En dehors des marchés dûment établis par l’autorité publique, plusieurs petits marchés ont vu le jour à travers les grandes artères de la capitale de la Rdc. Toute la ville devient ainsi, un immense marché
Quand l’on débarque pour la première fois à Kinshasa, l’on a tout de suite l’impression d’être dans un grand bazar où l’on peut tout trouver. Et pour cause, les petits marchés pirates ! En dehors des marchés dûment établis par l’autorité publique, plusieurs petits marchés ont vu le jour à travers les grandes artères de la capitale de la République Démocratique du Congo. Toute la ville devient ainsi, un immense marché.
Comme la faim chasse le loup du bois, la crise socioéconomique qui frappe de plein fouet la RD.Congo. depuis plus d’une décennie, a finalement chassé les ménagères de leurs cuisines, tout le monde s’improvise commerçant en quête de quoi mettre sous la dent. Dans ces petits marchés parallèles l’on trouve vendeurs et vendeuses des pains, farine de manioc, biscuits, savons, braises et tant. d’autres s’entremêlent et s’entrechoquent en longueur des journées, chacun dans son positionnement résistant aux rayons solaires, parfois se camouflant sous le para soleil, hélant des potentiels clients. Ces marchés mettent cote à cote les vendeurs, les escrocs et les diseurs de bonnes aventures.
L’habitude devenant nature, s’ennuierait un quidam censé, de s’écrouer à la maison attendant le salaire d’un père ou d’un mari fonctionnaire, salaire de galère payé irrégulièrement, bref, le spectre vital congolais est sombre et funeste. Plusieurs entrepreneurs basés au centre ville se faufilent aussi dans l’informel et vendent jusqu’aux moindres détails. Ainsi, le mot “ marché “ a presque perdu son sens. Le marché d’ici n’a rien à voir avec le marché d’ailleurs. A Kinshasa, ce mot cède sa place au mot ”cop” pour dire coopération, signifiant tout simplement que “tout le monde se retrouve d’une façon ou d’une autre.
Apparemment ces petits marchés pirates qui surplombent les avenues de Kinshasa passent pour des marchés qui échappent au contrôle de l’autorité publique, de surcroît, inconnus de cette dernière. Curieusement, les agents administratifs (collecteurs des taxes) sont présents et passent au quotidien percevoir les taxes et autres y afférents. Cet état des choses atteste combien l’autorité publique est bel et bien au courant de l’existence de ces marchés et les entretient en coulisse parce qu’ils rapportent des sous à l’autorité administrative à l’instar des marchés reconnus. La réhabilitation du social s’avère en premier lieu, un remède efficace à ce phénomène et la responsabilité de l’autorité publique en second lieu.
Freddy Kilubi/Le Phare
Last edited: 08/11/2006 15:50:22