“En réalité, mon désir personnel, c’est de pouvoir apporter la vitalité des Africains en Occident. J’ai envie de parler aux enfants occidentaux de la culture kinoise et de montrer à travers les personnages kinois, un exemple de vie à mener”
Hélène Hamon est à la fois comédienne, metteur en scène et écrivain venant de la ville de Strasbourg, en France. Elle y travaille au Théâtre Jeune Public. Cette structure soutient l’encadrement et la formation des jeunes au Centre de ressources de solidarité artistique et artisanale, CRSAA-Espace Masolo de Kinshasa, en RD Congo. C’est dans ce cadre qu’elle se trouve en atelier d’écriture d’une pièce à monter d’ici novembre 2007. Elle nous livre ici ses impressions après son séjour impromptu aux Journées congolaises des arts et spectacles, Jourcas 2006.
Que peut-on attendre concrètement de votre séjour à Kinshasa, en RD Congo ?
Je suis venue travailler avec M. Hubert Mahela de l’Espace Masolo sur l’écriture d’un texte qui devra être monté et, par la suite, être crée à Strasbourg. Nous allons travailler en trois temps : l’écriture, la répétition en avril et en octobre, enfin la création en novembre 07. En effet, le texte est entrain d’être écrit. Ca va parler de la vie des gens en RD Congo et particulièrement à Kinshasa. L’intrigue va pivoter autour du vendeur d’un « Ligablo » pour tracer les différentes préoccupations d’un kinois. Concrètement, Hubert Mahela va écrire ce qu’il a envie de dire. Quant à moi, je ramène mon regard d’Européenne. Et, ensemble, nous allons travailler sur la finalité de nos idées.
Quelle est la finalité de ces recherches ?
En réalité, mon désir personnel, c’est de pouvoir rapporter la vitalité des africains en Occident. Je trouve qu’on a tellement des choses à se partager ensemble. J’ai envie de parler aux enfants occidentaux de la culture kinoise et de montrer à travers les personnages kinois un exemple de vie à mener !
C’est un travail qui pourrait vous prendre combien de temps ?
Présentement, j’ai démissionné du Théâtre Jeune Public de Strasbourg où je travaille dans un centre dramaturgique national pour venir m’imprégner de la culture africaine, en général et Kinoise en particulier. J’en avais pour trois semaines. Mais, je vais pouvoir évoluer selon les étapes de travail affranchies.
Y a-t-il quelque chose de neuf ou intéressant découvert durant votre séjour ?
Je n’ai pas eu de nouveautés. Parce que c’est la troisième fois que je reviens à Kinshasa. Disons plutôt, que j’ai approfondi les choses. La première fois j’ai pris une baffe en pleine figure ! La seconde fois, j’ai eu l’impression de partager un peu quelque chose. Puis, cette fois ci, j’ai l’impression d’être moins protégée et ça permet de rencontrer un peu plus de monde et de partager un petit peu plus la vie quotidienne. J’ai vécu dans transports abracadabrants ! En outre, c’est la 1ère fois que j’arrive en pleine saison de pluie. Ca participe de ma compréhension de la vie ici. Je suis tout autant contente de venir à Matadi. Car, je n’avais que la vision de Kinshasa. Une vision toute particulière. J’avoue que je suis ravie de découvrir une autre ville, une autre manière de faire et quelque chose de plus paisible. Il faut souligner que Kinshasa, c’est une ville trépidante qui donne l’impression que les gens sont toujours en survie ! Alors qu’à Matadi, les gens sont dans la vie. Pas tout à fait la même chose.
Pouvons nous avoir vos impressions sur Matadi et sur ce festival ?
Pour moi, c’était complètement inattendu. Je suis venu ici sans savoir que ce festival existait. Je trouve fantastique qu’une manifestation de ce genre existe. Chez nous, les choses sont difficiles, mais pas ce point là. Matadi est une ville des pierres. Et là, l’impression est qu’il faut vraiment déplacer la montagne pour arriver à faire quelque chose. Il me semble que les gens, comme Jean José Lwemba (Directeur du festival Jourcas), sont capables de faire le miracle. Pratiquement, à partir d’un rien, il arrive à organiser quelque chose qui tienne avec des difficultés énormes. Sans de moyens colossaux mais muni d’une énergie, il arrive à faire déplacer les artistes d’autres pays d’Afrique. C’est énorme cette vitalité qui est mise en route pour faciliter les échanges culturels.
Et, votre appréciation sur les spectacles proposés ?
J’avoue que ce que j’ai beaucoup aimé, c’est le travail de l’Ecurie Maloba. Je suis très intéressée par l’Acteur. L’Acteur, c’est quelque chose que je mets au centre de mon travail…
Le Phare
Last edited: 13/11/2006 17:42:13