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Ces banques, qui ne sont qu’à compter au bout du doigt, ne savent plus répondre aux nombreuses sollicitations de retrait des fonds de leur clientèle faute des billets de banque. Les banques commerciales tout comme leurs clients ne s’expliquent plus la crise qui secoue aujourd’hui le système bancaire congolais. Faites un tour dans l’une des banques de la capitale Kinshasa, et vous comprendrez combien la situation est dramatique.

En effet, les guichets de ce qui reste du système bancaire congolais sont quasiment inondés par des clients en quête de liquidité. Mais, les banques ne savent pas répondre aux nombreuses sollicitations de leur clientèle. La pénurie des signes monétaires est là. Et, la Banque centrale du Congo en est consciente, mais se voie limiter dans ses moyens d’intervention par le fait de la difficulté d’entraîner le gouvernement, responsable de la politique budgétaire, dans la logique des objectifs de sa politique monétaire, c’est-à-dire mettre à la disposition de l’économie une masse des liquidités tout en garantissant la stabilité des prix par un contrôle strict de la parité du franc congolais face aux autres devises étrangères.

Fin septembre, la crise apparaît

Le problème est apparu fin septembre, début octobre 2006. Les banques commerciales se sont alors retrouvés avec une explosion de demande de conversion de scripturale en fiduciaire. Mais, presque médusées, la plupart ont été incapables de répondre à la demande de leur clientèle. La pénurie a donc gagné tout le système bancaire. De la Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac), en passant par la Banque internationale de crédit (Bic) jusqu’à la Stanbic Bank comme ailleurs, la situation a été presque la même ; toutes ces banques connaissent depuis quelques jours de graves difficulté à honorer les demandes de sortie des fonds de leurs clients. La raison est qu’elles ne disposent d’assez des numéraires en monnaie nationale pour satisfaire à cette explosion de retrait des fonds.

La Banque centrale du Congo ne s’est pas montrée alarmiste face à cette situation qu’elle dit être en voie de « se normaliser », selon son directeur des Etudes, Vincent Ngonga Nzinga. Elle explique cette crise des liquidités dans le système bancaire par l’important déficit du secteur public des mois de juin, juillet et août 2006 ; déficit qui, pense-t-il, a joué négativement sur les avoirs libres des banques commerciales auprès de la Banque centrale. En même temps, il s’est dit au regard de bonnes nouvelles au niveau du compte du Trésor qui tend à se raffermir en affichant des soldes positifs depuis septembre 2006 que la situation devrait revenir à la normale entre novembre et décembre 2006.

A la base : le comportement irresponsable de l’Etat

En pratique, chaque fois qu’il y a aggravation du déficit budgétaire, les avoirs libres des banques ont tendance à s’accroître dans des proportions parfois importantes excédant de fois le rythme d’accroissement des émissions monétaires près de la Banque centrale du Congo. D’où, généralement apparaît devant cette situation disproportionnée le problème de la convertibilité de ces avoirs en numéraires. Comme les banques commerciales, comme c’est le cas depuis fin septembre n’ont pas été en mesure de garantir la convertibilité de scripturale en fiduciaire, il est apparu directement une pénurie généralisée des signes monétaires, plongeant tout le système bancaire dans le désarroi. Ainsi, comme toujours, c’est l’Etat congolais, c’est-à-dire le gouvernement de transition qui est pointé du doigt comme principal vecteur de la crise des liquidités dans laquelle se retrouve aujourd’hui les banques commerciales. En sapeur pompier, la Banque centrale tente d’éteindre le feu. Mais, aura-t-elle la capacité de contraindre le fautif à savoir le gouvernement à plus de responsabilité dans la gestion des finances de l’Etat ? C’est la clé de l’énigme.

Pour arriver à une stabilisation de la situation et un retour à la normale, le directeur des Etudes de la Banque centrale fonde sa conviction pour un renversement des tendances sur trois faits. Il s’agit du comportement responsable de l’Etat qui tend à se discipliner dans la tenue de ses finances publiques ; des effets du dernier relèvement du coefficient des réserves des banques ; et enfin de l’effet retour de l’échéance fiscale de paiement du deuxième acompte prévisionnel pour l’impôt sur les chiffres d’affaires. Les mesures monétaires que la Banque centrale du Congo tente de mettre en œuvre depuis septembre 2006, couplées à ces trois faits majeurs, estime, devraient jouer en faveur d’une normalisation du niveau des liquidités des banques commerciales. Mais, l’énigme reste encore, précise-t-il, la donne politique en cette période électorale. Car, selon lui, les mesures monétaires ne peuvent que tenir si le gouvernement d’un côté, et l’environnement socio-économique, de l’autre, joue le jeu.

Dans l’entre temps, voici la situation sur le marché monétaire que livre la Banque centrale du Congo dans le dernier numéro des « Notes de conjoncture » clôturées au 3 novembre 2006.

Au 03 novembre 2006, les émissions monétaires nettes (déduites des billets détruits) ont totalisé 172.438,8 millions de CDF contre 136.515,9 millions à fin décembre 2005, soit un flux additionnel de 35.922,9 millions de CDF/une augmentation de 26,31%.

Comparé au niveau de la programmation annuelle 2006 qui est de 20.000 millions de CDF, il se dégage, à ce jour, un dépassement de 15.922,9 millions de CDF/79,61%. Il est à noter qu’au cours du mois d’octobre 2006, la BCC a procédé à des émissions totalisant 8.084,3 millions de CDF principalement pour répondre aux besoins de la paie des différents services de l’Etat et aux dépenses liées au processus électoral.

Au 03 novembre 2006, les billets détruits se sont, dans l’ensemble, chiffrés à 2.579,59 millions de CDF.

Au Siège, au 19 octobre 2006, les billets immédiatement disponibles, l’encours de comptage et les billets impropres à la circulation se sont respectivement situés à 4.316,l8 millions de CDF, 138,50 et à 84,71 millions de CDF.

Les avoirs libres des banques auprès de la banque Centrale ont totalisé 6.531,37 millions de CDF au 03 novembre 2006 contre 8.876,62 millions de CDF à fin octobre 2006 et 4.896,9 millions de CDF à fin décembre 2005.

(Yes)

Faustin Kuediasala/Le Potentiel

Last edited: 17/11/2006 17:18:28

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