Comédien talentueux doublé d’un sens d’initiatives aigu, l’homme était parmi les rares pratiquants du théâtre congolais qui ont su comprendre à temps le rôle combien important que leur art pouvait jouer dans le pays
Il aimait le théâtre, il croyait au théâtre, il y a consacré toute sa vie d’adulte. Il était parmi les rares personnes à prendre le théâtre au sérieux, à y prêter foi comme instrument efficace d’éducation et de la culture. Il y a six ans disparaissait, le comédien sylvain Katanga Mupey. Disparu le 5 novembre 2001, il avait pourtant tout pour devenir un pontife des planches congolaises: Il en est resté le serviteur convivial jusqu’au bout.
Katanga, le plus populaire des artistes fondateurs de la Compagnie théâtre des « Intrigants » est mort dans la nuit du 4 au 5 novembre 2001, quelques jours seulement après la sortie en première de la pièce « La couronne de ferbianc » dans laquelle il était distribué dans le rôle de Pépé.
Tel un soldat au front, il est tombé l’arme à la main au moment où le public l’attendait sur scène dans le cadre du festival Michel de Ghelderode organisé par les hommes de théâtre congolais avec le soutien du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa.
Comédien talentueux, doublé d’un sens d’initiative aigu, l’homme était parmi les rares pratiquants du théâtre congolais qui ont su comprendre à temps le rôle combien important que leur art pouvait jouer dans un pays en perpétuelle crise comme le nôtre, où l’être humain, chosifié, a plus que jamais besoin d’une nourriture spirituelle.
Les témoignages sur Katanga sont très poignants. Pour le directeur général du théâtre national, Frédéric Ngandu, Mupey est de ceux qui parfois au péril de leurs propres vies n’ont pas hésité de se servir du théâtre pour dénoncer et combattre les anti-valeurs sur lesquelles reposent à ce jour notre société. Il est mort certes, mais son oeuvre restera encore longtemps gravée dans nos mémoires. L’artiste a su contribuer à la promotion d’un art théâtral digne d’une nation au cour de l’Afrique.
COMEDIEN ET METTEUR EN SCENE
Cet homme aux dons extraordinaires n’était pas un simple administrateur. C’était aussi, un comédien talentueux qui, par un revers de la main, retournait la situation dramatique la plus tragique en une terrible hilarité. Katanga adorait la comédie des moeurs. Il faut le voir chercher son épouse dans la jalousie du Barbouillé (Molière) ou encore l’entendre pousser le cri de dérision dans « Misère » de Thierry N’Landu quand il accuse la société.
DIEUMERCI MONDUKA/Le Potentiel
Last edited: 02/11/2006 17:25:53