En République Démocratique du Congo, la vérité des urnes découlant du second tour de l’élection présidentielle du 29 octobre dernier n’était qu’un secret de polichinelle. L’abbé MALU-MALU, Président de la Commission Electorale Indépendante, institution constitutionnelle attitrée pour l’organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines et locales a rendu mercredi soir la sanction des consultations populaires concernées.

Pour la circonstance, c’est le Salon Congo du somptueux Grand Hôtel Kinshasa qui a prêté les lambris de son cadre à cette cérémonie qui a réuni le gratin du monde politique et diplomatique de la capitale, ainsi que des membres des organisations de la société civile et des représentants des confessions religieuses.

C’est donc devant ce parterre de personnalités que le Président de la CEI a rendu publics, sans plus de formalités, les résultats provisoires du second tour de la présidentielle. Le Président sortant Joseph Kabila Kabange a été déclaré urbi et orbi vainqueur par 58,05% des suffrages exprimés par rapport à son challenger, le Vice-Président Jean-Pierre Bemba Gombo qui s’est contenté d’un score avoisinant 41,95%. Quels regards peut-on porter sur ce scrutin qui  a passionné autant le commun des mortels que la classe politique congolaise ?

De prime à bord, il y a lieu de souligner que tout l’intérêt de ces élections, les premières du genre à être organisées en République Démocratique du Congo depuis plus de 40 ans, c’est que leur crédibilité et leur transparence ont été garanties autant par les textes juridiques qui constituent leur soubassement, que, aussi, par l’indispensable appui financier, logistique et matériel que la communauté internationale a apporté à leur organisation et à leur déroulement.

Par ailleurs, toutes les dispositions arrêtées par la Commission Électorale Indépendante – CEI – puissance organisatrice de ces scrutins ont efficacement contribué à assurer à ces élections une fluidité qui ne le cède en rien à la transparence. Il a fallu, pour obtenir cette fluidité et cette transparence dont 31 des 32 candidats inscrits pour le marathon du premier tour ont fait une exigence sine qua non pour leur participation, créer et assurer la formation d’un nouveau corps de police appelé l’Unité de Police Intégrée (UPI).

Fort de plus d’un millier d’éléments, ce corps de police a veillé sur la sécurité des personnalités de la CEI ainsi que des agents qui ont été formés pour assurer le déroulement des opérations électorales. A la satisfaction générale, l’UPI a accompli toutes les missions qui lui ont été assignées : ses éléments se sont acquitté sans faille des missions de protection des personnalités et des bâtiments ayant abrité les activités de la CEI.

Il a fallu assurer la formation de plusieurs milliers d’agents électoraux aussi bien que de formateurs de témoins nationaux qui ont à leur tour formé plusieurs centaines de témoins chargés de surveiller le déroulement et des opérations de vote, et de celles de compilation de bulletins de vote à tous les niveaux. Dans cette tâche, la CEI a également compté sur l’implication totale des maintes ONG, ainsi que de l’important mais combien déterminant et efficace contribution du réseau des confessions religieuses qui a déployé dans tous les 150.000 bureaux de vote plusieurs milliers de scrutateurs et scrutatrices qui ont mis un zèle patriotique indiscutable qui a, de toute évidence grandement contribué à garantir la crédibilité et assurer la transparence de ce scrutin.

Comme si toutes ces précautions n’avaient pas suffi, la CEI a élargi le champ de la fluidité à près de 250 observateurs internationaux venus de tous les horizons. En effet, près de quatre mois avant le premier tour de manivelle du scrutin, la prestigieuse Fondation Carter, de l’ex-président américain Jimmy Carter a pris ses quartiers partout en République Démocratique du Congo, y déployant des centaines d’observateurs. De même, l’Union Européenne, première contributrice financièrement et moralement parlant du processus électoral en République du Congo, a veillé au grain pour couper l’herbe sous les pieds des futurs contestataires des résultats attendus de ces scrutins.

La centaine d’observateurs arborant les macarons UE placés sous la conduite de Philippe Morillon a donné un témoignage dénué de tout parti pris sur l’organisation  et le déroulement d’un scrutin qui, selon Philippe Morillon, a frôlé la cote de la perfection, quand bien même différentes opérations de ces élections ont été perturbées par quelques incidents qu’il faut mettre sur le compte de l’intolérance, à Bumba, à Gbadolite, à Businga, à Mweka et à Lodja, tandis que la mort par balles de deux agents électoraux dans le bureau de vote dans la localité de Fataki au Nord-Kivu a été l’œuvre macabre d’un agent de l’ordre en état d’ébriété.

Que dire encore, pour rajouter à la fluidité et à la transparence que la malhonnêteté ne peut dénier aux résultats de deux tours de cette présidentielle, au sujet du déploiement perceptible, parce que imposante sur le terrain, des observateurs de la SADC, organisation économique et politique regroupant une dizaine de pays de l’Afrique centrale, australe et orientale du continent ?

Il est impensable, devant une pareille volonté nationale et internationale réunie qui a suivi méticuleusement aux opérations de vote, de dépouillement et de compilation des bulletins de vote, de méconnaître la fiabilité et la crédibilité d’un scrutin dont le résultat, proclamé le mercredi 15 novembre 2006, ne peut souffrir, sauf mauvaise foi manifeste, de la moindre contestation.

La preuve, le Président de la CEI l’a souligné par deux fois dans son allocution de circonstance, que les résultats provisoires du second tout de l’élection présidentielle ont bénéficié du quitus de toux les membres composant cette institution d’appui à la démocratie qui, on peut lui jeter des fleurs méritées, a converti dans les faits la promesse faite par le Président Joseph KABILA, de conduire le peuple congolais aux élections au terme de la transition.

Ainsi, contrairement à l’imposture de la veille mise en scène sur le plateau de Canal Kin TV appartenant au candidat Jean-Pierre Bemba Gombo, et qui a livré en pâture au public des résultats sortis de l’imagination de quelques personnalités du camp défait, dont Lunda Bululu, Kamanda wa Kamanda, Matusila, Olenghankoy, Oscar Kashala, Marie-Thérèse N’Landu, Wivine N’Landu et consorts, le score final du deuxième tour de l’élection présidentielle consacre sans nul doute un triomphe électoral pour celui des deux candidats qui a magistralement tiré son épingle du jeu, en l’occurrence Joseph Kabila Kabange auquel la direction, la rédaction et le personnel de Multimedia Congo (MMC) adresse ses chaleureuses félicitations à l’occasion de sa brillante élection à la magistrature suprême.

Mais le peuple congolais dans son ensemble doit se sentir le grand vainqueur de cette élection, lui a rendu possible l’issue de ce scrutin, ne serait-ce que parce qu’il y a cru, qu’il a accepté de s’identifier, de s’enrôler et enfin d’exprimer n droit de vote longtemps confisqué. Il n’appartient qu’au peuple congolais et à lui tout seul de savourer une victoire qui lui revient de plein droit.

MMC