Native de Kisangani, dans l’Est de la République Démocratique du Congo (à l’époque Zaïre), Abeti dont l’enfance a été bercée par une variété de rythmes et de thèmes populaires africains, avait scellé très jeune sa destinée avec la musique. Grâce à son talent et à son tempérament fougueux, elle avait mis en valeur sa voix exceptionnelle, en chantant des chansons dans lesquelles elle mettait le meilleur de ce qu’elle aimait et ressentait.

Tout en conservant cette authenticité, elle avait sillonné le monde entier, défilant sur les planches de grandes salles avec un répertoire alléchant, constitué dune centaine d’aubades merveilleusement fignolées, négociées à travers une musique originale, issue de sa force de créativité.

De sa vie, elle avait, à l’instar de Myriam Makeba et tant d’autres, lutté pour les droits de la femme africaine. Elle a rendu l’âme le 28 septembre 1994 dans un hôpital en France. Bien que partie dans l’au-delà, la « Tigresse » occupe une grande place dans les mémoires de sa famille, ses proches, les mélomanes et, aussi, de ses compères artistes lesquelles ne manquent pas de lui rendre  hommage chaque année. Abeti Masikini demeure inoubliable à jamais à travers ses oeuvres qui exercent encore un attrait sur le public.

Elles ont témoigné :

Mme    Bernadette Mpundu. « Tantine » Abeti  était et demeure une diva dont les phrases marquent les esprits jusqu’à nos jours. Elle a été l’une des glorieuses femmes militantes qui avaient lutté pour la valorisation de la femme congolaise (Zaïroise à l’époque), en général, et chanteuse, en particulier.

Mme Yolande Masikini (fille aînée d’Abeti Masikini). Maman, ma génitrice, était une mère au grand coeur. En dépit de ses nombreuses occupations, elle prenait soin de nous (ses enfants), la flamme de son amour maternelle brillera toujours en nous.

M. Lambio Lambio (chorégraphe) : « Tantine » Abeti a été, pour moi, une encadreuse. Elle savait repartir les tâches, tout en présentant les articulations en prévision d’une belle présentation des chorégraphies. De tels propos justifient la suffisance que Abeti Masikini est, à la fois, une mère, et une encadreuse au grand et bon coeur.

Bob Ambongo/Uhuru