Le panier de la ménagère s’est sensiblement réduit notamment à Kinshasa. Les Congolais continuent de dépenser plus pour acquérir des biens de consommation sur le marché national. Boissons sucrées et al­coolisées, riz, farine de froment, de manioc ou de maïs... les prix grimpent alors que le franc congolais, la monnaie nationale, en dépit d’une très légère ap­préciation en début de la semaine, s’échange à 540 pour un dollar américain.

La flambée des prix des biens de consommation perdure sur le marché national depuis quelques mois. Et la tendance haussière pourra perdurer tant que le franc congolais va continuer à se dé­précier face aux principales de­vises étrangères notamment le dollar américain et l’euro. Ainsi, les produits de grande consom­mation (riz, maïs, farine, su­cre,. ..) ont pris de l’ascenseur en dépit de la très légère apprécia­tion du franc congolais observée ces derniers jours.

Certains commerçants, pour éviter d’augmenter le prix de leurs articles, optent plutôt à diminuer leur mesurette ou leur grammage. Tout récemment, ce sont les sociétés brassicoles et de limonaderie qui ont augmenté aussi les prix de leurs produits. Sur le marché des chan­ges, hier mercredi, un dollar amé­ricain s’échangeait à 540 Fc alors que la monnaie nationale, il y a une semaine, a atteint un pie de 550 Fc pour 1 dollar Usd. Expli­quant les causes de la déprécia­tion monétaire le 20 octobre 2006, au cours d’une conférence de presse, le ministre des Finances, Marco Banguli, a soutenu que cette situation, contrairement à ce que d’aucuns ont prétendu, n’était pas due à un laisser-aller mais à certains effets circonstan­ciels.

En effet, selon le ministre des Finances, le gouvernement de transition est parti dans l’exercice 2006 avec un budget équilibré (en recettes et en dépenses) de mille milliards de francs congolais (Fc). A mi-parcours, soit en juillet 2006, ce budget a été progressi­vement revu à la baisse en ter­mes de dépenses, passant de mille milliards quatre-vingts mil­lions à mille milliards quarante millions, puis à mille milliards trente millions pour se situer aujourd’hui à mille milliards dix-­neuf millions de Fc.

Aussi, le gouvernement doit combler les 180 millions Usd, gelés par les bailleurs de fonds, dont il devait bénéficier au titre d’appui budgétaire extérieur pour les six derniers mois de 2006. C’est en raison de la non con­clusion de la sixième et dernière revue du Programme économi­que du gouvernement (PEG) que les bailleurs de fonds ont du ge­ler leur appui au budget 2006, obligeant ainsi l’exécutif national à réduire ses dépenses.

Pourtant, 2006 étant es­sentiellement une année électo­rale, une poussée des dépenses exceptionnelles a été inévitable, selon le ministre Banguli. C’est en cela que se justi­fie notamment le recours au fi­nancement monétaire de 20 mil­liards de Fc par la planche à billets dont 12 milliards de Fc au niveau du Fonds d’exploitation de Banque centrale. Ce qui, selon le ministre des Finances a eu pour conséquence le mauvais comportement de la monnaie.

Cependant, il y a lieu de craindre que les prix de carbu­rant emboîtent le pas de la hausse. Ce qui logiquement va davantage flamber les prix des produits sur le marché et réduire le panier de la ménagère, surtout que l’augmentation de salaires, et c’est généralement le cas en RDC, ne suit pas en cas de dé­préciation de la monnaie.

AMEDEE M.K/Le Potentiel