinois à quitter les places publiques et à se retrancher chacun chez-lui. Ce fut le sauve-qui peut dans tous les coins de la métropole congolaise : fermeture des commerces, promptitude à gagner le toit conjugal ou familial.
Kinshasa, la capitale de la RD.Congo a accueilli dans l’indifférence et la peur bleue la proclamation de la victoire électorale de Joseph Kabila Kabange à l’issue du 2ème tour de l’élection présidentielle du 29 octobre 2006.
Annoncée par le président de la Commission électorale indépendante (Cei), l’abbé Apollinaire Malu Malu le mercredi 15 novembre 2006 à la télévision nationale, RTNC, peu après 19h00, la victoire du président sortant, loin de provoquer la liesse populaire, a, au contraire, poussé presque tous les Kinois à quitter les places publiques et à se retrancher chacun chez-lui.
Ce fut le sauve- qui-peut dans tous les coins de la métropole congolaise: fermeture des commerces, promptitude à gagner le toit conjugal ou familial. Bref, chacun a préféré se trouver chez lui, renforcé dans cette crainte par l’obscurité la plus épaisse.
Heureusement ou malheureusement, c’est selon, le pire n’est pas arrivé. Tôt le matin, on pouvait voir des groupuscules se former ça et là pour commenter la victoire de Joseph Kabila et la défaite de Jean Pierre Bemba sans, curieusement, aucune scène de joie. On a, même vu des policiers se débarrasser de leurs tenue pour regagner leurs domiciles. Vers 6 heures, quelques uns à la quête du pain quotidien, se sont quand même décidés à gagner les arrêts de bus en vue d’affronter leur peine de tous les jours pour la survie. Les plus matinaux se sont quand même déplacés. Mais, face à l’hésitation des transporteurs de se livrer à leur tâche journalière, nombreux ont rebroussé chemin pour attendre et observer la situation.
C’est vers 8h00- 9h00 hier jeudi 16 novembre que quelques rares bus ont commencé à se pointer. Un tour nous a quand même permis de constater une certaine stupeur, l’attentisme des Kinois pour voir l’évolution de la journée.
Au centre ville, presque tous les commerces n’ont pas ouvert. Le marché central était très clairsemé. Un policier de garde devant une maison de commerce a même marqué sa désapprobation lorsque nous avons osé entrer dans un magasin vers 14h00. « Le climat n’est pas bon. N’entrez pas dans le magasin pour nous permettre de regagner nos domiciles », s’est-il exclamé. De quoi les lendemains seront-ils faits? L’avenir nous fixera.
La Tempête des tropiques
Last edited: 18/11/2006 11:15:48